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Economie

Sénégal : la mauvaise graine des huileries

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Sénégal : la mauvaise graine des huileries

Appelé à la rescousse par les opérateurs de la filière arachidière pour recouvrer leurs créances estimées à plus de 22 milliards FCFA, le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, joue contre la montre. Pourra-t-il le faire encore longtemps ?

Les opérateurs de la filière arachidière ne savent plus à quel saint se vouer. Appelé à la rescousse pour permettre de recouvrer leurs créances estimées à 22 milliards FCFA, le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, joue la montre. A défaut d’être facile, l’équation est simple. La compagnie Sunéor, tombée dans le giron de l’industriel Advens, devra apurer une grande partie de cette dette.

Des impayés sont venus s’ajouter à d’autres pour porter le total dû à 25 milliards FCFA contractés auprès des banques par les huiliers.

Au terme d’une récente rencontre tripartite entre l’Etat, le pool bancaire et les huiliers, il a été convenu qu’une enveloppe de 15 milliards FCFA sera débloquée. Le pool bancaire devait mobiliser un montant de 7 milliards vers le 7 mars, au profit des entreprises huilières. Huit autres milliards de FCFA devaient suivre pour apurer une grande partie de la dette sous forme de crédit syndiqué, informe une source bancaire.

L’enveloppe de 15 milliards devrait être mobilisée depuis le 13 mars pour sauver une filière tombée en syncope depuis la privatisation de la SONACOS (Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal).

Aujourd’hui, l’arachide est désarticulée par un système de commercialisation pris en otage par des réseaux affairistes. S’y ajoute la non-rentabilité chronique de l’entreprise Suneor, qui n’est pas encore tombée sur la bonne graine, en dépit des intentions affichées par le nouveau repreneur.

Quant à l’Etat sénégalais, il a été mis à contribution à plusieurs reprises pour trancher dans le contentieux financier qui oppose les acteurs de la filière. La campagne 2010 a été la graine de trop, estime-t-on dans les milieux des opérateurs. Des impayés sont venus s’ajouter à d’autres pour porter le total dû à 25 milliards FCFA contractés auprès des banques par les huiliers : Sunero, Novasen, ainsi que le complexe agro-alimentaire Touba. La plus grande part des créances revient à la Suneor (filiale du groupe Advens).

Le Premier ministre Ndéné Ndiaye multiplie les convocations d’urgence entre les huiliers, les producteurs et le pool bancaire, dont le chef de file est la Caisse nationale Agricole, partenaire stratégique du financement de la campagne.

 

Des industriels surprotégés face aux paysans démunis

 

Le Sénégal a produit cette année 800 000 tonnes d’arachides. Les quantités qui arrivent en même temps sur le marché sont destinées à la trituration ou à la consommation. Les prix ont chuté à 125 FCFA le kilo, conséquence d’une offre abondante et de l’absence d’une politique de commercialisation efficace. Les paysans qui livrent aux producteurs d’huile attendent plusieurs mois avant de recouvrer leur dû. Interpellé en marge de la récente foire de Dakar, le ministre de l’Agriculture lie le problème de commercialisation à l’abondance de la récolte. Il faut environ 100 milliards de FCFA pour acheter la moitié de la récolte. Les huiliers qui acquièrent les quantités voulues en échange de simples bons (promesses de payer), bénéficient non seulement d’une avance de trésorerie conséquente sans contrainte de délais mais aussi, en aval, peuvent mobiliser le réseau bancaire pour appurer leurs dettes. En amont, ce sont les paysans, créanciers généreux à travers les opérateurs transporteurs, qui trinquent, obligés d’attendre patiemment leurs dûs et de supporter les coûts de gestion de leurs stocks. Et, en aval, ce sont les banques qui prennent le risque, en soutenant une industrie apparemment non rentable. Dans l’entre deux, les industriels, bénéficiaires d’une double protection, doivent certainement repenser leur modèle. Les énormes quantités amassées auprès des opérateurs et des paysans sont triturées et vendues sur le marché international. Derrière ces questions, c’est la privatisation de la Suneor (hyper-protégée par l’Etat) qui est pointée du doigt, ainsi que le système carreau-usine, survivance du colonialisme et qui permettait à l’usine coloniale de bénéficier de crédit-fournisseur, produire puis reverser au paysan. 

 

Le cas de la Suneor

 

Pointée du doigt dans le calvaire des paysans, la Suneor indique avoir acheté 180 000 tonnes d’arachides pour une valeur de 34 milliards de FCFA. Seuls 24 milliards sont payés ou devaient l’être, suspendus à un crédit de 12 milliards de la Banque Atlantique. Le reste, soit 10 milliards FCFA, devrait être apuré à la fin mars. Le retard de la mise en place du pool bancaire par rapport à la récolte expliquerait les retards de paiement. En attendant, la Suneor, qui ramait pour faire interdire l’huile de palme provenant de Côte d’Ivoire, a commencé à importer cette denrée. La question de normes ne se poserait-elle plus ?



3 Commentaires

  1. Auteur

    Free Live

    En Avril, 2011 (04:40 AM)
    NAGNIOU KO DIKH MERE YI GNIOU SAFAL GNIOUKO GNIOU YEYE
  2. Auteur

    Alphaone

    En Avril, 2011 (05:48 AM)
    C'est ça la libéralisation à outrance!

    Ce sont les petits qui payent!
    Auteur

    Yahman

    En Avril, 2011 (09:01 AM)
    CACAHUÈTE YAYE SOUNIOU PÉTROLE MARRON WALAHI

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