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Sénégal - Candidature de Wade : L’âge du « vieux » rebute le plus

Auteur: afriscoop

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Abdoulaye Wade, le président sénégalais âgé, de 85 ans, a été investi le vendredi 23 décembre 2011 par le Parti démocratique sénégalais (PDS) candidat à la magistrature suprême. Tout naturellement, cette candidature de Gorgui à la présidentielle de 2012 a été fortement contestée par l’opposition à Dakar. Depuis des mois en effet, les adversaires politiques du chef de l’Etat sénégalais se montrent intraitables sur ses ambitions, arguant qu’un troisième bail de l’actuel locataire du palais de la république serait purement et simplement une violation de la Constitution. Seul contre tous, le célère chauve de Dakar ne l’entend pas de cette oreille. Il met tout en branle pour faire avaler la couleuvre à ses vis-à-vis.

La candidature de Wade à un nouveau mandat a reçu l’onction de constitutionnalistes étrangers lors d’un séminaire organisé dernièrement par le camp présidentiel dans la capitale sénégalaise ; des avocats et des universitaires, en somme de grands noms du droit constitutionnel et du droit public français : Dominique Chagnollaud, Didier Maus, Michel Guillenchmidt, entre autres… qui ont, à cette occasion, estimé que sa candidature était possible.

S’appuyant sur un argumentaire qu’il juge clé, ils soutiennent que le président ayant été élu en 2000, la nouvelle Constitution mise en place seulement un an plus tard et qui prévoit la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux n’aurait donc commencé à prendre effet qu’à partir de la réélection du père du Sopi en 2007.

En termes clairs, les spécialistes de la mécanique constitutionnelle ont tout simplement invoqué la non-rétroactivité de la loi ou le fait que la Constitution de 2001 marque un changement de régime. Ces techniciens du droit vont jusqu’à taxer de limitées et d’ambiguës les dispositions transitoires de l’article 104. Ils ajoutent que les déclarations de Wade en 2007 affirmant qu’il avait verrouillé la Constitution à deux mandats et qu’il ne pourrait pas se représenter en 2012 ne sauraient avoir une valeur juridique.

Comme on peut le constater, le natif de Kébémer a un soutien de taille qui le revigore. Qu’à cela ne tienne ! Ses challengers n’en démordent pas. Les manifestations du week-end de la Nativité en constituent une preuve. La température est montée d’un cran à Dakar. On déplore la mort du jeune Ndiaga Diop au cours de l’attaque qui aurait été perpétrée par des hommes de main du pouvoir contre la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur à l’issue d’une descente d’intimidation au domicile d’Abdoulaye Bathily, le directeur de campagne de Moustapha Niasse.

Abdoulaye Wade, candidat à sa propre succession, peut bien pourtant gagner les élections en 2012 au Sénégal. Son opposition le sait bien qui est montée au créneau pour dénoncer un éventuel « coup d’Etat constitutionnel ». Elle crie à qui veut l’entendre qu’il n’est pas question que le « vieux » se représente. Mais sera-t-elle jamais entendue ? Tout semble être en faveur du premier magistrat sénégalais, qui boît tranquillement du petit lait : le candidat de la discorde a les moyens de l’Etat avec lui, et sous sa coupe, il y a les chefs coutumiers.

Dans un passé récent en effet, le président de tous les Sénégalais avait réuni deux à trois mille chefs de village, auxquels il avait promis, entre autres, un statut, une indemnité financière de 50 à 70 000 francs CFA, une carte professionnelle et des décorations. Vu l’influence des dépositaires de la tradition auprès des populations sous nos tropiques, avouons que ce n’est pas rien dans la balance électorale. Au-delà de la légitimité ou pas de la candidature de Wade, c’estson âge qui inquiète.

Tout porte donc à croire que les remous politiques au Sénégal alimenteront encore les semaines qui nous séparent de l’échéance électorale. Il est à craindre l’escalade de la violence au « Pays de la Téranga ». La Communauté internationale a d’ores et déjà tiré la sonnette d’alarme ; pour nombre d’observateurs, la candidature de Wade est jugée « porteuse de risques pour le Sénégal et la démocratie en Afrique ». Prions donc pour que la raison l’emporte sur la passion.

D. Evariste Ouédraogo

Auteur: afriscoop
Publié le: Mardi 27 Décembre 2011

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