Les accidents causés par le mercure, un produit chimique employé par les orpailleurs traditionnels dans la communauté rurale de Tomboronkoto plongent les populations dans le désarroi. Elles ont exprimé leur ras-le-bol devant le chef de service régional des mines en tournée dans la zone.
Le mercure, un produit chimique est fréquemment utilisé et de manière anarchique par des milliers d'orpailleurs à la recherche de l’or. Dans la région de Kédougou surtout dans la communauté rurale de Tomboronkoto qui polarise plus d'une vingtaine de sites d'exploitation minière les populations sont plus qu'inquiètes. En effet, dans cette communauté rurale, l'utilisation désordonnée du mercure par brûlage généralement fait dans les cases après concassage des minerais est en train de faire des ravages. Il tue et détruit des familles par des maladies inexplicables se manifestant par des morts subites, des malformations de nouveau-nés, des avortements fréquents entre autres, L'usage pourtant dangereux est fait discrètement, loin des yeux des agents de services compétents.
Fally Keïta, secrétaire général du Projet appui au secteur minier (Pasmi) basé à Kédougou dénonce cet état de fait. Sa structure s'active pour amener les orpailleurs traditionnels qui travaillent dans l'informel à tourner le dos à ce produit nocif. « Nous avions enregistré des décès liés à des crises cardiaques, aux maux de ventre de courte durée, des fuites de mémoire, des enfants nés malformés.» Des cas qui inquiètent le Pasmi surtout que chaque jour «ce sont des quantités de mercure, en provenance de la Guinée et du Mali qui sont brûlés à quelques encablures des villages par des gens mus par leurs intérêts égoïstes. C'est quand on a obtenu des broyeurs et des cornues individuelles nous permettant de faire des brûlures pour séparer l'or des débris sans danger que nous nous sommes rendus compte que ce produit fait des ravages dans la zone» révèle Fally Keita.
Dans la même lancée, Bambo Kéita, le chef du village de Tomboronkoto, fustige le comportement de certains orpailleurs qui ne se soucient même pas de la pollution et de la dégradation de l'environnement à cause des techniques traditionnelles d'exploitation de l'or. «Au regard du nombre pléthorique de personnes s'adonnant à cette activité séculaire, notre localité est à chaque instant envahie par la fumée produite par des orpailleteurs basés à Ngary, Tenkoto peul et Tomboronkoto», dénonce le chef du village dans tous ses états. D'après ce dernier, l'utilisation de la cornue, seul moyen d'atténuer la nocivité du mercure, doit être imposée aux chercheurs d'or si réellement les autorités veulent protéger les populations contre les effets dévastateurs de ce produit.
Plusieurs dizaines de groupements d'intérêt économique (Gie) ont été formés. Et dans un avenir proche ces Gie vont bénéficier des permis d'exploitation du mercure attribués par la direction des mines et de la géologie (la Dgm).
Ces matériels mis à la disposition des orpailleurs en phase test à Tomboronkoto seront vendus à des prix communautaires pour faciliter l'accès à tous, indique Ibrahima Guèye, responsable de l'Unité d'apprentissage et de production (Uap) au lycée technique industriel et minier Mamba Guirassy.
Soly Bourama DABO Source Walf Grand Place
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