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CONTRIBUTION - L’Oeil du Patriarche : Allons-nous vers une dynastie wadiste ?

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CONTRIBUTION - L’Oeil du Patriarche : Allons-nous vers une dynastie wadiste ?

Karim Wade par ci, Karim Wade par là, le fils du président Wade fait décidément beaucoup parler de lui. Pourtant, le Sénégal a vécu l’expérience de ministres à la fois parents de président – tels Adrien Senghor, neveu du président Senghor ou Maguette Diouf, frère du président Diouf. Mais aucun n’a fait parler de lui autant que celui-là, qui n’est officiellement que conseiller de son père, et qui se comporte comme un super Premier Ministre, quand il n’a pas à s’expliquer à propos de sombres affaires d’argent…

Il se dit en effet que Karim Wade convoquerait les ministres dans son bureau, ce qui lui aurait valu la verte réplique de Cheikh Tidiane Sy, lequel lui aurait rappelé qu’en plus d’être ministre d’Etat, il est son aîné. Comme par hasard, l’actuel Garde des Sceaux est au cœur d’un tourbillon médiatique, où rien moins que sa tête est réclamée…

Quand il ne convoque pas les ministres, donc, disions-nous, Karim Wade s’explique sur des supposés scandales financiers, comme l’affaire des milliards transportés par valises, en petites coupures, dont on parlait dans les salons longtemps avant qu’elle ne fut portée sur la place publique. Ses démêlées avec le chanteur Youssou Ndour ? Elles auraient pour source, de son propre aveu, une affaire d’argent. Dernière «affaire» en date, celle des milliards de la Corniche, où l’on a entendu Karim Wade sommer (!) les pouvoirs publics d’agir contre un individu qui, dit-il, profère d’aussi graves accusations.

Il y a de cela quelque temps, l’un des pléthoriques ministres-conseillers du président Wade avait présenté sa démission, justifiant son acte par le fait «qu’il ne pouvait pas travailler avec le président Wade en étant en conflit avec Karim Wade». Personne, ou presque, à l’époque, n’avait relevé l’incongruité d’une telle déclaration.

Alors, non content de gérer des budgets faramineux, non content de s’ériger en passage obligé pour tout investisseur étranger, le conseiller Karim Wade adopte la posture du super Premier Ministre qui interpelle les ministres de la République comme s’ils étaient eux ses obligés et lui leur supérieur hiérarchique, pendant que son papa de président entretient le flou quant à sa succession politique, et déclare d’ailleurs à l’envi qu’après lui le déluge. Ainsi va le Sénégal d’aujourd’hui, où pour faire carrière il faut plaire au Prince père et au Prince fils. A l’un et ou à l’autre.

Cela dit, il y a également la fille, conseillère spéciale du président, dont on se demande combien de temps durent les congés, aux frais de la République, qu’elle passe en rallyes automobiles complaisamment médiatisés. On notera d’ailleurs qu’il a fallu que papa soit président, pour que les Sénégalais découvrent son visage et, accessoirement, sa passion pour l’automobile, qu’elle n’avait manifestement pas le temps et, sans doute, les moyens d’assouvir auparavant.

Et que dire de maman, à laquelle on fait impudiquement allusion lors de cérémonies publiques, et dont le subit intérêt pour certaines cultures aurait inspiré les farfelus programmes spéciaux agricoles (bissap, neem, etc.), au grand dam de l’immense majorité de notre population qui vit de l’agriculture.

Dans ces conditions, et face à ce spectacle aussi lamentable qu’indécent de népotisme patenté, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante : allons-nous vers une dynastie wadiste ?

Devant le spectre d’un tel danger qui menace l’avenir de nos institutions républicaines et les acquis de notre démocratie, la seule réponse conséquente de l’opposition est- nous l’avons déjà dit- une attitude de rupture avec le pouvoir et l’exigence du renouvellement immédiat du mandat des députés, renouvellement qui ne peut être différé dans un contexte social où l’état d’urgence ne s’impose pas. Aussi regrettons-nous sincèrement que certaines des composantes de l’opposition choisissent de siéger dans une Assemblée dont elles avaient dénoncé l’illégitimité dès l’annonce du couplage des élections.

Quoi qu’il en soit, nous gardons le ferme espoir, qu’avec l’aide de Dieu -Le Tout-Puissant-, la capacité de résistance des forces citoyennes l’emportera sur le coup de force que l’on nous prépare.

 

Mamadou DIA - Ancien président du Conseil des ministres de la République du Sénégal -

 



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