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Diplomatie

EXPULSION DE SENEGALAIS PAR LA MAURITANIE : Premier dossier brûlant pour Me Alioune Badara Cissé

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EXPULSION DE SENEGALAIS PAR LA MAURITANIE : Premier dossier brûlant pour Me Alioune Badara Cissé

Me Alioune Badara Cissé, ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur du gouvernement du président Macky Sall, héritera,
dès sa prise de fonction, de son premier dossier chaud. A savoir, la question de l’expulsion de ressortissants sénégalais vivants en Mauritanie ne disposant pas de cartes de séjour. En effet, selon des informations relatées par nos confrères de la Rfm au cours du long week-end pascal, les autorités mauritaniennes ont refoulé plusieurs dizaines de Sénégalais et d’autres ressortissants de la sous-région pour défaut de titres administratifs de séjour au niveau de la frontière de Rosso Sénégal, dans le département de Dagana. Cette situation découle de l’entrée en vigueur d’une nouvelle disposition administrative prise par les autorités de Nouakchott qui exigent désormais des étrangers, toutes nationalités confondues, de se munir désormais d’une carte de séjour pour entrer et vivre sur le territoire Mauritanien.

La Mauritanie exige une carte de séjour délivrée contre 50 000 francs Cfa
Ce qu’a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, un de nos compatriotes rapatriés. «On nous exige une carte de séjour, alors que tout le monde n’est pas en mesure de régulariser ce problème. Parce qu’un responsable qui a une famille ne peut pas, en si peu temps, payer les frais d’obtention de ce document administratif pour tous les membres de sa famille. Nous sommes des Sénégalais établis en Mauritanie, depuis un certain nombre d’années, et nous voulons que les nouvelles autorités fraîchement installées à Dakar nous viennent en aide en réglant ce problème dans les plus brefs délais avec le gouvernement mauritanien. La somme qu’on nous demande s’élève à environ 50 000 francs Cfa et ce n’est pas évident de la réunir en si peu de temps», a-t-il confié. Mettant en garde le président Macky Sall et son gouvernement contre d’éventuelles représailles, les Sénégalais de Mauritanie les exhortent à agir au plus vite. «Si rien n’est fait pour résoudre le problème, il y aura forcément des conséquences. Leurs ressortissants sont ici au Sénégal et ils travaillent normalement sans être inquiétés. Nous aussi, nous voulons qu’on nous laisse travailler en paix en Mauritanie. Que les autorités nous aident avant que nous ne prenions notre destin en main», ajoute ce Sénégalais expulsé par Nouakchott.

Le Sénégal va-t-il négocier ou appliquer la réciprocité ?
Mais la question qu’il faut se poser est de savoir si le nouveau président de la République Macky Sall va imposer, à son homologue mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, la réciprocité en exigeant aussi des Mauritaniens au Sénégal une carte de séjour ? Où s’il va tout simplement demander une dérogation pour cette mesure administrative aux ressortissants sénégalais, compte tenu des liens entre les deux pays ? Quoi qu’il en soit, cette affaire de cartes de séjour constitue le premier test pour le tout nouveau chef de la diplomatie sénégalaise, M Alioune Badara Cissé. De sa capacité à bien gérer ce dossier dépend en partie le futur des relations entre le Sénégal et la Mauritanie, deux pays qui ont souvent eu des difficultés dans leur voisinage, ces dernières années à cause des licences de pêche et qui, par le passé, ont vécu une grave crise qui a failli déboucher sur un conflit armé. Il convient en effet de rappeler que le 9 avril 1989, soit il y a presque 23 ans jour pour jour, un incident frontalier causant la mort de deux Sénégalais au niveau du village frontalier de Diawara avait entraîné des violences entre populations des deux pays. Le conflit avait dégénéré et pris des allures de règlements de comptes avec une série d’affrontements meurtriers entre Mauritaniens et Sénégalais, au point que des milliers de négro mauritaniens avaient été déportés par Nouakchott vers le Sénégal. Les relations diplomatiques entre Dakar et Nouakchott avaient d’ailleurs étaient rompues, après cette crise, de 1989 à 1991.


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