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Economie

L’AVIS DE L’ECONOMISTE MOUBARACK LO : L'enfer pour les ménages et une bonne nouvelle pour l'économie

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L’AVIS DE L’ECONOMISTE MOUBARACK LO : L'enfer pour les ménages et une bonne nouvelle pour l'économie

La succession rapprochée de la Korité, de l’ouverture des classes et de la Tabaski, en raison des dépenses importantes que ces événements engendrent, ne fait que du bien à l’économie nationale. Par contre pour les ménages, c’est une mauvaise nouvelle, du fait des répercussions qu’elle aura sur leurs bourses, et leurs conditions de vie.
Les dépenses faramineuses auxquelles les ménages ont consenties, avec l’enchaînement de la Korité, l’ouverture des classes et la Tabaski, catalyse l’économie qui ne s’en porte que mieux. «Dans l'économie normalement sur le court terme si les ménages dépensent plus, cela contribue à relancer une économie. Donc, les consommations des ménages entre septembre et novembre, dans les paramètres de la conjoncture surtout qu'il y a l'ouverture des classes aussi, normalement on a dû constater une augmentation de la consommation des ménages. Donc, du point de vue strictement économique, l'enchaînement des fêtes et de l'ouverture est une bonne nouvelle pour l'économie», a diagnostiqué l’économiste Moubarack Lô.

La prolongation des fêtes par les travailleurs, peut créer des problèmes de productivité

Seul revers de la médaille, la non reprise du travail, par la main d’œuvre au lendemain de la Tabaski, qui risque de créer des problèmes de productivité. «Cela fait un petit effet sur la productivité au mois de novembre. On verra que globalement, l'économie a perdu quelque peu en termes de productivité». Mais rassure-t-il, «il y a possibilité de rattrapage».

En ce qui concerne le prolongement des fêtes, devenu une habitude au Sénégal où les travailleurs trouvent toujours le moyen de ne pas aller au bureau la veille, le jour et le lendemain de l'événement, M. Lô reconnaît ses effets pervers sur l’économie. Ce qui est plus lié à notre rapport au travail qu'au nombre de fêtes. Parce que précise-t-il : «des pays comme la Corée ont beaucoup de fêtes, et plus que nous d’ailleurs». Mais là où les Coréens «nous battent, c’est dans la durée du travail», martèle-t-il. En à croire M. Lô, «ils travaillent plus que nous dans l’année parce qu’ils ont des journées plus longues, il y a moins de grèves et ils sont plus productifs». Et c’est pourquoi relève-t-il : «les Coréens font partie des champions mondiaux du travail mais avec beaucoup de fêtes».

«le problème ce n’est pas d’avoir des fêtes, mais de trouver l’équilibre et de garder l’efficacité dans le travail»

Et cela prouve, selon lui que : «le problème ce n’est pas d’avoir des fêtes, mais de trouver l’équilibre et de garder l’efficacité dans le travail». Et l’essentiel, selon lui, c’est «de garder cet équilibre entre le travail, repos et spiritualité». C’est pourquoi montre-t-il que, «certaines entreprises notamment celles qui bénéficient d'une demande accélérée avant les fêtes notamment les entreprises qui font des produits demandés pendant les fêtes, les cahiers, les tissus, les produits alimentaires, tous les produits qui sont consommés pendant les fêtes, ces entreprises, on peut penser que leurs travailleurs travaillent plus que d'habitude avant les fêtes».

Une menace sur le développement social

Si la succession des fêtes ajoutée à l’ouverture des classes, ne fait que du bien à l’économie, les ménages elles, et leurs bourses la ressentent mal. En raison des dépenses lourdes que ce trio d’événements engendre, cela peut même avoir des répercussions sur les conditions de vie des ménages. «Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour le développement social, en termes de condition de vie des ménages, notamment en termes de disponibilité d'épargne, et également de disponibilité de fonds. Parce que ce qui s'est passé, c’est ce qu'on appelle des dépenses exceptionnelles qui interviennent sur une très courte période. Maintenant il faut qu’ils gèrent tout le mois», indique-t-il.
Les techniques de survie des ménages

Et les ménages usent de deux mécanismes pour faire face à ces difficultés : «soit prévoir ces dépenses et épargner, soit faire des prêts ou bien tout simplement réduire des dépenses extérieures et concentrer les dépenses sur ces événements exceptionnels». Et pour l’après Tabaski, après que les ménages ont épuisé toutes leurs ressources après ce trio d’événements coûteux, «ça va être très difficile», prévient M Lô. Mais, «il y a des stratégies de survie qui ont été déployées dans le passé, que les pères de familles n’hésiteront pas à réutiliser», car «beaucoup de pères de familles ont déjà connu cette expérience». Aussi, «Il y a le fait que ce qui est dépensé le jour de fête n’est pas consommé intégralement le jour de la fête. C’est une dépense qui peut être consommé sur plusieurs jours. Donc cela atténue l’effet négatif sur le pouvoir d’achat après fêtes», indique t-il.




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