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[ Opinion ] Mais, où sont passés les précieux enseignements légués par nos illustres guides spirituels ?

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[ Opinion ] Mais, où sont passés les précieux enseignements légués par nos illustres guides spirituels ?

En nous rappelant, les enseignements légués par ces illustres figures spirituelles, aujourd’hui disparues, on peut bien affirmer sans risque d’être démenti, que les temps ont beaucoup changé au Sénégal et certaines catégories de personnes, ont aussi dévié de leur mission spirituelle et historique.

La perte des valeurs si décriée en ce moment dans notre pays, n’a pas épargné la classe maraboutique et malheureusement au plus haut niveau de celle-ci. Ce qui nous fait regretter, la disparition des illustres marabouts orthodoxes et sans conteste hommes de Dieu. Pour eux, après Dieu, leurs principales préoccupations étaient la paix des âmes dans le pays et la fraternité entre les Sénégalais. Ils ne faisaient pas de parti pris manifeste entre ceux qui concouraient pour le pouvoir temporel. Ils ne toléraient pas le mensonge et l’absence de vertu de qui que ce soit et d’où qu’ils provenaient. Ils disaient la vérité sans ambages à tous le moment venu, y compris leurs propres talibés et proches. Pour eux, le pays et la paix des âmes comptaient plus que tout. En outre, ils étaient attachés à la terre et tout naturellement, à ceux qui la travaillent c’est-à-dire, le monde paysan pour qui, ils constituaient un bouclier protecteur face au pouvoir en place. Ils étaient aussi, un allié sûr pour eux.

Bien que conscients de la force de leur pouvoir spirituel, ils n’en user jamais pour s’attaquer à qui que ce soit, ils s’en servaient plutôt pour se défendre contre l’envahisseur ou contre toute agression à leur personne ou leur communauté. L’argent, le plaisir et le luxe de ce bas monde leur étaient insensibles et avec juste raison, ils s’en méfier comme la peste car, ce sont là, les courroies de transmission par lesquelles, Satan se fraie souvent le chemin, pour pénétrer tous ceux qui sont avides de ces délices ou ont un faible pour eux.

Les enseignements précieux que nous avons hérités de Serigne Touba Khadimou Rassoul, Elhadji Malick Sy, Elhadji Ibrahima Niasse, Mouhamadou Moustapha Mbacké, Khalifa Ababacar Sy, Mame Limamou Laye, Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, Abdoul Aziz Sy Dabakh, Serigne Fallou Mbacké, Abdou Lahat Mbacké pour ne citer que ceux-là, reposaient essentiellement sur les principes cardinaux de l’islam – une religion de paix- rappelés plus haut. Ils avaient suffisamment à faire dans le cadre de leur champ d’activité qui était le pouvoir spirituel. Un pouvoir, don de Dieu, fait de force immatérielle, considéré comme un sacerdoce et une charge sacrée liée à leur existence, pour ne plus vouloir régenter le pouvoir temporel, qui lui, est un mandat lié à un temps éphémère fixé par les hommes avec des règles précises.

La question fondamentale, ne veut point dire que le marabout citoyen, doit ou ne doit pas s’intéresser à la politique, non ce n’est pas cela ! Mais, il devrait tenir compte que les deux statuts, le spirituel et le temporel sont antinomiques, même s’ils peuvent bien cheminer parallèlement vers un objectif commun. En effet, chacun d’eux doit contribuer dans son domaine réservé à la satisfaction des besoins spécifiques du peuple sénégalais. Il est bien établi et suffisamment démontré, qu’à chaque fois que les deux pouvoirs ont été confondus, forcément l’un d’eux, sabordera l’autre. C’est ce que, nos illustres figures citées plus haut, ont toujours compris et évité, leur existence durant.

L’Etat libéral, qui nous gouverne par l’informel, s’occupe de tout sauf, des affaires publiques dont il devrait impérativement prendre en charge et s’en acquitter au plus haut point. Par sa gouvernance hideuse, il a offert un environnement propice à tous les abus et aux atteintes des libertés des citoyens, que la Constitution leurs confère. Par voie de conséquence, au lieu d’un Etat de droit stable, il nous installe dans un Etat où règnent l’anarchie, l’injustice, la tricherie, la déprédation, la cupidité, une dictature monarchique, en somme, une porte ouverte à des vices de toutes sortes, vices qui ont fini au demeurant tentent de vider notre peuple de ses vertus d’antan. Alors, se fondant toujours sur son principe directeur de, diviser pour mieux régner, qui est plus que jamais actif, Me Wade PGCD (plus grand commun diviseur) de notre nation est favorable à un pays divisé en clans de toutes sortes, afin de mieux naviguer, comme il le fait si bien dans son propre parti.

Dans ce pays souhaité uni et indivisible qui est la République du Sénégal, nous constatons depuis quelque temps, des faits insolites de nature très grave pour l’unité et la cohésion nationale d’une part et, pour la liberté, la citoyenneté et la démocratie d’autre part. Nous apprenons par moments, à travers les médias, qu’Untel marabout ou patelin, non content de l’Etat pour des raisons qui leurs sont propres, s’érige en une autorité rebelle pour interdire ou empêcher momentanément dans sa localité toute activité politique. Ce qui en soi, est une violation flagrante de la Constitution et de toutes les lois de la République notamment, le libre choix du citoyen, de s’installer où il veut, d’aller et de venir sur l’étendue du territoire national, d’y mener les activités politiques ou autres qu’il estime, selon les lois en vigueur dans la république sans aucune entrave de qui que ce soit.

Cette attitude qui est discriminatoire, en ce sens qu’elle ne vise pas le Parti au pouvoir et son chef, est un parti pris manifeste, qui n’honore pas ses auteurs. Cet état de fait, n’est différent en rien du tout, d’un Etat dans un Etat, ce qui est inadmissible au regard de la république, si nous appelons les faits par leur nom. Devant de tels faits et dans de pareils cas, l’Etat se trouve dans l’obligation républicaine d’intervenir pour rétablir l’ordre et dire à qui de droit, où commence et s’arrête la liberté de chaque citoyen, fut-il un marabout ou un groupe de citoyens, ils ne devraient en aucune façon enfreindre la loi sans coup férir, parce qu’ils ne sont pas aux yeux de la loi, plus que des citoyens. A moins que nous ayons alors dans notre république, deux types de citoyen celui de première classe et seconde zone. C’est là, les effets néfastes de la connivence entre le pouvoir spirituel et temporel qui s’exerce en un système de vases communicants. Ou comme disait l’autre : si l’Etat te donne un franc aujourd’hui, il te privera de ta religion et de ta liberté autant demain.

Dans notre pays, il a toujours existé, même du temps de la colonisation, la cohabitation entre le pouvoir spirituel ou traditionnel et celui temporel avec une délimitation précise des champs d’action de chacun d’eux. Jusqu’à l’alternance, toutes proportions gardées, ces champs d’activité ont été plus ou moins respectés, pour permettre à chacun de vaquer à ses occupations sans accroc.

Mais à l’heure actuelle, tout ce passé semble révolu avec l’arrivée de Me Wade au pouvoir. Nous avons l’impression d’assister à un marché aux enchères des marabouts. Ils sont devenus des objets à la merci du plus offrant, ceci, quelle que soit la moralité de l’individu ou du passé maçonnique de l’organisateur de ce marché, pas du tout innocent. Qui aurait imaginé cela à l’époque de nos illustres disparus ? Me Wade, étant adepte de l’achat des consciences, est à l’aise pour se payer tous les marabouts qui désertent les lieux de culte pour se mettre à son service et qui ont tendance à considérer l’argent sonnant et le luxe, plus importants que les souffrances que Me Wade fait subir au peuple sénégalais. Dieu omnipotent et omniscient nous observe et saura rétribuer à chacun selon ses mérites le moment venu.

On peut noter certes, qu’à l’époque, les devanciers de nos marabouts actuels faisaient toujours montre de tolérance et preuve d’équité à l’égard de leurs talibés qui pouvaient se retrouver dans des partis politiques soit au pouvoir ou à l’opposition, mais ils ne se départissaient jamais de leur intransigeance et de leur fermeté sur les principes orthodoxes de la religion. Même si parmi eux, certains ont eu une préférence pour tel ou tel acteur de la scène politique, jamais ils n’ont empêché le libre jeu dans leurs localités concernées. Et, ils ont toujours recommandé à tous, la mesure dans les actes à mener et le non recours à la violence physique ou même verbale ; ils insistaient particulièrement sur le respect des religions et de ceux qui les incarnaient, la sauvegarde des lieux de culte et des symboles religieux.

Leurs interventions pour régler les conflits et autres différends entre communautés ou individus, étaient faites dans la discrétion et à l’insu du public. Leur maître mot était, la paix par la non violence. Ils se voulaient justes et, la justice commence d’abord par l’impartialité et l’équité envers tous les antagonistes, ce qui équivaut à se départir de tout parti pris, surtout manifeste. Ils intimaient la droiture à tous et mettaient également en garde, ceux qui usurpaient ou jouissaient des biens illicites ou des biens d’autrui. Le bien du peuple appartenant à tous, il n’est donné à personne n’en user comme lui semble.

Pour tout dire, Me Wade et son régime, sont un mal profond qui gangrène notre pays tout entier. Soyez-en surs, son but ultime, est de transformer, à défaut, de considérer les Sénégalais, sa famille exceptée, comme des moins que rien et tous à la portée de sa bourse – plutôt l’argent du peuple - . Toutes ses tentatives les plus machiavéliques ayant toujours abouti à leur terme, il tente maintenant de donner le coup de grâce à notre peuple, en voulant installer son fils comme successeur par des combinaisons et subterfuges, sans passer par le peuple souverain, de peur d’un échec cuisant. Ne riez surtout pas, car l’homme ne reculera devant rien pour parvenir ses fins. Le fait d’arroser les marabouts et autres dignitaires qui ont perdu toute vertu, avec de l’argent du contribuable combiné avec des biens mobiliers et immobiliers, doublé sa la latitude de modifier la constitution à sa guise, constitue une des armes de son plan de succession par son fils.

Faut-il le rappeler, notre peuple tient pour complices, tous ceux qui auront aidé Me Wade dans cette entreprise, consciemment ou inconsciemment, qu’ils répondront demain devant l’histoire surtout, si ces derniers l’ont fait en contre partie de privilèges juteux.

A cet effet, nous devons garder à l’esprit, dans toutes nos actions, cette recommandation de notre créateur : Soyez juste en tout temps et en tout lieu entre vous. Et si toutefois, vous êtes appelé à trancher un différend, faites le en âme et conscience, en vous fondant strictement sur la droiture pour ne léser personne. Il rappelle aussi que, ceux qui jugent sur terre les hommes, ou conduisent les peuples seront eux aussi jugés demain au tribunal exceptionnel, présidé par notre créateur.

Mandiaye Gaye
[email protected]



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