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L'espionnite saisit le Conseil européen du numérique

Auteur: Reuters

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Les accusations d'espionnage imputées aux services américains en Europe s'imposent jeudi à Bruxelles comme le sujet dominant d'un Conseil européen consacré officiellement à des problématiques économiques et sociales, autrement plus consensuelles.La mise sur écoute du portable d'Angela Merkel dénoncée par le gouvernement allemand a suscité des réactions indignées dans un pays encore marqué par les pratiques de la Stasi, l'ancien service secret est-allemand.

Le président de la Commission européenne a reconnu la sensibilité du sujet en Europe et particulièrement en Allemagne."Il y avait une partie de l'Allemagne où il y avait une police politique qui espionnait la vie des gens tous les jours, donc nous savons ce que signifie le totalitarisme", a dit lors d'une conférence de presse José Manuel Barroso."Nous savons parfaitement ce qui arrive quand un Etat utilise des pouvoirs intrusifs pour la vie privée", a ajouté l'ancien Premier ministre portugais."NSA, trop c'est trop, la confiance est ébranlée!

 USA doit apporter réponses précises", a réagi pour sa part sur Twitter le commissaire européen Michel Barnier.La chancelière allemande devait profiter d'un entretien avec François Hollande en marge du conseil pour évoquer les pratiques de la National Security Agency (NSA), suspectée en France d'avoir mis sur écoute des ambassades et réalisé des extractions massives de données aux dépens de simples citoyens.La France a convoqué lundi l'ambassadeur des Etats-Unis et François Hollande a réclamé lors d'un entretien téléphonique avec Barack Obama des explications sur les agissements de la NSA.

PROTECTION DES DONNÉES PERSONNELLES

Evoquant "la gravité" et le caractère "choquant" de l'espionnage attribué aux Etats-Unis, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé que François Hollande saisirait ses pairs de cette affaire lors du Conseil européen de Bruxelles.La diplomatie française a depuis baissé le ton, déclarant que la question des pratiques de la NSA ne serait peut-être pas officiellement évoquée durant le sommet."La NSA n'était pas du tout le sujet", indique-t-on à l'Elysée où l'on préfère se concentrer sur les enjeux de l'Union bancaire ou encore la création d'un marché européen unique du numérique.

On espère néanmoins côté français que les répercussions des révélations de l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden conforteront la France, qui réclame avec le Parlement européen une date limite pour trouver un accord sur la protection des données personnelles.Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a dit jeudi que les conclusions du sommet pourraient évoquer un engagement à parvenir à un accord en 2014.

Des associations de défense des intérêts des entreprises, comme Business Europe, s'opposent néanmoins toujours à une avancée trop rapide sur ce terrain jugé complexe et craignent l'effet négatif de normes trop contraignantes sur le développement du numérique.Cette position est partiellement partagée par des pays comme le Royaume-Uni, mais l'équilibre politique semble se déplacer vers les tenants d'une protection accrue des données personnelles des citoyens européens. Le Parlement européen a ainsi renforcé lundi le texte proposé par la Commission pour mieux protéger les données personnelles des Européens, avec de lourdes sanctions en cas de violation. 

Signe de la colère ambiante, le Parlement européen a aussi demandé mercredi la suspension de l'accord sur la transmission de données financières de l'Union européenne vers les Etats-Unis, dit accord Swift, en réaction au scandale d'espionnage.En Allemagne, Sigmar Gabriel, le chef de file des sociaux-démocrates, actuellement en négociation pour former une coalition avec les conservateurs, a déclaré qu'il lui serait difficile, si la mise sur écoute du portable d'Angela Merkel était avérée, d'accepter l'accord de libre-échange actuellement envisagé entre l'UE et les Etats-Unis.

Avec Andrea Rinke et Luke Baker
Auteur: Reuters
Publié le: Jeudi 24 Octobre 2013

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