Dans un entretien accordé au journal EnQuête, le journaliste sénégalais basé aux États-Unis, Baba Aïdara, analyse la portée du mini-sommet organisé par Donald Trump avec seulement cinq chefs d’État africains, dont Bassirou Diomaye Faye.
Selon lui, ce mini-sommet est «une manœuvre diplomatique ciblée, et non une initiative africaine globale ». Trump, explique-t-il, « sélectionne des pays jugés stratégiques pour leurs ressources, leur accès à l’Atlantique ou leur stabilité relative ». Il ne s’agirait donc pas « d’un dialogue avec l’Afrique dans son ensemble, mais d’une approche transactionnelle et utilitariste ».
L'interlocuteur du quotidien d'information souligne également que ce mini-sommet précède volontairement un sommet plus large prévu en septembre. Selon lui, Trump cherche à « fixer les termes du débat et à choisir ses alliés en amont », en réponse à « la montée en puissance de la Chine, de la Russie et de la Turquie sur le continent ». Il s’agirait ainsi « d’un coup d’avance stratégique ».
L’invitation adressée au Président Diomaye Faye, poursuit-il, est symbolique à double titre : elle « consacre le Sénégal comme partenaire historique des États-Unis », tout en reconnaissant « un nouveau leadership africain, légitime et populaire ». Mais cette reconnaissance constitue également « une mise à l’épreuve », car Washington voudrait « évaluer si la souveraineté défendue par Diomaye Faye est négociable ou résistante ».
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