Après plus de vingt ans de procédures judiciaires, l’affaire du « détournement de fonds des compressés » de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) a connu son dénouement ce lundi à la Cour Suprême du Mali. Les cinq anciens Présidents Directeurs Généraux de la société, Dr Nango Demblé, Tiéna Coulibaly, Ousmane Amion Guindo, Kalifa Sanogo et Baba Berthé, ont été blanchis par la plus haute juridiction du pays, qui a déclaré le dossier « mal fondé ».
Les cinq ex-dirigeants étaient accusés de détournement de fonds et de non-respect des échéances de remboursement d’un prêt de plus de 6,2 milliards de FCFA, accordé à un collectif d’environ 592 agents licenciés lors d’un plan social mis en œuvre en 2003. À l’origine de ce plan ; les réformes structurelles imposées par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, dans un contexte de crise marquée par la chute des cours mondiaux du coton, le boycott de sa culture et une gestion interne décriée.
Le départ volontaire des agents avait été encadré par un protocole d’accord signé le 19 février 2003 entre la CMDT et la section syndicale. Le document définissait les conditions de départ, les indemnités légales et extra-légales, les frais de transport, ainsi que d’autres mesures d’accompagnement. Pourtant, le protocole aurait été violé à plusieurs niveaux par la direction de la CMDT. Le calcul des indemnités aurait été effectué sans tenir compte des indemnités de catégorie et des différences prévues par le Code du travail et la loi n°03/037 du 30 décembre 2003. Le manque à gagner pour les travailleurs a été estimé à 3,856 milliards de FCFA.
À cela s’ajoute la transformation controversée d’une partie de leurs indemnités en parts d’actions, avant que celles-ci ne soient requalifiées en prêts. Le remboursement des prêts, censé être effectué par la CMDT, n’aurait pas été respecté, d’où les poursuites judiciaires engagées par le collectif.
Malgré la prescription soulevée par les avocats de la défense, la persévérance du collectif a permis de porter l’affaire jusqu’à la Cour Suprême. Cependant, cette dernière a finalement statué en faveur des anciens dirigeants, les blanchissant totalement.
Le verdict a provoqué la colère du collectif des compressés, dont le mandataire, Issa Traoré, a annoncé qu’ils comptaient désormais s’adresser directement au Président de la transition, le Général Assimi Goïta. Selon lui, seule une intervention au plus haut sommet de l’État permettra de faire entendre la voix des anciens agents, qui se considèrent toujours victimes d’une injustice.
L’affaire met en lumière les effets collatéraux des politiques d’ajustement structurel sur les droits des travailleurs. Elle révèle des tensions profondes entre les impératifs économiques et les exigences sociales. Bien que la justice ait rendu son verdict, le débat reste ouvert et la quête de réparation demeure d’actualité pour les anciens agents concernés.
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