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PASTEF : Parti Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité : Une “Révolution” politique au Sénégal et une urgente nécessité de réforme politique (Alioune Badara Kandji)

Auteur: Alioune Badara Kandji

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Le parti PASTEF–Les Patriotes a été fondé en janvier 2014 par de jeunes cadres de l’administration publique sénégalaise, du secteur privé, des professions libérales, des milieux enseignants et des hommes d’affaires qui, pour la plupart, n’ont jamais fait de la politique. PASTEF est une aspiration légitime de tout un peuple, cristallisée par une génération convaincue par le patriotisme et le panafricanisme.
Arrêtons-nous d’abord sur les précurseurs de cette idéologie politique, qui pour la plupart, n’étaient pas dans l’appareillage politique classique.
PASTEF constitue une révolution politique dans le sens où la plupart de ses membres ne s’identifient pas aux appareils politiques classiques mais, au contraire, comme une alternative sérieuse à ces partis politiques pour dynamiser et surtout changer la conception politique telle que pratiquée sous nos cieux.
Alors que la conception politique au Sénégal était très rigide, conservatrice et embourgeoisée, les Patriotes se donnent pour mission première de redonner le pouvoir au peuple et surtout de participer à la démocratisation du « jeu politique ».
Alors que des frustrations, des stéréotypes, des préjugés, des stigmatisations, des ressentiments se nourrissaient vis-à-vis de la classe politique, PASTEF–Les Patriotes s’est voulu, dès le départ, réconcilier le peuple avec la politique.
L’ambition était titanesque et surdimensionnée. D’aucuns, les plus sceptiques, diront même surréaliste voire utopique.
Dans quel contexte est né PASTEF ?
2014 marque une année charnière ; il faut rappeler que ce n’était que deux ans après l’accession au pouvoir de Macky Sall.
À ce moment précis, le pari était très risqué, tant le pouvoir libéral de Macky Sall cristallisait beaucoup d’espoirs et d’attentes.
Les analyses politiques les plus osées et critiques ne pouvaient pas imaginer que PASTEF allait imposer son rythme, sa cadence et son diktat à la scène politique.
Une analyse pointue mérite d’être posée : la plupart des précurseurs du parti ont une connaissance très élevée de l’administration, de son fonctionnement et de ses contours les plus profonds.
Alors que leurs détracteurs et pourfendeurs les qualifiaient de « bleus », ils vont utiliser cette maîtrise parfaite de l’administration pour se frayer un chemin.
Arrêtons-nous sur l’administration.
Alors que beaucoup établissent une dichotomie entre administration et politique, dans la réalité et la pratique, ce sont deux entités dont les lignes de démarcation sont fragiles, pour ne pas dire qu’elles se touchent.
Et de quelle administration s’agit-il ?
L’un des idéologues et précurseurs de PASTEF, en l’occurrence Ousmane Sonko, est un pur produit de l’administration sénégalaise, où il a exercé au niveau des Impôts et Domaines à plusieurs postes.
Le plus important qu’il faudrait souligner est que trois ans après son entrée dans l’administration, il crée le Syndicat autonome des agents des impôts et domaines (SAID), dont il est le premier secrétaire général d’avril 2005 à juin 2012.
Cette expérience syndicale mérite une attention singulière et particulière. C’est là que commence son engagement militant, en critiquant vertement le gouvernement et en pointant du doigt les anomalies fiscales et budgétaires. Ce qui s’ensuivit fut sa radiation en août 2016 par décret numéro 2016-1239 de l’Inspection générale des impôts et domaines.
Cet épisode, digne d’un long film hollywoodien, allait être le début d’un radicalisme politique pour Ousmane Sonko, mais surtout allait le révéler au grand public.
La particularité de Sonko comme leader politique est qu’il se revendique d’une virginité politique et se présente comme un fin connaisseur des arcanes du pouvoir, à travers son expérience dans l’administration.
C’est le début de celui qui va « révolutionner » la scène politique sénégalaise, avec comme crédo le fameux « Don de soi pour la patrie ».
C’est aussi le début d’une longue et douloureuse trajectoire politique, émaillée d’incidents et de soubresauts juridiques, qui ne feront que renforcer et légitimer ses combats politiques.
C’est le début d’une ascension politique qui fera de PASTEF la cristallisation des espoirs et surtout la dynamisation des masses populaires.
Une idéologie est née, fortement ancrée dans le « radicalisme » politique, pour changer la donne et la conception politique.
Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, un parti se proclame « hors système » et veut mettre à bas le « système » en place.
C’est une révolution idéologique en marche. Nous avons tous été témoins de l’opposition radicale entre Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, mais le summum reste celle entre Macky Sall et Ousmane Sonko.
Nous avons vu Abdoulaye Wade participer à un gouvernement d’union nationale proposé par Abdou Diouf.
Mais jamais on n’aurait imaginé Ousmane Sonko accepter un quelconque compromis avec Macky Sall, tant la fracture idéologique est béante entre les deux.
D’ailleurs, cette opposition frontale entre deux « monstres » politiques aura des répercussions terribles sur le « jeu politique ».
Le champ politique va se résumer à cette dualité, à cette « guerre fratricide », avec le bilan macabre que l’on connaît.
PASTEF réussira à gagner les élections de février 2024 au premier tour, avec plusieurs revirements toujours dignes des films hollywoodiens.
Aujourd’hui, les Patriotes sont au pouvoir, laissant beaucoup de plumes et, surtout, pour le peuple, un bilan macabre qui fait désormais partie de notre mémoire collective.
Cette transition nous permet aujourd’hui de poser certaines problématiques, à savoir la réforme urgente et nécessaire de PASTEF–Les Patriotes.
PASTEF est né de trajectoires douloureuses, de traques, de filatures, de privations, de tortures, de séquestrations.
Nous remarquons que cette trajectoire politique particulière dicte encore sa loi au parti, jusque dans les arcanes du pouvoir.
Ce sont des séquelles post-traumatiques douloureuses qui se ressentent dans les discours et les actions.
Mais PASTEF doit se relever de ses séquelles et surtout faire évoluer ses paradigmes.
Parlant de ces paradigmes : une réforme institutionnelle et idéologique est capitale. Elle conditionne sa survie et son avenir politique.
Les enjeux et les réalités du pouvoir exigent que PASTEF–Les Patriotes fasse évoluer sa ligne idéologique, et surtout qu’il forme une « école du parti » assumant son histoire et ses positions.
La plupart des jeunes, partie intégrante de PASTEF, n’ont pas de culture politique. C’est donc au parti de leur assurer cette formation pour les préparer aux joutes et enjeux futurs.
Nous constatons de plus en plus des écarts de conduite que nous condamnons fermement. Il est donc urgent de poser des canevas et de baliser le terrain.
Pour que PASTEF survive à ces nouvelles réalités du pouvoir, il faut que ces débats internes aient lieu, sans les esquiver, et qu’ils débouchent sur des réponses idoines pour ses structurations institutionnelles et idéologiques.
Loin d’être de simples slogans figés, PASTEF doit se projeter à la hauteur de son envergure.
Alioune Badara Kandji
Auteur: Alioune Badara Kandji

Commentaires (4)

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    V9om il y a 3 mois

    Non ce n'est pas le recteur de l'ucad. C'est un autre Alioune Badara Kandji

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    Lynx il y a 3 mois

    Qui a écrit ce vomitif ?
    Ça sent le rectum de l'université !

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    il y a 3 mois

    Du blabla comme d'habitude . Pauvre pays de littéraires incultes et nullards !

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    il y a 3 mois

    Définitivement le zoo des suceurs de boule a pris gout à la graisse de boa !!

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