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PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL : Le calendrier électoral source de craintes

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PERSPECTIVES ECONOMIQUES DU SENEGAL : Le calendrier électoral source de craintes

Bien que bonnes, les projections économiques du Sénégal, tout comme celles de l’Afrique subsaharienne en général, pourraient souffrir des échéances électorales.

L’agenda politique est source d’inquiétudes pour les perspectives économiques en Afrique subsaharienne, en général, au Sénégal en particulier. Ces craintes ont été exprimées hier à Dakar, lors de la présentation du rapport sur les «Perspectives économiques régionales» produit par le Fonds monétaire international (Fmi). L’étude de l’institution de Breton Woods, intitulée «Afrique subsaharienne : résilience et risques», projette une croissance dans la région de l’ordre de 5% en 2010 et 5,5 en 2011. Pour le Sénégal, l’analyse table sur une hausse du Produit intérieur brut réel à 4% pour cette année et à 4,4% en 2011, contre une moyenne de 2,7 % en 2008 et 2009.

Mais la période préélectorale dans laquelle s’est d’ores et déjà lancée le pouvoir sénégalais pourrait perturber la reprise économique, ont prévenu à tour de rôle le directeur adjoint au département Afrique du Fmi, Mark Plant et le vice-gouverneur de la Bceao, Jean-Baptiste Compaoré. «En 2009, par exemple, l’instabilité politique a été à l’origine de perturbations de la production dans quatre des huit pays où la production s’est contractée», note le rapport du Fmi. Le document ajoute que «l’année 2011 pourrait être particulièrement difficile puisque des élections nationales pourraient avoir lieu dans non moins de dix-sept pays de la région». Les analystes de l’institution monétaire internationale insistent sur le fait que «même si rien ne permet d’affirmer avec certitude que les facteurs politiques influent systématiquement sur les cycles économiques de l’Afrique subsaharienne, ce calendrier politique chargé pourrait retarder certaines réformes nécessaires».

Le cas du Sénégal prête d’autant à des soucis que le pays n’a pas assez de marge de manœuvre dans sa politique budgétaire à la limite de la tension. Si les projections tablant sur une reprise économique sont «réalistes» d’après la représentante au Sénégal du Fmi, Valeria Fichera, elle n’en relève pas moins qu’elles sont «en-deçà de la moyenne de l’Uemoa». Mme Fichera tempère cependant les interrogations sur l’impact politique réitérées par le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), Mansour Kama. D’après elle, le fait pour le gouvernement (sénégalais) de s’engager dans des discussions pour un nouveau programme de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe) avec le Fmi  donne «une certaine dose de confiance», assurant qu’il y aura un monitoring (suivi) pour le respect des engagements.

Revoir la politique budgétaire

En fait, les élections nationales font partie d’un ensemble d’incertitudes qui pourraient être préjudiciables à la relance économique forte en Afrique subsaharienne. Le rapport cite, entre autres, l’éventualité d’une croissance mondiale inférieure à 4% alors que les prévisions sont de 4,8 % en 2010 et 4,2 % en 2011 (contre -0,6 % en 2009). Dans ce scénario pessimiste, «les chances deviendraient très minces que la croissance continue de s’accélérer pour atteindre 5,5 % en Afrique subsaharienne». En outre, la croissance de cette région sera «largement tributaire» du maintien des flux de financement (de source publique et privée). Les pays très dépendants de l’aide publique au développement (Apd) ne devraient pas trop compter sur celle-ci, dans la mesure où les donateurs, notamment européens, s’emploient à restaurer leurs économies en instaurant des plans d’austérité. Autant de risques qui invitent à la prudence.

Ainsi, le Fmi suggère aux pays de l’Afrique subsaharienne «une réorientation de la politique budgétaire». L’institution monétaire souligne qu’«étant donné que la croissance est presque revenue à son niveau potentiel dans la plupart des pays de la région, le creusement des déficits budgétaires ne peut plus être justifié par la nécessité de soutenir la production».



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