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FOOT - ILS VOULAIENT DEVENIR PROFESSIONNELS MAIS SE SONT TRANSFORMÉS EN MARCHANDS, GUIDES, CHAUFFEURS… : Le calvaire des footballeurs sénégalais sans club au Maroc

Auteur: Amédine SY ( Envoyé spécial )

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Ils sont nombreux, les jeunes Sénégalais à souffrir sur le sol du royaume chérifien. En effet, une centaine de jeunes footballeurs sénégalais sans club et a qui des agents véreux avaient promis un avenir doré au Maroc sont livrés a eux-mêmes aujourd’hui. Certains parmi eux vivent un véritable calvaire au pays des «Lions de l’Atlas» depuis des années. Certains se sont reconvertis en rabatteurs, en marchands ambulants, guides ou simplement chauffeurs de taxi clando dans la capitale économique marocaine, Casablanca.
CASABLANCA - Venus tenter leur chance au Maroc par l’intermédiaire d’agents de joueurs, des jeunes Sénégalais souffrent le martyre au Maroc. Ils sont aujourd’hui une centaine de jeunes footballeurs qui espéraient devenir de grands joueurs, riches et célèbres qui ont vu leur rêve brisé sur le sol du royaume chérifien. Le chemin qui devait les mener vers la gloire s’est transformé pour ses jeunes en cauchemar. N’ayant pas réussi à avoir un club, comme cela leur avait été promis par les agents de joueurs qui les ont convoyés jusqu’au Maroc, ces jeunes Sénégalais sont aujourd’hui dans la galère. C’est le cas de ce footballeur qui a quitté son Guédiawaye natal, il y a quatre ans, pour se retrouver dans la galère de la capitale économique du Maroc. 
«J’ai fait mes armes au Guédiawaye Football Club. C’est là-bas qu’un agent basé entre le Maroc et les pays du Golfe m’a repéré. Il m’a proposé de venir à Casablanca pour y jouer dans un club. J’ai pu ainsi rallier le Maroc par mes propres moyens. C’était en 2008, car il m’avait promis que, arrivé ici, il me trouverait un club de première division. Mais depuis lors, il n’a rien trouvé pour moi et il a même disparu dans la nature. Je ne l’ai plus revu», confie le jeune banlieusard qui ne pourra pas assouvir son rêve de devenir footballeur professionnel au Maroc. Il va plutôt découvrir les dures réalités de la vie à l’étranger, sans argent, ni moyens de subsistance. Car il essaie depuis des années de survivre dans cette galère casablancaise sans fin. 
Moussa Ba a connu les mêmes déconvenues que son compatriote de Guédiawaye. Car lui aussi a eu la malchance de tomber sur un agent véreux qui l’a fait voyager sur le Maroc. Depuis son arrivée à Casa, il n’a pas vu son rêve de devenir joueur professionnel se réaliser et a été contraint de se recycler et de s’adonner à des petits boulots pour survivre. Une vie de galère qui lui fait regretter, dit-il, de s’être engagé sur ce chemin. 
Ce fléau des footballeurs abandonnés par les agents véreux qui les convoient sur le Maroc en leur promettant le paradis, alors qu’au bout du compte, il se retrouve en enfer, est dénoncé par l’ancien joueur de la Linguère de Saint-Louis et de la Jeanne d’Arc de Dakar, Makhète Ndiaye, qui s’est établi à Casablanca depuis 2004. «Cela fait presque sept ans que je suis au Maroc et je vous assure qu’il se passe des choses très graves ici, avec les jeunes footballeurs sénégalais qui sont emmenés par de faux managers. Ces jeunes inexpérimentés sont non seulement bloqués au Maroc, mais ils sont en train de souffrir car ils n’ont pas de clubs. Les agents leur ont fait croire qu’ils vont leur trouver des clubs au Maroc ou dans les pays du Golfe, maintenant c’est la galère. Car ses agents ne font qu’arnaquer les gosses. Lorsque j’ai constaté ça, cela m’a fait mal en tant que footballeur. Et je ne peux pas croiser les bras devant un tel fléau. Je souffre en voyant ces jeunes footballeurs sénégalais galérer de la sorte. Et Dieu sait qu’ils souffrent, car ils ont des problèmes de logement et de nourriture», explique l’ancien attaquant du Widad de Casablanca. 
Makhète Ndiaye de lancer un message à l’endroit des parents des jeunes footballeurs sénégalais, en leur demandant de retenir leurs fils et de «ne pas les laisser s’engager dans ce genre d’aventure. Car ils perdent beaucoup d’argent et vivent dans la souffrance une fois au Maroc. C’est vraiment déplorable car les jeunes ne disent pas ce qu’ils vivent ici. Pourtant, ils vivent dans des situations difficiles. Seulement, ils ne peuvent pas rentrer au pays car pour eux, c’est une sorte d’humiliation». 
«Pourtant, ajoute Makhète Ndiaye, beaucoup de footballeurs qui rêvaient de devenir professionnels au Maroc se sont transformés en rabatteurs, marchands ambulants, guides ou chauffeurs de taxi clando». «Beaucoup parmi ces jeunes rabatteurs africains que vous voyez au marché de Médine, à Casa, sont des Sénégalais qui étaient venus au Maroc pour devenir footballeurs professionnels. Mais avec les difficultés qu’ils rencontrent ici, ils se sont reconvertis dans le commerce et sont obligés de se transformer en marchands ambulants. À défaut, ils font les guides ou conduisent des taxis clandos. J’ai même vu d’anciens joueurs du championnat du Sénégal qui exercent ces genres de métiers, ici, à Casa», révélé l’ancien joueur du Wac, de Mohamedia et de l’Olympique club de Safi. 

FC MAKHÈTE : Une équipe de jeunes Sénégalais au Maroc



CASABLANCA – Fc Makhète, un nom qui surprend, surtout pour un club basé au Maroc. Mais pas tant que cela. Car le Fc Makhète est un club bien sénégalais du Maroc. S’il s’appelle ainsi, c’est à cause de l’ancien joueur de la Linguère et de la Jeanne d’Arc de Dakar et aussi du Wac de Casablanca, Makhète Ndiaye. 
En effet, touché par la situation des jeunes footballeurs sénégalais sans club au Maroc, l’ancien attaquant du Wac a monté cette formation pour non seulement venir en aide à ses jeunes compatriotes, mais aussi pour leur permettre de garder leur forme. Cette équipe qui est basée dans le quartier populaire de Bourgogne, à Casablanca, où la majeure partie des jeunes est logée, s’entraîne sur le terrain de Chérifa. 
«J’ai un groupe d’une vingtaine de joueurs depuis deux ans et demi. C’est tous des jeunes qui étaient perdus. C’est pourquoi j’ai décidé de les aider en les regroupant dans une équipe que j’entraîne moi-même, pour leur permettre non seulement de garder leur forme, mais aussi d’avoir la possibilité d’être repérés lors des tournois. Il y en a qui ont réussi à avoir des clubs en Pologne, en Espagne, en Italie etc. Je fais ce que je peux pour les aider», renseigne Makhète Ndiaye qui ajoute que le club a déjà gagné beaucoup de tournois. 
Makhète Ndiaye explique que «les joueurs sont logés dans le quartier populaire de Bourgogne, dans trois appartements. Ils s’entraînent sur le terrain de Chérifa qui n’est pas loin du lieu de résidence». «Leurs parents leur envoient de l’argent et ils se cotisent pour payer l’appartement et la nourriture», poursuit le promoteur de cette équipe d’un genre bien particulier. 
 
Auteur: Amédine SY ( Envoyé spécial )
Publié le: Jeudi 07 Juillet 2011

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