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Situation politique nationale : Talla Sylla dresse l’Onu contre le pouvoir libéral

Auteur: El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)

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Présent à Genève, le 23 juillet, à la manifestation de protestation contre la candidature en 2012 du Président Wade, Talla Sylla qui est considéré comme un des martyrs de l’alternance au Sénégal demande au peuple sénégalais de s’inscrire sur les listes électorales et d’éviter ‘le piège du chaos’ dans lequel Abdoulaye Wade qui est ‘déjà fini’ veut installer le pays pour s’en sortir. Il prend ainsi à témoin les Nations unies.

Wal Fadjri : Vous venez de déposer une pétition contre la candidature de Wade adressée à Ban Kim Moon, Secrétaire général des Nations unies. Qu’attendez-vous de la Communauté internationale ?

Talla Sylla : Je suis ici devant le Palais des Nations unies avec les Sénégalais pour répondre à la manifestation organisée par le mouvement ‘Notre Sénégal’, le Collectif ‘Galgui’. Il y a également le M23 et d’autres mouvements qui ont lancé le même appel. Nous avons eu à déposer une pétition qui a été signée par 10 000 Sénégalais. Il était important de dire au Secrétaire général des Nations unies à qui nous avons remis la lettre, que si le silence de celui qui doit dénoncer est sinon complice du moins responsable des agissements criminels, l’inertie de celui qui doit sanctionner est au minimum un encouragement.

Que voulez-vous dire plus concrètement ?

Les Nations unies qui sont outillées pour savoir ce qui s’est réellement passé dans notre pays doivent anticiper et ne doivent pas attendre que le sang coule. Les Nations unies ne doivent pas attendre qu’il y ait le chaos. Il faudrait, en amont, que l’Onu prenne des dispositions, qu’elle soit pro active pour aider le peuple sénégalais dans cette quête. Parce ce peuple est en train de poser les actes qu’il faut pour reprendre sa souveraineté.

Depuis un certain nombre d’années, nous assistons à une perte de cette souveraineté. La Constitution de notre pays dit, en son article 3, que la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par l’intermédiaire de ses représentants mais aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’attribuer l’exercice de cette souveraineté. En vérité, depuis plus de dix ans, les élections sont reportées au Sénégal. Toutes les élections au Sénégal hormis la présidentielle de 2007 ont été reportées. Il y a eu également par deux fois la prorogation du mandat des députés. Un président de l’Assemblée nationale qui avait un mandat a été balayé par le président de la République. Le président de la Commission nationale autonome a été poussé à la démission. Ce sont là autant d’actes qui ne sont pas exhaustifs et qui démontrent que ceux qui sont au pouvoir ont confisqué la souveraineté du peuple sénégalais.Alors, tout ce qui se passe depuis cette date historique du 23 juin 2011 prouve que le peuple sénégalais a décidé de reprendre la main et de reprendre sa souveraineté.

Vous demandez l’implication de l’Onu. Mais, comment allez-vous faire concrètement au sein de l’opposition pour répondre aux Sénégalais qui disent que vous devez vous unir pour faire partir Me Wade ?

Vous savez, l’unité de l’opposition n’est qu’une modalité pour unir le peuple. Si les organisations d’opposition refusent de s’unir, c’est au peuple, qui a le plus intérêt à cette unité, de rester uni pour que le Sénégal soit sur les rails. Nous avons pour notre part toujours interpellé ce peuple et nous continuons à l’interpeller. Aujourd’hui, il réagit et nous sommes en train d’assister à une révolution. Au fond, la révolution c’est un mouvement qui met en branle d’énormes masses humaines qui prennent en charge leur propre destin. Le Sénégal est en révolution. Quand, au mois de mars dernier, ceux qui sont au pouvoir avaient parlé de coup d’Etat, nous leur avions dit que nous allions leur offrir une révolution et que ce serait leur pire cauchemar. Ils sont en train de vivre une révolution démocratique et c’est à nous, hommes politiques, d’être modestes et à l’écoute du peuple. Il ne faudrait pas être tenté de récupérer un tel mouvement et de ne rien faire qui tente de créer la zizanie dans le pays, de ne rien faire qui puisse installer le chaos dans le pays. Wade est fini et, puisqu’il est fini, c’est lui qui a intérêt à installer le chaos pour s’en sortir. Nous devons être vigilants et très organisés pour encadrer le processus de son départ. C’est ce qui est en train de se passer. J’espère que nous trouverons les passerelles nécessaires au niveau de la classe politique et citoyenne.

Wade propose une présidentielle anticipée. Qu’en dites-vous ?

La Constitution permet au président de la République de démissionner. Il n’a donc pas besoin de notre avis pour démissionner. Je veux dire que si Abdoulaye Wade démissionne aujourd’hui ou demain, on aura une élection présidentielle anticipée quel que soit le contexte. Pour le reste, nous ne pouvons que demander à nos concitoyens d’aller s’inscrire sur les listes électorales. Il faut organiser des journées de mobilisation pour que les gens aillent s’inscrire et retirer les cartes d’identité et d’électeurs et se tenir prêts pour ne pas être surpris. C’est cela notre message.

Cela fait longtemps que vous n’êtes pas au Sénégal, quel message de solidarité envoyez-vous à vos collègues de la politique et au peuple ?

Cela fait quelques années que j’ai acquis la conviction que la diaspora sénégalaise a un grand rôle à jouer dans les changements à venir.Je suis donc dans une tournée des pays où des Sénégalais sont installés, que ce soit en Afrique ou en Europe comme en Amérique ou ailleurs.Je rencontre nos compatriotes avec qui je mène des échanges pour voir comment organiser leur implication dans ce processus que nous avons tous en partage et qui va nécessairement conduire au renouveau du Sénégal.

Auteur: El Hadji Gorgui Wade NDOYE (ContinentPremier.Com)
Publié le: Mercredi 27 Juillet 2011

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