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Insertion professionnelle : Les difficiles conditions des étudiants africains des grandes écoles françaises

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Insertion professionnelle : Les difficiles conditions des étudiants africains des grandes écoles françaises

« Rentrer au pays ou travailler en France » est un choix cornélien. Mais il y a un préalable à la question shakespearienne que se posent les étudiants africains diplômés des grandes écoles. Les « cerveaux » africains doivent passer avec succès le changement de statut et rembourser les prêts bancaires pour le financement des études dans les grandes écoles en France.


La majorité des grandes écoles françaises truste le haut du classement de Shanghai qui répertorie les meilleures instituts et universités du monde. La formation est souvent de qualité et débouche généralement sur un emploi assuré et une rémunération conséquente, malgré un taux de chômage encore élevé dans les pays occidentaux. Les grandes écoles françaises attirent de plus en plus de jeunes étudiants africains. Pour nombre d’entre eux, la perspective de trouver un travail est un aspect important dans le choix de se former dans ces grandes écoles. D’abord, diplômé de la « Nigerian law school », Opeyemi Bello, 31 ans, est avocat dans son pays de 2009 à 2012. Désireux de donner un autre souffle à sa carrière, il quitte les bancs des tribunaux pour ceux de Sciences Po Paris.


Difficultés de changer de statut

« C’est une grande école avec une réputation d’excellence pour ses programmes de formation dans le domaine des affaires publiques et internationales. Ce sont des formations très prisées sur le marché international de l’emploi », plaide-t-il. Avec la conjoncture mondiale actuelle, les jeunes diplômés africains des universités et instituts, moins prestigieux, n’échappent pas au chômage. Ainsi, de plus en plus d’étudiants africains sont attirés par les grandes écoles françaises. C’est ce que montre la dernière étude de la Conférence des grandes écoles (présentée en mars 2014 et publiée tous les deux ans) : l’Afrique subsaharienne y a le plus fort taux de croissance (42 % contre 22 % pour le Maghreb en 2011-2012). La tendance a un écho favorable auprès des autorités sénégalaises qui ont signé, en 2014, un accord avec le prestigieux lycée Louis-le-Grand de Paris sur un quota de jeunes bacheliers à accueillir.

Cependant, certains étudiants n’ont pas attendu la formalisation de l’accord entre le Sénégal et Louis-le-Grand pour le choix de leur formation. Arrivé en France en 2006, juste après un Bac obtenu à l’école Notre-Dame-de-Dakar avec la mention « Très Bien », Nicolas Simel Ndiaye, 26 ans, entre en classe préparatoire au lycée d’excellence Louis-le-Grand de Paris (2006-2007). Puis, c’est autour de Sciences Po Paris avec un premier cycle porté sur le Moyen-Orient et le Maghreb. « Dans ce cadre, j’ai passé une année de stage au Maroc, en 2009-2010, avant de revenir à Sciences Po de 2007 à 2010 », précise le jeune homme qui est également diplômé d’Hec. C’est l’école qu’a choisie Franck Mouofo, Camerounais de 25 ans. Après un Bac scientifique, il opte, dans un premier temps, pour l’Université catholique d’Afrique centrale où il obtient une Licence de comptabilité finance. Une étape qui lui permet d’atteindre son but avec l’admission directe pour un Master à Hec. Après quatre ans (une année de Master, puis une année de stage, deuxième année de Master, puis une année (optionnelle) de service civique), Franck Mouofo est diplômé de la prestigieuse école des Hautes études commerciales (Hec) de Paris. C’était en 2012. Autant pour le Sénégalais que pour le Camerounais, le chemin qui mène à la vie professionnelle est sinieux. L’obstacle majeur prend la forme du changement de statut d’étudiant à salarié. Il est conditionné pour l’obtention d’un contrat à durée indéterminée (Cdi) avec un minimum de salaire portant sur près de 1500 euros (un million de FCfa).


Endettés par les études

Pour Nicolas Simel Ndiaye, le Sénégalais double diplômé de Hec et de Sciences Po, après avoir signé un Cdi en novembre 2013, il a dû « attendre février 2014 pour que la préfecture l’autorise à travailler en tant que salarié en France ». Pendant que son dossier était traité (minimum de quatre mois généralement), le jeune homme a vu son Cdi transformé en stage avec une perte d’un tiers du salaire. En revanche, le changement de statut de Franck Mouofo a été difficilement salutaire. « C’est grâce aux conditions drastiques de la préfecture que mon entreprise a dû se résoudre à me faire signer un Cdi à temps plein », confie avec le sourire le Camerounais. Auparavant, ses promesses d’embauche de Cdd de six mois, puis d’un an et même un temps partiel en Cdi ont été refusées par l’administration française. Pour ces « cerveaux » africains, même après ce passage symbolique, ils comptent rentrer en Afrique pour participer au développement du continent. En poste dans un cabinet de conseil en management à Paris, Nicolas Simel Ndiaye envisage de retourner travailler « au Sénégal ou au Maroc dans cinq ans ». Pour le moment, Nicolas pense que débuter sa carrière professionnelle en France était « un choix de continuité naturelle » après ses études. Les délais pour un retour en Afrique sont les mêmes pour Franck Mouofo. En revanche, pour Opeyemi Bello, le choix a été tout autre. Il n’a pas été confronté au changement de statut en préférant « augmenter (son) expertise en droit en partant à la « Harvard law school » aux Etats-Unis.


Séduire les « cerveaux »

Dans ces projets à court, voire à moyen terme, le remboursement du financement des études, très cher, est un aspect important. Par exemple, il faut près de 37.000 euros de frais de scolarité jusqu’au diplôme à l’Essec (grande école commerciale). « J’ai choisi de commencer ma carrière en France pour amasser un petit trésor de guerre afin de rembourser le prêt accordé par une banque pour le financement de mes études », renseigne Franck Mouofo.

La logique reste la même pour Nicolas Ndiaye. C’est en connaissance de cause que Christian Koffi, jeune Ivoirien de 22 ans en formation à l’Ecole centrale de Lyon, a fait le choix de « privilégier un emploi en France sauf énorme proposition en Côte d’Ivoire ». Conscients que la fuite de ces « cerveaux africains » ne participe pas concrétiser les taux de croissance en réalités économiques, certains Etats commencent (seulement) à élaborer une politique pour « récupérer » leurs étudiants diplômés des grandes écoles. C’est le cas du Sénégal. Avec sa réforme de l’enseignement supérieur, l’Etat a mis en place des bourses d’excellence pour les étudiants sénégalais des grandes écoles. « La bourse a été relevée sensiblement de 373,5 à 650 euros », renseigne Moise Sarr, chef du Service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger à Paris. Il y a aussi des frais pour la préparation des concours (750 euros) en deuxième année de classe préparatoire ».

A cela s’ajoute la bourse de mobilité (possibilité de faire un stage de quatre, six ou dix mois) qui est faite pour encourager les étudiants à rentrer au Sénégal et à se positionner sur le marché professionnel. « Les moyens mis à leur disposition s’accompagnent d’un engagement de retourner travailler au Sénégal », poursuit Moise Sarr. D’ailleurs, le Sénégal est en train de finaliser « le projet d’une base de données des profils de ses étudiants d’excellence pour mieux les attirer à la fin de leurs cursus ». Il faut dire que, jusqu’à présent, c’est Campus France qui fournit les données et statistiques des étudiants sénégalais à l’étranger.


Par Moussa DIOP, correspondant du journal le Soleil à Paris


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3 Commentaires

  1. Auteur

    Back

    En Mars, 2015 (11:25 AM)
    Moi je viens juste de rentrer au bercail. Et je travaille en tant que Dir. Commercial
  2. Auteur

    Univ

    En Mars, 2015 (15:48 PM)
    certains université ont le même niveau que les grandes écoles . A paris 6 un étudiant en M2 chimie fait les même cours et le même examen qu'un étudiant de paris tech, ENS CHIMIE et ESPCI et je vous assure on a le même niveau. Peut être paris 6 est une exception car c'est l'un des université les plus sélectives en France (les moyennes semestrielle dépassent rarement 13/20 )
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    Auteur

    Deug

    En Mars, 2015 (07:04 AM)
    En tout cas rares sont ceux qui reussissent aux grands concours au senegal.... Donc moins valables que ceux qui ont etudie au pays....
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