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ALUMINIUM - Difficultés d’approvisionnement : Les Indiens concurrencent les petits fondeurs

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ALUMINIUM - Difficultés d’approvisionnement : Les Indiens concurrencent les petits fondeurs

Du projet pilote sur la filière de récupération et de transformation de l’aluminium initié par l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), les artisans-fondeurs nourrissent beaucoup d’espoirs pour améliorer leurs conditions de travail et produire en qualité. Pour le moment, ils peuvent se contenter d’un hangar entièrement équipé et estimé à 300 000 euros. Lequel sera financé par des partenaires qui ont déjà marqué leur intérêt.

Si les choses ne changent pas, le pays risque de connaître, à plus ou moins long terme, une pénurie de casseroles, marmites et autres ustensiles de cuisine en aluminium. En effet, il semble que, depuis quelque temps, les artisans-fondeurs se plaignent des difficultés de plus en plus grandissantes qu’ils ont à se fournir en matières premières pour la production de leurs ustensiles. Selon M. Youssoupha Thiombane, le responsable de la Fédération des artisants-fondeurs et forgerons du Sénégal, des opérateurs indiens viennent s’approvisionner au Sénégal, auprès des mêmes fournisseurs.

Il a indiqué, au cours de la réunion d’évaluation de la filière aluminium, organisée sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), que «les Indiens ont investi de gros capitaux dans ce secteur et de ce fait, les petits fondeurs ne peuvent plus avoir accès aux quantités d’aluminium». Toutefois, M. Thiombane reconnaît la logique commerciale qui anime les fournisseurs, tout en exhortant les pouvoirs publics à les soutenir : «Un petit fondeur qui s’approvisionne à 10 000 francs Cfa ne peut pas tenir la concurrence avec quelqu’un qui a des millions. Et les fournisseurs cherchent à vendre au plus offrant. C’est pourquoi maintenant, on a des problèmes pour nous approvisionner. C’est au gouvernement de nous donner les moyens de les concurrencer en nous procurant des stocks suffisants pour notre approvisionnement.»

Les artisans-fondeurs s’approvisionnent souvent auprès de fournisseurs qui leur livrent du matériel de récupération, composé de ferraille fait d’alliage et dont la teneur en aluminium est plus ou moins importante, ainsi que des canettes de boissons usagées. Il faut croire que l’intérêt des opérateurs de l’Inde s’est accrû du fait de la forte demande de ce pays, et de la Chine en matières premières, qui se constate par un important renchérissement du prix des matières premières sur le marché international.

Sur cette question de concurrence, Matar Diakhaté, directeur de l’Artisanat, juge que l’intention de ces professionnels de l’aluminium de s’organiser en Gie est pertinente et est une nécessité. Pour M. Diakhaté, «la solution à cette invasion étrangère se trouve dans l’organisation». A retenir aussi, selon le directeur de l’Artisanat, qu’un plan d’action a été élaboré à cet effet, et qui propose, l’opérationalité de l’unité-pilote du Cfa, car il «faut que les Gie puissent démarrer en terme d’approvisionnement de matières premières».

Il faut dire que les artisans-fondeurs du Sénégal attendent beaucoup du projet-pilote sur la filière de récupération et de transformation de l’aluminium initié par l’Oif. Déjà, la structure qui est prévue au Centre de formation des artisans, installé dans l’enceinte du Lycée Maurice Delafosse est un bon pas pour eux. Selon Mme Adjara Diouf de l’Oif, il s’agit «d’un hangar équipé de matériels nécessaires et estimé à 300 000 euros» et dont le financement sera assuré par des partenaires et d’autres structures de financement qui se sont déjà manifestés au cours de la réunion d’évaluation du projet-pilote, autorisant les artisans à nourrir «beaucoup d’espoirs».

Ils rêvent d’appui portant sur la formation et l’encadrement, en vue d’acquérir des financements pour moderniser leurs activités et diversifier, en qualité, leurs productions, et faire autre chose que des ustensiles de cuisine. Sans compter «la reconnaissance de leurs activités et la valorisation de leur profession». C’est la manière, pour ces artisans, d’apporter leur valeur ajoutée à l’économie. «Nous attendons beaucoup de ce projet-pilote afin de relever l’importance de l’artisanat dans l’économie du pays. Nous restons persuadés qu’avec l’appui souhaité, notre apport sera plus grand», clame M. Thiombane.

Ces artisans de la filière de l’aluminium récupéré sont confrontés à de nombreuses difficultés. Lesquelles difficultés portent sur la formation, l’acquisition de matériels plus performants, «même si la fonderie ne nécessite pas un matériel lourd», les problèmes d’emplacement.

M. Thiombane déclare que «les sites qui accueillent les fondeurs sont très petits, ce qui nous porte préjudice. Certes, l’Etat nous a promis un terrain à Diamniadio. C’est un espace viabilisé de 35 hectares pouvant accueillir 500 artisans».

Toutefois, Adjara Diouf rappelle que ce projet a été conçu sur plusieurs phases allant de la récupération jusqu’à la commercialisation des produits finis. L’objectif de cette réunion d’évaluation étant, selon Mme Diouf, de «faire le point sur le projet-pilote» pour l’étendre dans tous les pays de l’Uemoa.  


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