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Libye: Pourquoi ça coince au sein de la coalition internationale?

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Libye: Pourquoi ça coince au sein de la coalition internationale?

CONFLIT - Prévu pour unifier les forces, le transfert du commandement des opérations militaires à l'Otan ne suscite plus que des divisions...

Dix jours après la prise de commandement des opérations militaires en Libye par l’Otan, les tensions ne sont pas retombées au sein de l’Alliance atlantique. Réunis ce jeudi à Berlin, ses membres cherchaient ainsi à serrer les rangs au lendemain d'une réunion mouvementée du «groupe de contact» à Doha (Qatar).

L’objectif de l’intervention obtient le consensus. Les alliés insistent en chœur sur la nécessité d'une solution politique au conflit ouvert il y a un mois. C’est sur le volet militaire que le bât blesse encore et toujours. «La divergence, elle porte sur les moyens d'atteindre cet objectif (le départ de Kadhafi)», a confirmé Alain Juppé ce jeudi. Or, les Occidentaux sont conscients qu’ils doivent éviter que Mouammar Kadhafi, dont ils réclament le départ, ne joue de leurs différences pour se maintenir au pouvoir.

«L’Otan sans les Etats-Unis, c’est une machine lourde»

Pour Philippe Moreau Defarges, chercheur à l'Ifri et co-directeur du Ramses, le retrait des Etats-Unis du commandement des opérations, le 31 mars dernier, a été fatal. «L’Otan sans les Etats-Unis, c’est une machine lourde, sans substance», qui, en outre, fonctionne par consensus, d’où les blocages, précise l’expert à 20Minutes.

Parmi les principaux points en suspens et facteurs de divisions figurent une révision à la hausse des capacités aériennes engagées sur le terrain, la participation de nouveaux pays aux bombardements et la question de l'armement des rebelles.

L’agacement de la France et de la Grande-Bretagne

La France et la Grande-Bretagne, qui assurent à elles seules 50% des frappes au sol, s'agacent surtout depuis plusieurs jours de la position de plusieurs membres de l'Alliance, peu enclins à augmenter leur contribution sur le terrain. Les deux principaux acteurs de l’intervention «ne peuvent pas faire autrement que de pester, ils sont pressés d’en finir», considère Philippe Moreau Defarges.

Sont notamment pointés du doigt l'Espagne et l'Italie qui n’ont toujours pas accédé aux demandes de Paris et Londres. La ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez, a répliqué que Madrid maintiendrait intacte sa contribution militaire, tout en remettant en question l'opinion franco-britannique d'un manque de progrès sur le terrain. De son côté, l'Italie n'a pas totalement fermé la porte mais Franco Frattini, le chef de sa diplomatie, a dit qu'il faudrait lui fournir des arguments convaincants.

Quelques avions supplémentaires sont nécessaires

Alors, après l’enlisement actuel, va-t-on vers un échec programmé? «On peut tout craindre», reconnaît Philippe Moreau Defarges, mais «il faut espérer». Le chercheur estime que «Mouammar Kadhafi est au bout du rouleau» et que «les mesures d’isolement vont finir par être efficaces». La solution? «Il faut être patient, un combat contre Kadhafi, c’est long, ça ne se fait pas en une journée, les Occidentaux ont encore un peu de temps devant eux», assure Philippe Moreau Defarges.

Un sentiment semble-t-il partagé par Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan, pour qui l'Alliance Atlantique dispose globalement de moyens suffisants pour mener l'opération militaire en Libye, même si quelques avions supplémentaires permettant de réaliser des attaques au sol sont nécessaires. Mais qui sera prêt à les faire voler?



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