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Culture

Spectacle Le troisième du couple mise en scène du comédien Pape Faye : Un vin de vigueur artistique

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Spectacle Le troisième du couple mise en scène du comédien Pape Faye : Un vin de vigueur artistique

Une mise en scène inventive, audacieuse, esthétique, un décor à lui tout seul, une œuvre d’art, une musique savamment dosée, de jeunes comédiens assez ingénieux. C’est le résultat final de la représentation de la pièce Le troisième du couple. C’était avant-hier, au Grand Théâtre de Dakar.


«Dieynaba, Amsata n’est pas ton vrai père. C’est plutôt Lamine qui est ton père…». Ce sont les dernières paroles d’une mère qui agonise et qui, avant de rendre l’âme, se confesse à sa seule et unique fille afin de rétablir une vérité jusque-là cachée. Il sonnait exactement 21h 50 mn sur la scène du Grand Théâtre de Dakar.  Après 2 heures 05 mn, la pièce Le troisième du couple, mise en scène par le comédien Pape Faye, s’achève ainsi sur une note de tristesse. A la régie, une musique douce accompagne cette tragédie qui se vit en live. Pendant ce temps, les rideaux tombent sur les corps inertes des trois principaux acteurs : Amsata, Oulimata et Lamine. Avec leurs autres collègues comédiens, ils viennent de réussir la prouesse d’interpréter et de donner une nouvelle vie à l’œuvre de l’écrivain Seydi Sow, Grand Prix du chef de l’Etat pour les lettres. Six tableaux, entrecoupés de légers intermèdes, font cette pièce qui aborde plusieurs thématiques dont l’amour, le mariage, la force des cauris et le poids de la morale au sein de la société africaine…

Babacar Oualy, dans le rôle de Amsata, un jeune homme beau, garçon fortuné et à succès auprès des jeunes filles, ne peut malheureusement connaître la joie d’être géniteur. Pourtant, c’est le seul vœu de sa mère Alima (rôle joué par Ndéye Aïda Ndiaye). «J’ai vu planer la mort sur tes enfants…», avait déjà prédit une voyante. Ces prédictions des cauris qui annoncent dès l’entame de l’histoire un malheur au sein de la famille, n’entache en rien la détermination de cette mère à vouloir à tout prix voir son fils devenir père. Elle inventa alors un plan «diabolique», pour parvenir à ses fins aux yeux de la société. «Mère, ai-je le droit de décevoir une vierge épouse ?», s’indigne cependant le garçon, quelque peu désarçonné. Celui-ci, follement aimé par Oulimata (rôle joué par Salla Sow), se heurte également aux envies de sa jeune épouse qui désire un enfant. «C’est la procréation qui ennoblit l’amour. Je veux crier de plaisir sous le poids de ton corps… et chanter un jour la romance de notre amour à notre fils…», lui confie amoureuse sa «Ouli chérie.»  

Il fallait que Amsata franchisse dès lors le pas et dévoile son mal. Il finit par reconnaître que sa conception de l’amour est fausse et guidée par l’égoïsme. Puis, il se décide à suivre le plan de sa mère. «Le frère cadet finira la mission de l’aîné», crie-t-il, avant de se résoudre à mettre sa dulcinée dans le lit de son frère afin d’avoir une progéniture. Amsata use de stratagèmes mais surtout d’arguments persuasifs pour convaincre son jeune frère Lamine (rôle joué par Issa Laye Sembène) et Oulimata, à accepter «ce complot familial». «Je vous demande de vous unir de mon vivant… Je ne suis pas un homme… Je suis impuissant», finit-il par révéler. Le mal connu, il célèbre dans le secret l’union : «Je vous déclare mari et femme, sans prendre en considération la morale… Au nom de l’amour pour une mère et au nom de mon amour pour Oulimata…» Le pacte de la mort fut ainsi signé. Un accord secret qui finalement a engendré une vie : Dieynaba.


Amour pur… sauvage… mortel

Le troisième du couple est une pièce qui offre une vue de l’amour à l’état pur, sauvage et mortel. Sau­vage parce que Dieynaba, le fruit de l’union entre le beau frère et sa «belle sœur» fut le virus du mal. Dieynaba  a finalement monté son oncle Amsata qu’elle considère comme son vrai père contre Lamine son propre géniteur qu’elle considère comme un «oncle encombrant» que l’on doit expulser de la maison. Soucieuse surtout de la forte relation sentimentale qui naquit entre Oulimata (sa mère) et Lamine (son oncle), au détriment de son «papa chéri», elle suscita chez Amsata un sentiment de jalousie, en dénonçant Lamine, Le troisième du couple. Le frère aîné, jugeant alors l’heureuse vie de son épouse aux côtés de son frère comme une trahison, les tue tous deux, avant de se suicider. Cette pièce, mise en scène par le comédien Pape Faye, a toutes les caractéristiques d’un chef-d’œuvre. Tout y est : une belle production qui s’est donnée les moyens d’offrir un spectacle de qualité et un divertissement haut de gamme avec un décor grandiose. Les spectateurs ont surtout découvert de jeunes comédiens talentueux et charismatiques. Ils ont durant la séance, savouré une musique raffinée, distillée pour marquer chaque fin de tableau.

On retrouve de manière générale dans cette mise en scène de l’œuvre de l’écrivain Seydi Sow, tout ce qu’on aime du Théâtre. Car, Pape Faye qui a voulu à travers cette production rendre hommage à son «ami et frère», Souleymane Ndiaye (ancien membre du Zénith art, aujourd’hui malade et en chaise roulante), a réussi le prodige de ne pas ennuyer une seconde -le spectateur, pendant deux heures de spectacle. Il a aussi grâce à son génie, suscité par moment le rire, alors qu’il s’agit d’un drame familial. Le metteur en scène en a mis pleins les yeux à son public, pour surtout faire réfléchir sur l’Humain, sa cruauté, ses manigances. Mais, tout n’a pas été que succès. Outre la négligence notée dans les costumes, ou encore le jeu de certains acteurs qui manquent de finesse, il s’y ajoute que les dieux de la régie n’étaient pas tous au rendez-vous. Ce qui a fait qu’à certains moments de la représentation, le public avait du mal à entendre le speech des acteurs. Hormis ces impairs, on aurait pu écrire des pages et des pages sur un ton extrêmement laudatif, sur cette pièce qui s’est achevée par le standing ovation d’un public nombreux, parmi lequel, il y avait de grands noms du monde du quatrième art à l’instar du poète et metteur en scène Gérard Chenet, le dramaturge Alioune Badara Bèye, le comédien Ibrahima Mbaye «Sopé»….


liiiiiiiaffaire_de_malade

5 Commentaires

  1. Auteur

    Popo

    En Octobre, 2012 (19:34 PM)
    bel article! waouuh! ça done bien envie d'aller regarder la pièce
  2. Auteur

    Absall

    En Octobre, 2012 (11:13 AM)
    Good job Pape Faye, vous avez le droit et l'obligation de montrer la différence entre le VRAIT théâtre et les pseudo clowns-metteurs en scène qui polluent ce noble métier. Keeping gong bro.

    Sall, Abdoulaye USA :haha:  :haha:  :up:  :up: 
    Auteur

    Turando

    En Octobre, 2012 (13:28 PM)
    Je connais la valeur de cette homme pour avoir travaillé avec lui sur la mise en scène de choses pas faciles à simplifier. Il l'avait avec professionnalisme et prouesse. Le ministère de la culture devrait simplement lui dégager un fonds annuel pour la mise en scène des meilleurs publications des vaillants sénégalais. Pape est une ressource humaine à valoriser!



    Bon vent Turando!!!

    Suissement

    Auteur

    Moise Milan

    En Octobre, 2012 (18:53 PM)
    je suis du 7ieme art .je lane un appel a pape faye de nous lancer lla video sur le net merci





    merci
    Auteur

    Taty

    En Janvier, 2013 (12:38 PM)
      <img src="https://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">   :haha:  :dedet: 

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