Le chômage des jeunes diplômés reste l’un des défis majeurs du Sénégal et de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Face à un marché du travail souvent saturé et peu générateur d’emplois formels, cette frange de la population déploie des stratégies variées pour contourner l’obstacle. Auto-emploi, création de start-up ou migration interne sont autant de réponses qui illustrent leur capacité d’adaptation mais aussi les limites persistantes de l’économie nationale à absorber cette jeunesse qualifiée.
L’auto-emploi est l’une des premières voies empruntées par ces jeunes. Nombre d’entre eux se lancent dans des activités informelles ou semi-formelles, souvent dans le commerce, les services ou les métiers du numérique. Selon une étude récente de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPEJ, 2024), près de 35 % des jeunes diplômés actifs ont opté pour l’auto-emploi comme premier recours, témoignant d’un fort désir d’indépendance économique. Parallèlement, la création de start-up connaît un essor notable, notamment dans les secteurs des technologies de l’information, de l’agriculture innovante et des énergies renouvelables. Des incubateurs et programmes d’accompagnement, comme Jokkolabs à Dakar ou CTIC Dakar, offrent un cadre favorable à ces jeunes entrepreneurs.
En complément, la migration interne vers les grandes agglomérations, en particulier Dakar, reste une stratégie privilégiée. Cette migration économique vise à profiter des opportunités concentrées dans la capitale, même si elle expose souvent ces jeunes à une précarité accrue et à une compétition intense. Ce phénomène alimente aussi une forme de déséquilibre territorial, où les régions rurales ou secondaires voient leur capital humain s’appauvrir, renforçant une dynamique de dépendance à l’égard du centre urbain.
Ces stratégies témoignent d’une volonté indéniable de surmonter les barrières du chômage, mais elles révèlent aussi les limites des politiques publiques actuelles en matière d’emploi et de développement économique inclusif. Les jeunes diplômés restent à la fois acteurs et victimes d’un système qui peine à leur offrir des débouchés à la hauteur de leurs qualifications.
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