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"RECIT DE VOYAGE : LE REVE D’UN JEUNE GUINEEN" (par CISSE Mohamed)

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"RECIT DE VOYAGE : LE REVE D’UN JEUNE GUINEEN" (par CISSE Mohamed)


Cher M. Barry,

  C'est avec un cœur plein d'émotion que j'ai lu la lettre intitulée "RECIT DE VOYAGE : UN GUINEEN RENTRE DU SENEGAL ET TEMOIGNE"que vous avez adressé au peuple
Sénégalais. Et c’est avec les larmes aux yeux que j'ai achevé ma lecture. Cette larme exprimait la désolation du paysan Guinéen qui n’a que l’éclaire de la lune pour lui donner la joie de vivre, une situation occasionnée par la passivité de ceux qu’il est convenu de nommer les « intellectuels ».

Je vis au Sénégal depuis 2 ans dans le cadre de la poursuite de mes études postuniversitaire.
Le Sénégal est un pays merveilleux, avec une extraordinaire diversité culturelle et géographique. Les sénégalais sont si accueillants, le pays si envoûtant que l'on dit "si tu vas au Sénégal un jour, tu y retourneras toujours". Le temps que j'ai passé ici, m'a fait réaliser combien de fois les hommes de culture sont bafoués et la promotion de la médiocrité est encouragée par les dirigeants dans notre pays.

M. Barry, j’ai la profonde certitude que nous ne sommes pas les seuls  à affectionner  la maturité politique, sociale et culturelle du peuple Sénégalais. Toutefois, cette maturité suffit d’une part  à se rendre compte de l’évidence de la carence en vérité de la sphère politique Guinéenne,  dès lors que sont évoqués des sujets relatifs à l’intérêt du peuple, d’autre part  de comprendre qu’il est particulièrement difficile d'instituer la transparence  et  d'imposer aux gens d'avoir à rendre des comptes dans un système où ceux qui occupent les postes les plus  élevés se mettent de connivence avec les fonctionnaires pour détourner l'argent du pays. Ce qui revient à exprimer que les politiciens Guinéen se montrent souvent plus préoccupés par la chasse de plaisir et d’extorsion  de l’argent nécessaire à l’achat d’une maison évolutive avec piscine aux Almadies, que du sort des populations locales. Le nombrilisme des différentes communautés ethniques fait le reste.

  M. Barry, celui qui n’a pas vécu la barbarie policière et les violences intercommunautaires encouragées par la classe politique  de tout bord confondu,   ne pourra pas comprendre la portée de votre message. Ces politicards  de notre pays semblent ne pas savoir qu’il ne peut y avoir de démocratie sans de bons démocrates. Ils se servent de la naïveté de nos populations pour parvenir à leurs fins et ce peu importe les conséquences. Ils semblent ignorés que le bon exercice de la démocratie repose sur le degré de conscience politique de chaque membre de la société. Et pour cela, il faudrait que l’on investisse dans l’éducation de notre chère population à l’instar du Sénégal.

   « Il n'y a de richesse que d'hommes » disait le philosophe français Jean Bodin. La différence entre la Guinée et le Sénégal, les Guinéens et les Sénégalais, est que ces derniers ont compris très tôt que la vraie richesse d’un pays ne réside guère dans les potentialités de son sol et sous-sol, mais plutôt dans l’éducation et la qualification de ses filles et fils.
  Chez nous en Guinée, il nous faut des hommes et des femmes dépourvus de l’idée d’appartenance ethnique,  bien formés et qualifiés, qui savent que l’ethnie n’existe pas car: N’appartienne à la même communauté, que des hommes et des femmes qui pourront s’assoir, réfléchir et débattre sur un sujet à l’étendu national pour trouver solution à un problème posé.

  Quand cela se fera, on verra l’émergence d’une nouvelle génération qui aura une idée précise de ce que doit être « le Guinéen du nouveau type ». Ce nouveau guinéen qui pourra reconnaitre et assumer les erreurs de ses ainés et dire haut et fort à la Guinée « hier j’étais ton  problème, aujourd’hui je suis ton amour, ta solution ». Il sera un citoyen qui dira  à la Guinée qu’ « il est la protection de ses fragilités et le chemin de sa potentialité». Ce Guinéen du  nouveau type, j’ai rêvé de lui.


                                                                                                                                                                                                      Il saura qu’il est inadmissible qu’un citoyen honnête qui voit surgir l’ombre d’un gendarme se sente terrorisé plutôt que de se sentir en sécurité. Il saura dénoncer, lutter contre les injustices qui sont commises à l’endroit des innocents tandis que les véritables coupables courent les rues de Conakry librement et orgueilleusement.
 Ce Guinéen du nouveau type n’aura pas d’étiquette colée sur sa peau pour avoir un privilège dans la « distribution »  des postes de responsabilité du pays et il saura être un fonctionnaire qui fera passer sa conscience avant sa carrière. Il sera un Homme politique et un Chef d’Etat qui dira à ses compatriotes « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire, sans échange de coups de feu».
 
 Il saura faire la différence entre la passion et la raison. Il privilégiera l’avenir du pays et non son intérêt personnel et égoïste. Il sera un Responsable politique et un Chef d’Etat qui fournira plus d’efforts pour aboutir à des décisions par le biais du dialogue et non pas tout le temps faire appel aux étrangers ou à la « communauté internationale ».

  Il ne sera pas un Responsable politique et un Chef d’Etat qui ignorera les lobbys et les réseaux d’influence que les caciques des différents régimes depuis l’indépendance ont formé. Il mettra fin à la caste des privilégiés qu’ils (les lobbys) se sont constitués, et, avec eux, l’empire de l’argent sale sur la scène publique nationale.

  Cet homme nouveau fera renaître une culture où le concept d'ennemi n’existe pas parmi les Guinéens. Une culture inspirée par la démocratie qui est indispensable pour la préservation et la pérennité d’un régime démocratique. Il mettra en place un régime politique qui sera une école de démocratie. Une école où les élèves, je veux dire les citoyens, n’auront pas de machettes lors des manifestations politiques ni de pierres pour lapider des policiers ou gendarmes en exercice et ne bruleront point des maisons d’autrui par le seul fait qu’ils soient « frustrés». Une école où les élèves savent « qu’être citoyen ne signifie pas seulement avoir des droits, mais aussi des devoirs ». 

  Cet homme que je vois à l’horizon fera de tel sorte qu’il n’y ait pas de pluralisme de façade ni de partis politiques bidons. Il ne se servira guère de l’armée ou des policiers et gendarmes en tant que « machines de guerres » pour la conquête ou la conservation du pouvoir ; Ces nouveaux hommes de sécurité seront des instruments au service du peuple et non au service d’un « homme fort du pays ».
 
  J’ai rêvé de cet homme qui saura que le pluralisme ne concerne pas seulement les partis politiques mais aussi et surtout il doit y avoir pluralisme dans l’expression des opinions, pluralisme des sources d’informations, pluralisme dans l’organisation et le fonctionnement des médias, et pluralisme dans la  « distribution » des postes de responsabilités en fonction des compétences.

  Il mettra en place une culture  de démocratie, une nation, où personne n’a le monopole de quoi que ce soit. Une nation  où le chef d’Etat fera appel à un compatriote d’un parti adverse dont la compétence et l’honnêteté sont avérées et reconnues.  Une nation ou on rendra compte au parlement et non au chef de l’Etat.

  Ce Guinéen du nouveau type dont j’ai rêvé gardera constamment à l’esprit la signification profonde de l’idéal démocratique : Gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Il mettra un mécanisme pour mettre fin à l’arnaque qui consiste pour les fonctionnaires à demander à faire des déplacements à l'étranger de telle façon qu'ils puissent soumettre des demandes de remboursement largement  surévaluées qui peuvent être équivalents pour quelques jours de voyage à cinq  ou six  mois de leur salaire  mensuel habituel.

 

 Le Guinéen du nouveau type bâtira une nation dans laquelle on entendra comme dans un rêve, la chanson rythmée que chantonneraient les enfants main dans la main à chaque ruelle de Conakry, Siguiri, Nzérékoré ou Pita : Que chaque Homme qui foule les terres guinéennes soit notre frère, que chaque Homme sur nos terres soit enveloppé par la vertu de la justice et que se penche vers cette justice, l’arc de l’univers moral.

Quand ce Guinéen du nouveau type viendra, je vous rassure que vous serez fier, M. Barry, de reformuler votre souhait et souhaiter de naître Guinéen de nouveau dans la nouvelle cité où tout le monde aura sa place. Et ensemble nous aurons rendu hommage à Aimé Césaire qui disait: « L’homme de culture doit être un inventeur d’âmes. »

Je vous prie de croire, M. Barry, à l’expression de mes salutations distinguées.


                                                                                             CISSE Mohamed
(Etudiant en mastère Réseaux Télécoms à Dakar)                                                
                                                               @ : [email protected]






 

affaire_de_malade

8 Commentaires

  1. Auteur

    Lebaolbaol

    En Avril, 2014 (01:40 AM)
    seneweb pour la grace de dieu ,supprimer cet article.........
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  2. Auteur

    Paulg

    En Avril, 2014 (01:47 AM)
    Superbe article

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    Auteur

    Salif2

    En Avril, 2014 (02:52 AM)
    j aimerai bien vivre dans le senegal que tu décris heinnn
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    Auteur

    Senenmut

    En Avril, 2014 (10:16 AM)
    Maître corbeau sur un arbre perché ....
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    Auteur

    Bah

    En Avril, 2014 (16:28 PM)
    le mal de la guinée se résume en un seul mot: JALOUSIE.
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    Auteur

    Sénegalais

    En Avril, 2014 (21:05 PM)
    ON S EN FOU. Rentrez en guinnée vous etes vraiment nombreux ici vous nous asphyxié. dégagez way
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    Auteur

    Le Citoyen

    En Avril, 2014 (02:19 AM)
    Sénégal-Guinée un seul peuple;méfions nous de cette sale race de politiciens cannibales qui n,ont aucun respect pour leur peuple.Les guinéens sont bien au Sénégal et c,est tant mieux
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    Auteur

    Alfa

    En Avril, 2014 (11:51 AM)
    C’est pas uniquement les intellectuels qui cultivent la démocratie dans un état, c’est le peuple dans sa pluralité et dans la gestation de sa maturité qui cultivent un état de droit et de démocratie. Vous avez un peu exagérer sur les qualités de la démocratie au Sénégal, ce qui fait la force des sénégalais c’est le « mélange » des ethnies à travers les mariages qui créent des liens solides de parenté, la culture du bon voisinage, les confréries religieuses ciment de notre unité mais aussi et surtout la culture du cousinage entre les différents groupes ethnies et entre les prénoms.
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