La hausse du prix du blé qui avait provoqué la revue du prix de la farine ayant connu la tendance inverse, le patron des boulangers du Sénégal, Amadou Gaye, demande à l’Etat de revoir à la baisse le prix du blé et par ricochet celui de la baguette de pain.
Le cours du blé sur le marché mondial ayant fléchi depuis quelque temps, les boulangers du Sénégal réclament de l’Etat la révision du prix du sac de farine et par conséquent la baisse du prix du pain. L’exigence est de Amadou Gaye, président de la Fédération nationale des boulangers du Sénégal (Fnbs), qui participait hier aux 4e assises du Comité régional de pilotage du Programme de productivité agricole en Afrique de l’ouest. Selon lui, si en septembre 2010, le prix du blé avait fortement augmenté sur le marché international et que, naturellement, les meuniers avaient demandé et obtenu que le sac de farine passe de 14 600 francs Cfa à 20 600 francs, la situation inverse doit s’opérer lorsque les facteurs changent. ‘On constate aujourd’hui que le prix du blé a fortement baissé sur le marché mondial mais que le prix de la farine est resté intact. Les boulangers ne peuvent rien faire à eux seuls parce qu’ils sont dans un régime d’homologation. C’est à l’Etat et aux meuniers de baisser le prix de la farine. Nous avons pris le soin de demander à ces responsables d’ajuster le prix de la farine’, indique Amadou Gaye.
Qui soutient que les conditions sont totalement réunies aujourd’hui pour que les boulangers exigent la baisse du prix de la farine et, par ricochets, du pain. ‘Si la situation continue, nous serons dans l’obligation de crier haut et fort qu’on la baisse pour que le consommateur puisse en bénéficier. Si la farine baisse de 6 mille, on baisse automatiquement le prix du pain’, confie-t-il. Non sans dénoncer la hausse du prix du carburant dans leur secteur dû, entre autres, à la crise énergétique qui secoue le pays. ‘En 2010, au moment où l’on fixait le prix du pain, on achetait notre gasoil à 400 francs Cfa hors taxes, mais aujourd’hui on en est à 600 francs pour ceux qui ont une exonération et à plus de 700 francs à la pompe pour les autres. Tous les ingrédients sont réunis pour que cela explose’, poursuit le président de la Fnbs.
Regrettant la dépendance du Sénégal en blé pour produire de la farine, Amadou Gaye invite l’Etat, les producteurs et les populations à faire la promotion des céréales locales. Car, pour lui, il est dangereux de laisser prospérer l’importation en grande quantité de blé. ‘On est passé de 257 mille tonnes de blé importé en 2000 à 457 mille tonnes en 2010. Et si on fait des projections jusqu’en 2020, on en sera à plus d’un million de tonnes de blé’, note Gaye qui demande à l’Etat de réguler sans pour autant empêcher aux meuniers de faire leur business. Ce qui, à son avis, peut passer par l’introduction des céréales locales dans la fabrication du pain. Une incorporation qui serait très bénéfique pour le monde rural sénégalais. Parce que pouvant permettre aux producteurs de faire plus de mil, de maïs, niébé, qu’ils n’en produisaient jusqu’ici, et d’en tirer des revenus supplémentaires. Elle permettrait également de faire baisser fortement les importations de blé. Aussi, fait remarquer Amadou Gaye, cette politique d’incorporation, si elle atteignait 15 à 30 % de céréales locales, pourrait régler un problème nutritionnel. Cela, parce que ces farines sont très riches en protéines et on permis au Sénégal de gagner le championnat du monde de pain.
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