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Flambée des prix du pétrole : Ce sera le chaos si le baril atteint les 100 dollars

Auteur: Ndakhté M. GAYE

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L'hypothèse d'un retour à la case départ n'est pas à écarter si le prix du baril du pétrole continue de grimper. Et tout le monde y perd. La flambée des prix du pétrole constitue aujourd'hui une menace très sérieuse sur la croissance économique qui en souffrira terriblement. En effet, si le prix du baril de pétrole arrive à la barre des 100 dollars (c'est plus qu'une probabilité avec les hausses répétitives du baril), le taux de croissance sera à 2 %, contre 5 % actuellement. Quant au taux de croissance du secteur secondaire, il sera à moins de 5,8 % avec des pertes de recettes de 7 milliards 500 millions de francs Cfa.

Avec ces prévisions pessimistes faites par le ministre de l'Economie et des Finances, avant-hier, lors du débat parlementaire sur l'orientation budgétaire pour l'année 2007, il y a lieu de craindre une vie très chère, et donc une accentuation de la pauvreté. Car il y a de fortes chances que cette dégringolade de la croissance se répercute sur la vie des ménages qui en seront les victimes immédiates.

Les populations risquent, en effet, de payer encore plus cher le prix de l'électricité. Pour la simple raison que le gouvernement ne pourra plus continuer à bloquer le prix de l'électricité, en continuant à la soutenir à coups de dizaines de milliards de francs Cfa, qu'il a pu supporter pour éviter de durcir la vie des consommateurs. D'ailleurs, une hausse du prix de l'électricité est en vue parce que le gouvernement a atteint ses limites en matière de protection des consommateurs. Elle serait même imminente.

Et il n'y a pas que l'éventualité d'une hausse du prix de l'électricité qui risque de rendre encore dure la vie des populations sénégalaises. Ces dernières courent également le risque de payer cher le prix du gaz butane. Egalement subventionné jusqu'à présent par le gouvernement, ce produit très prisé des ménagères pourrait subir le même sort que l'électricité, c'est-à-dire qu'il risque de ne plus être subventionné par le gouvernement qui estime en faire beaucoup.

Le gouvernement pourrait aussi être amené à prendre des mesures d'urgence de sortie de crise. Lesquelles pourraient se traduire par la pression fiscale, les privatisations, entre autres mesures pouvant atténuer cette crise. On peut se rappeler du plan Sakho-Loum, des noms des ministres respectifs de l'Economie et des Finances et du Budget, qui avait été mis en place à l'époque, c'est-à-dire au temps du régime socialiste, pour venir à bout des conséquences négatives de la dévaluation du franc Cfa de 1994.

De même, il y a lieu de craindre des hausses tous azimuts des denrées de première nécessité par les opérateurs économiques. Ces derniers pourront toujours se réfugier derrière la hausse du prix du pétrole pour apporter une justification à leur décision. Le cas récent de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) est illustratif à cet égard.

On n'en pas encore là, certes. Mais la menace d'atteindre la barre des 100 dollars pour le baril du pétrole est réelle. Et le gouvernement qui en est d'ailleurs conscient, ne veut pas rester les bras croisés. ‘Notre économie est vulnérable. Nous sommes en train de la recentrer. L'énergie est un facteur important mais avec la flambée du prix du pétrole, le manque à gagner est important. Et si nous ne prenons pas des mesures correctives, notre croissance s'en ressentira. Notre pays a proposé de réunir une conférence des pays non producteurs de pétrole pour réfléchir sur des stratégies afin de ne pas perdre tous leurs points de croissance’, déclarait, avant-hier, le ministre de l'Économie et des finances, M. Abdoulaye Diop, lors du débat parlementaire sur l'orientation budgétaire pour l'année 2007.

Et pour une croissance soutenue et durable pouvant réduire la pauvreté d'ici au moins 2015, le gouvernement mise sur le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp) dont la Stratégie de croissance accélérée (Sca) en est une composante essentielle. Seulement, les deux grands pilliers sur lesquels repose l'approche retenue par la Sca que sont la mise en place et l'entretien d'un environnement des affaires de classe internationale, d'une part, et d'autre part le recours à l'approche des grappes de croissance, s'avèrent difficile à réaliser en raison de leur complexité.

Sur le premier point, rien que la lutte contre la corruption pour améliorer le climat des affaires, à la fois pour les investisseurs locaux et étrangers, demeure problématique. Les cas soulevés au niveau de la présidence de la République, du secteur de la justice, de celui de la santé pour n'en citer que ceux-là, suffisent à décourager les investisseurs. Ne parlons pas de la problématique du foncier, des goulots d'étranglement dus à des infrastructures déficientes dans la fourniture d'énergie comme l'électricité, les hydrocarbures.

S'agissant du deuxième point, l'optimisme n'est guère permis. Car les secteurs sur lesquels s'appuie la Sca pour créer la richesse sont pratiquement tous en difficultés, à l'exception cependant des nouvelles technologies de l'information et de la communication (Tic). Même s'ils sont considérés comme étant des grappes à forte marge de progression à long terme, à forte compétitivité internationale et à forte intensité de main-d'œuvre. Qu'il s'agisse en effet de l'agriculture, de la pêche, du textile et du tourisme, ils connaissent tous des difficultés de tout genre.

Ainsi, la réponse à la demande sociale ne sera pas aisée pour le gouvernement. Du moins à court terme, c'est-à-dire d'ici la campagne électorale de l'élection présidentielle de février 2007 où il sera beaucoup question de la demande sociale. Ce qu'on n'a pas pu faire en six ans, pourra-t-on le faire en si peu temps, c'est-à-dire en six mois ?

Auteur: Ndakhté M. GAYE
Publié le: Jeudi 03 Août 2006

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