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Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Diplomatie

YAYA JAMMEH : « Je vais vous aider et vous allez bientôt voir les résultats »

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YAYA JAMMEH : « Je vais vous aider et vous allez bientôt voir les résultats »

Le président Yaya Jammeh s’est engagé, hier, à apporter son soutien pour trouver des solutions au conflit casamançais. En contrepartie, il demande aux autorités sénégalaises de refuser que Dakar abrite des dissidents gambiens.
Le Sénégal pourrait compter sur la Gambie pour trouver une solution au conflit en Casamance. Le président Yaya Jammeh a promis, hier, au chef de l’Etat, Macky Sall, son soutien pour un retour définitif de la paix dans la partie sud du Sénégal. « Je vais vous aider et vous allez bientôt voir les résultats », a lancé M. Jammeh
Yaya Jammeh semble dire que la Casamance aurait pu retrouver la paix depuis longtemps. « On aurait pu dépasser le conflit de la Casamance, si Abdou Diouf était réélu en 2000. Avec le Mfdc, nous avions trouvé un accord. Les membres du mouvement étaient presque d’accord pour transformer leur organisation en parti politique et renoncer à la lutte armée. Le Mfdc avait demandé que le gouverneur de la Casamance soit élu par les populations de la Casamance et que celui-ci soit originaire de la région », a révélé M. Jammeh.
Le président gambien poursuit que l’Union européenne avait accepté de financer le déminage de la Casamance. Selon lui, un accord a été trouvé et un commissaire européen devait venir en Casamance. Malheureusement, s’est désolé M. Jammeh, « après sa victoire en 2000, le président Abdoulaye Wade a estimé que la Gambie ne devait pas s’immiscer dans les affaires internes du Sénégal ». « Il avait dit que le Sénégal est un grand pays. Il n’a pas besoin que de petits pays comme la Gambie et la Guinée-Bissau s’immiscent dans le conflit casamançais pour trouver une solution », a révélé Yaya Jammeh
Le chef de l’Etat gambien a souligné : « le président du Sénégal est parti, juste après son élection, en Guinée-Bissau. Le secrétaire général de l’Onu a exprimé son étonnement en me demandant pourquoi Abdoulaye Wade n’est pas venu en Gambie avant de se rendre en Guinée-Bissau. J’ai répondu qu’il va venir en Gambie. Je lui ai dit que je n’ai aucun problème avec le président Wade ». Et Yaya Jammeh de poursuivre : « quand, j’ai revu le président Wade, il m’a dit,  je voulais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour la Casamance, mais nous n’avons plus besoin de votre intervention personnelle ».  Yaya Jammeh révèle avoir conseillé au président de ne pas entreprendre d’autres négociations, parce que des accords ont été déjà signés. « Il faut essayer de chercher les voies et moyens à utiliser pour appliquer les accords », a expliqué M. Jammeh.

Une commission pour prendre langue avec les rebelles
Le président Yaya a dit avoir été saisi, une semaine après son tête-à-tête avec Abdoulaye Wade, par l’abbé Diamacoune, qui lui aurait dit que depuis l’arrivée du président Wade, il a essayé de le contacter pour l’application des accords, mais il n’a pas répondu. Le président Jammeh révèle avoir dépêché son ministre des Affaires étrangères auprès du président Wade, mais cela n’a pas permis de faire avancer le dossier.
« Cinq mois après, le Mfdc a dépêché un envoyé spécial auprès de moi. Je leur ai répondu que le président Wade estime que je n’ai plus aucun rôle à jouer dans le processus de paix en Casamance.  J’ai demandé au Mfdc de saisir directement le président  Wade.
Diamacoune m’a rétorqué qu’il n’enverra pas une quatrième lettre », explique le président gambien.
Selon M. Jammeh, c’est dans cet environnement que les hostilités ont repris dans le sud du Sénégal, suscitant une réaction du secrétaire général de l’Onu. « Kofi Annan m’a demandé d’intervenir. Olusegun Obasanjo m’a également suggéré d’agir. J’ai dit que je ne peux plus rien faire. Obasanjo a insisté en me demandant d’intervenir au nom de la Cedeao. J’ai souligné qu’il m’est impossible de faire quoi que ce soit », révèle Yaya Jammeh. Le président gambien a ajouté : «  Wade est allé dire à Obasanjo que son problème en Casamance, c’est Yaya Jammeh. Il m’a accusé d’être le bailleur des rebelles.  Le patron de l’exécutif gambien révèle avoir juré sur le saint coran devant le chef de l’Etat nigérian qu’il n’a jamais accueilli les rebelles.
Yaya Jammeh a indiqué que l’ancien président sénégalais est revenu vers lui pour demander d’intervenir dans le conflit, quand il y a eu une recrudescence de la violence. Mais il dit avoir dit à l’ex-chef de l’Etat qu’il ne peut pas intervenir, parce que le Sénégal abrite des dissidents gambiens. «  Nous avons donné aux autorités sénégalaises des indications claires sur les lieux où se trouvent les dissidents. Nous avons fourni leurs numéros de téléphone, mais rien n’a été fait. Le président Wade a dit qu’il est un démocrate et qu’il ne peut pas extrader des citoyens gambiens », s’est désolé Yaya Jammeh.  Le président gambien a précisé : «  il ne s’agissait pour moi de demander l’extradition des dissidents. Nous voulions juste que le Sénégal les expulse de son territoire. Nous voulions qu’il expulse Ndur Thiam (un dissident gambien qui aurait tenté un coup d’Etat contre le régime gambien) ».
En échange de son soutien, le président gambien a demandé au Sénégal de refuser d’abriter des dissidents gambiens. « La Gambie ne va servir de base arrière à des rebelles qui combattent contre le Sénégal. Le Sénégal ne doit pas, à son tour, abriter des dissidents gambiens », a lancé Yaya qui propose une  commission restreinte composée de personnalités des deux pays pour prendre langue avec les rebelles.
 

  L’appel d’offres du pont sur la Gambie bientôt lancé
Le président gambien, Yaya Jammeh, a déclaré, hier, que le financement du pont de la transgambienne a été déjà trouvé. Selon lui, la construction de cette infrastructure de désenclavement pourrait bientôt commencer. «  Nous devions faire les appels d’offres, il y a trois mois de cela, mais nous n’avons pas pu faire cela à cause des élections », a fait remarquer M. Jammeh qui a rappelé que le Sénégal et la Gambie sont deux pays avec un seul peuple. «  Nous avons le devoir de renforcer nos relations », a dit M. Jammeh qui recevait, hier, son homologue sénégalais, Macky Sall.
Le chef de l’Etat, Macky Sall, a pour sa part souligné que si le pont doit être réalisé, il le sera sur le territoire gambien. «  Ce sera un pont gambien. Le Sénégal a un problème de continuité de son territoire entre le nord et le sud. Et nous avons besoin d'une continuité territoriale qui passe par la Gambie, puisque c'est la ligne droite. On avait d'autres possibilités, passer par Tambacounda, mais ce trajet coûte cher et il n'est pas une ligne droite», a dit M. Sall. Comme nous sommes des panafricains, je connais votre engagement pour l'unité africaine. Il y a une confiance réciproque. Je souhaite que l'amitié entre nos peuples puisse permettre de poser la première pierre du pont sur le fleuve Gambie », a déclaré M. Sall
Le président Sall a souhaité voir les deux Etats raffermir leurs liens, tant en ce qui concerne la circulation des personnes et des biens, mais aussi les autres secteurs. « Il y aura un renouveau dans nos relations », a lancé Macky Sall qui promet d'être sincère avec son homologue et de le consulter pour les grandes questions liées au continent africain.


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