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Dévolution monarchique du pouvoir : chronologie des faits

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Dévolution monarchique du pouvoir : chronologie des faits

Ce document se propose d’effectuer une chronologie des faits et actes qui montrent qu’on assiste à projet de dévolution monarchique du pouvoir au Sénégal.

 

Qui est Karim Wade ?

En effet en analysant son cursus universitaire et son parcours politique sans aucune complaisance, il apparait que Karim Wade n’a ni la compétence, ni la popularité ni la crédibilité politique pour occuper les fonctions qui lui sont confiées actuellement. Concernant sa formation, Karim Wade a obtenu un DESS d’ingénierie financière de l’Université Paris 1, en 1995 à l’âge de 27 ans. Son mémoire de DESS a été coécrite avec sa petite sœur Sindiely Wade. D’ailleurs on peut se demander comment il est possible de faire un mémoire de DESS en duo puisque en général le diplôme de DESS est validé par un travail individuel  de stage de fin d’études. Cela montre, que Karim Wade est loin d’être un génie, contrairement aux déclarations de son père qui le présente à la face du monde comme quelqu’un de très compétent avec une intelligence au dessus de la moyenne des cadres sénégalais. Il est plus proche d’un attardé  scolaire car ayant obtenu son DESS à l’âge de 27 ans avec le concours de sa petite sœur, alors que la moyenne d’âge pour décrocher un diplôme bac +5 est de 24 ans. Dans tous les domaines de compétence, à travers le monde il existe des ingénieurs ou des docteurs sénégalais qui représentent dignement notre pays. Certains travaillent dans des multinationales, dans les plus grandes universités ou dans les plus grands centres mondiaux de recherche. D’autres moins chanceux subissent la loi de la préférence nationale dans certains pays occidentaux et finissent par faire de petits boulots en dépit de leur compétence. Donc c’est un mépris et une insulte à l’endroit de tous ces sénégalais quand le Président de la République avoue publiquement que son fils est tellement intelligent, ingénieux et ouvert d’esprit qu’il a la capacité de gérer à lui tout seul quatre ministères alors que les autres sénégalais ont du mal à gérer un tout petit ministère. Sur le plan politique lors des élections de mars 2009 il a été battu jusque dans son propre bureau de vote, à ce titre il ne mérite même pas d’être un conseiller municipal. C’est pourquoi, le seul mérite, perceptible qu’on peut accorder à Karim Wade, c’est est d’être le fils du Président de la République.

L’ANOCI le point de départ

Son père a commencé à l’imposer aux sénégalais à partir de 2004. Il le nomma alors président du conseil de surveillance de l’Agence Nationale pour l’Organisation de la Conférence Islamique (ANOCI) alors que l’organisation du sommet relevait normalement du ministère des affaires étrangères. Pour les besoins du sommet qui devait se tenir en 2006, la mission de l’ANOCI était de réaliser 9 ouvrages avec un budget de 72 milliards de francs CFA. A l’arrivée, l’organisation du sommet a couté plus de 255 milliards au contribuable sénégalais et à cause du retard accusé par les travaux le sommet s’est finalement tenu en mars 2008. Malgré ce report, et malgré l’augmentation du budget de 255% par rapport au budget initial, toutes les infrastructures prévues pour abriter le sommet n’ont pas été réalisées et le sommet s’est finalement tenu à l’hôtel qui l’avait déjà abrité en 1991 et pour apporter le supplément de lits qui manquait, ils ont loué un bateau hôtel pour la maudite somme de 8 milliards de francs CFA. Finalement, l’ANOCI n’aura réalisé un an après la tenue de la Conférence islamique qu’un tiers des projets arrêtés. Pour résumer, l’ANOCI a été un crime économique sans précédent dans l’histoire du Sénégal. Pour donner une idée de l’ampleur de la gabegie et des surfacturations : pour équiper ses bureaux dans les trois étages de l’immeuble qui abrite le siège de l’ANOCI à Dakar, Karim Wade a dépensé plus d’un demi-milliard (750 millions de francs CfA),  il voyageait en jet privé, leur campagne de communication en direction des pays du Golfe a coûté 500 millions de CFA. Sur 4 ans le budget de fonctionnement de l’ANOCI s’élève à plus de 18 milliards soit 4.5 milliards par an ce qui est supérieur au budget annuel de fonctionnement de la Présidence de la République sous Diouf, encore moins sous Senghor et est quatre fois supérieur au budget de fonctionnement annuel de l’ensemble des cours et tribunaux du Sénégal. Nous profitons de cette occasion pour rendre un hommage au journaliste Abdoulatif Coulibaly qui a éclairé la lanterne des sénégalais sur l’ANOCI à travers son livre « Contes et mécomptes de l’ANOCI » écrit sur la base de documents officiels de l’agence. L’affaire de l’ANOCI permet aussi de mettre en évidence le fait qu’au Sénégal il existe une justice pour Karim Wade et une justice pour les autres sénégalais. En effet Idrissa Seck ex-Premier Ministre du Sénégal et Bara Tall un entrepreneur sénégalais ont été mis en prison pour surfacturation parce qu’ils ont facturé le kilomètre de route à 0.63 milliard alors que Karim a facturé son kilomètre de route à 5.537 milliards de francs CFA. A qualité comparable, le kilomètre de route de Karim Wade coute 9 fois plus cher que celui d’ Idrissa Seck alors que le Président Abdoulaye Wade a publiquement accusé Idrissa Seck de surfacturation et publiquement défendu et blanchi sons fils Karim. Nous pensons qu’il est nécessaire de construire des infrastructures mais nous pensons aussi que le peuple sénégalais, à l’instar des autres peuples, a droit à des infrastructures de qualité facturées à leur juste prix. Aujourd’hui Dakar a certes changé de visage mais ces infrastructures représenteront encore pour longtemps le symbole de la corruption, de la gabegie et de l’impunité.  

Novembre 2009 : L’Assemblée Nationale est mise en branle pour protéger Karim Wade

 

Face aux nombreuses interrogations que suscitaient, l’organisation du sommet de l’OCI, comme il est de coutume dans une démocratie, Macky Sall, le Président de l’Assemblée Nationale, a alors convoqué Karim Wade pour qu’il puisse être auditionné par les députés. Le Président de la République donna l’ordre aux députés de démettre Mackay Sall  de ses fonctions de Président de l’Assemblée Nationale. Aussitôt son mandat fut réduit de 5 à 1 an avant d’être demis le 09 Novembre 2008. Ainsi pour protéger son fils le Président de la République n’a pas hésité à virer le Président de l’Assemblée Nationale, troisième personnalité de l’Etat. A travers cet acte, on voit clairement que le Président de la République est prêt à manipuler les institutions de République pour protéger et promouvoir son fils.

 

Elections locales de Mars 2009 : le rejet des sénégalais, échec du plan A

 

Après sa gestion calamiteuse de l’ANOCI, pour se trouver une légitimité politique, Karim Wade brigua alors le suffrage des Dakarois lors des élections locales de Mars 2009. Le verdict des urnes fut sans appel, Karim a été battu jusque dans son propre bureau de vote. Les enseignements qu’on peut tirer de cette élection, c’est que les Sénégalais n’ont pas confiance en lui ne serait ce que pour gérer un quartier et qu’ils désavouent la manipulation des institutions. Le verdict des urnes était aussi un démenti cinglant au Président de la République qui affirmait partout à travers le monde que son fils était populaire et adulé par les Sénégalais. Comme le prévoit la constitution, en cas de vacance du pouvoir c’est le Président du Sénat qui devient Président de la République par intérim. Une victoire à la marie de Dakar lui ouvrirait de façon légitime les portes de la Présidence du sénat. Cette défaite est historique parce qu’elle a mis en échec le plan A de Wade pour installer Karim au sommet de l’Etat de façon légitime.

 

Mai 2009 : Début du plan B. Lors du Remaniement gouvernemental post-electoral, Karim est promu Ministre d’Etat malgré sa gestion calamiteuse de l’ANOCI et malgré sa défaite électorale

 

Lors du remaniement qui a suivi les élections locales, malgré la défaite de Karim Wade jusque dans son propre vote et malgré sa gestion décriée de l’ANOCI, au lieu d’être sanctionné, il est promu et nommé Ministre d’Etat, ministre de la coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures. Cette nomination marque le début du plan B qui consiste à imposer Karim Wade au Sénégalais alors qu’il a démontré son incompétence dans la gestion des affaires et qu’il ne jouit d’aucune légitimité politique. Le seul mérite perceptible qui lui a valu cette promotion, c’est d’être le « fils du Président de la République », ce que le peuple lui refuse, son père Président le lui donne à volonté, c'est-à-dire le pouvoir : cet acte marque le début de la dévolution monarchique du pouvoir.

 

Septembre 2010 : Karim Wade devient un Ministre des finances bis

 

Le 13 Septembre 2010 le Président de la République signe un décret qui stipule que « Le Ministre de la coopération Internationale peut légalement signer lui-même, au nom du président de la République, les accords de prêts et de crédits ou, selon les circonstances, subdéléguer sa signature aux autres membres du gouvernement ainsi qu’aux ambassadeurs de la République du Sénégal. Auparavant, lors du conseil des ministres du 10 Juin, le Président de la République avait élevé le directeur de Cabinet de Karim au rang d’ambassadeur de la République. Désormais, Karim Wade et son directeur de Cabinet peuvent engager le Sénégal dans des accords de prêts et de crédits avec les pays de l’Amérique centrale et du Sud, de l’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et de l’Asie, à l’exception du Japon. Les pays occidentaux qui sont trop regardant des critères de bonne gouvernance restent du domaine du Ministère de l’Economie et des finances. Etant donné que Karim Wade est capable d’acheter une lampe à 8 millions de francs CFA, il est légitime de s’inquiéter sur les conséquences des accords qu’il signe.

 

Septembre 2010 : Le Ministère de Karim Wade est placé hors de contrôle

 

Le 13 Septembre est une journée noire pour les finances publique, car dans la même journée le Président de République signe un décret qui soustrait les marchés publics classés « secret » et les marchés émanant de la Présidence de la République, des ministères de souveraineté et des ministères dirigés par un Ministre d’Etat du code des marchés publics qui sont soumis au contrôle de l’autorité de régulation des marché publics. Une fois encore ce décret est taillé sur mesure pour Karim Wade, parce que les plus importants marchés publics sont constitués des projets d’infrastructures. C’est une façon de légaliser systématiquement les marchés de gré à gré avec ce que cela comporte comme surfacturations et retro commissions. Cette décision est tellement énorme que l’Union Européenne et le FMI étaient obligés de sortir de leur réserve pour la critiquer ouvertement.

 

Octobre 2010 : Karim Wade est nommé Ministre de l’Energie

 

Comme vous la savez depuis quelques années, l’économie sénégalaise et plombée par les coupures de courant, malgré un investissement de 800 milliards selon le gouvernement. Pour apporter des solutions le Président de la République estime une fois encore que Karim est l’homme de la situation et il lui confia le portefeuille de l’énergie. Il est clair que le problème de l’énergie est un problème de gestion car le montant astronomique des investissements dans ce secteur ne s’est pas manifesté par une amélioration de la fourniture d’électricité. Ici encore, il n’y a rien qui peut justifier cette nomination, car l’échec de Samuel Sarr dans la gestion de l’énergie est comparable à celui de Karim Wade dans la gestion de l’ANOCI.

 

Désormais, Karim Wade contrôle le Sénégal. En effet, avec ses fonctions de ministre des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Energie, Karim Wade contrôle les poumons de l’économie sénégalaise, tous les projets importants de l’Etat passent entre ses mains et avec la mise à l’écart de l’autorité de régulation des marchés, il peut faire tout ce qu’il veut. Avec son statut de ministre de la coopération avec des prérogatives étendues, il est en réalité un Ministre de l’économie et des finances bis et un ministre des affaires étrangères bis. On se souvient de la libération de Clotilde Reiss, pour gagner la confiance et le soutien des autorités françaises dans son projet machiavélique,  il s’était mis en selle avec Robert Bourgui, le symbole de la France-Afrique.

 

La dévolution monarchique du pouvoir est en marche

 

Certes Abdoulaye Wade a conquis le pouvoir de façon démocratique, mais il l’exerce comme un monarque. En effet, une monarchie se définit par le gouvernement absolu d'une seule personne, mais ce pouvoir est limité par des lois. Actuellement au Sénégal Abdoulaye Wade détient à lui tout seul le pouvoir absolu. Il est le Président de l’Exécutif, il nomme le Président du conseil constitutionnel, il nomme le Président du Senat et bon nombre de sénateurs et il contrôle totalement l’assemblée nationale. Aujourd’hui les faits montrent qu’Abdoulaye Wade utilise son pouvoir absolu pour installer son fils au sommet de l’Etat. Malgré sa gestion scandaleuse de l’ANOCI et malgré sa défaite aux élections locales, Abdoulaye Wade élargit de jour en jour les pouvoirs de son fils sans aucune justification objective. Toutes les personnes qui se sont opposées ou qui constituaient un obstacle ont été limogés, on peut en citer Macky Sall, ex président de l’Assemblée Nationale, Cheikh Tidiane Gadio, ex Ministre des affaires étrangères. Christophe Ruffin ex-ambassadeur de France au Sénégal, membre de l’académie française a préféré se faire virer plutôt que et de cautionner le projet de dévolution monarchique. Tout dernièrement dans une émission sur une télévision française, il affirmait : « Qu’un pays où le père veut mettre en place son fils, le fils paie la Françafrique. Les gens qu’il paie viennent convaincre la France de soutenir le fils. Le fils n’est pas populaire. S’il arrive au pouvoir, les populations se soulèvent. Ce n’est pas l’intérêt de la France ». C’est dire que la dévolution monarchique du pouvoir est une réalité et chaque jour Abdoulaye Wade fait un pas de plus vers l’accomplissement de son projet machiavélique. Dans une interview accordée à une télévision locale le 28 Février 2010, il affirmait « actuellement je n’ai pas l’intention de faire de lui un Président, mais soyons clair je ne l’exclue pas ». Aujourd’hui les faits montrent qu’il est décidé à se faire remplacer par son fils comme ça se fait ailleurs en Afrique parce qu’il a cité en exemples Eyadema et Bongo.

 

Appel à la Résistance

 

Face à cette situation, ne pas agir revient à cautionner le projet de dévolution monarchique, comme le dit le proverbe « qui ne dit rien consent ». Ainsi, notre responsabilité historique est engagée, et c’est pourquoi nous devons nous y opposer par tous les moyens à  notre portée. Chacun d’entre nous peut contribuer à ce combat en fonction des ses moyens, de ses idées et de sa disponibilité. La manifestation du 18 décembre vise entre autre à alerter l’opinion internationale sur le projet de dévolution monarchique au Sénégal et permettra par la même occasion d’amorcer un mouvement de résistance citoyen pour défendre la république aujourd’hui et demain. C’est pourquoi nous nous joignons à cet appel et pour le relayer nous invitons tous les sénégalais de l’intérieur et ceux de la diaspora à se joindre à cette manifestation. Ou que vous soyez et quelque soit votre nombre vous pouvez vous réunir pour participer à cette journée de protestation et de dénonciation. Aujourd’hui le moment est venu pour que le peuple sénégalais se lève comme un seul homme pour dire stop aux Wades.

 

Nous tenons à remercier les initiateurs de cette journée qui nous ont permis d’apporter notre contribution à cette lutte. Nous profitons aussi de cette occasion pour rendre hommage à tous ceux qui résistent et nous leur disons que vous ne serez pas seuls.

 

Nous appelons tous ceux qui veulent s’opposer à ce projet à nous rejoindre, sur  www.nousdisonsnon.com , ensemble nous dirons non.

 

Vive le Sénégal, Vive la République, Non à la monarchisation de notre pays. 

     Dr. Serigne DIA

 

     Madame Awa Thiam 


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8 Commentaires

  1. Auteur

    Max

    En Décembre, 2010 (09:52 AM)
    le lien ne marche pas
  2. Auteur

    Lord

    En Décembre, 2010 (09:54 AM)
    non mau fara ffo diar ? ah nooon way
    Auteur

    Dacosta

    En Décembre, 2010 (10:07 AM)
    Tu es un politichien, menteur dans l'âme!
    Auteur

    Cykary

    En Décembre, 2010 (10:17 AM)
    je ne pense pas k cette manif aura lieu wade ne poura jamais accepter k'une telle manif se deroule surtt en cette periode du FESMAN!
    Auteur

    Elzo

    En Décembre, 2010 (10:41 AM)
    le texte est bon!



    Auteur

    Bb

    En Décembre, 2010 (11:01 AM)
    bien écrit disons non à la "dévolution monarchique du pouvoir"
    Auteur

    Jhcu

    En Décembre, 2010 (11:23 AM)
    pAS BIEN
    Auteur

    Malaw

    En Décembre, 2010 (13:27 PM)
    Bravo et merci Docteur, il ne faut laisser de répit à Wade, continuons de le dénoncer et de dénoncer ces projets de dévolution monarchique du pouvoir, ses infrastructures abérrantes par leur coùt, leur inoportinuté et leur nécessité; dénonçons son incompétence à mener le sénégal sur la voie de l'émergence économique : concrètement aujourd'hui, aprés dix ans de pouvoir le sénégalais est il mieux lotti qu'en 2000 ?

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