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Education

Mamadou Lamine Dianté : "Les enseignants ne sont pas outillés pour confectionner des sujets inédits"

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Mamadou Lamine Dianté, syndicaliste

Depuis quelques années, les examens et concours au Sénégal sont émaillés de polémique. Pour le syndicaliste Mamadou Lamine Dianté, les enseignants ne sont pas capables de proposer des sujets par eux-mêmes. Ils sont obligés de s’appuyer sur les manuels ou Internet.

Le ministère de l’Éducation nationale et l’Office du bac se renvoient la balle au sujet de l’erreur sur l’épreuve de maths du concours général. À qui la faute ?

L’histoire du concours général est une commande du ministère de l’Éducation nationale via l’inspection générale de l’éducation et de la formation. Hors, cette structure qui est logée au sein du ministère de l’Éducation nationale n’a pas les moyens de confectionner les sujets, encore moins d’administrer le concours général. Donc, cette inspection-là est obligée de se rabattre sur l’Office du bac qui est outillé en la matière. C’est dans les locaux de l’Office du bac effectivement que l’inspection de l’éducation et de la formation travaille dans le cadre d’une commission avec les enseignants «craie en main» pour confectionner les sujets. Et maintenant, la partie logistique est gérée par l’Office du bac.

Donc le problème se situe au niveau de l’Office du bac.

Aujourd’hui, il y a une réalité qui est là que personne ne peut ignorer. C’est que les enseignants du Sénégal ne sont pas outillés pour confectionner des sujets inédits. Ils sont obligées de se rabattre sur des anales ou sur internet pour trouver des sujets qui, quelques fois, sont adaptées aux contextes sénégalais. Maintenant, il peut arriver qu’un sujet soit adapté à peu près à 20% ou 30% et que certains considèrent que c’est un sujet qui existe déjà sur le Net. Le fait que le sujet existe sur le net et qu’un élève ou candidat ait eu à rencontrer ce sujet, l’ait traité avant de venir à l’examen ne peut pas être considéré comme étant une triche.

C’est quoi alors ?

Tout le mérite revient à ce candidat qui a quand même eu à faire des efforts pour aller trouver un sujet qu’il a rencontré par chance et qu’il a traité. L’élève ou le candidat qui le fait à tout le mérite de pouvoir réussir à ce concours, sans pour autant qu’on dise qu’il est responsable ou auteur d’une triche. Il faut que les gens arrêtent quand même de chercher à trouver des problèmes là où ils ne sont pas. Ce qu’il faut reconnaître, c’est que le ministère de l’Éducation doit quand même assumer ses responsabilités, en tant que commanditaire du Concours général. Il est clair qu’aucun sujet ne peut être donné ni à l’examen du baccalauréat ni au Concours général qui soit un sujet qui n’a jamais existé dans le monde. J’aurais compris que quelqu’un, de façon malhonnête, prenne un sujet qui doit sortir au Concours général aille le traité avec des candidats. C’est une triche.

A partir du moment où les organisateurs acceptent de changer l’exercice dans certains centres d’examen.N’est-ce pas une reconnaissance de l’existence d’une irrégularité ?

S’il y a eu des centres d’examen dans lesquels le sujet a été changé, je crois qu’ils sont les seules à détenir les explications par rapport à ça. Peut-être qu’ils ont des raisons que je ne maîtrise pas. Mais si le problème se situe dans le fait simplement qu’on considère que ce sujet-là existe dans l’internet, est-ce que ça veut dire que c’est une triche ? A mon avis, c’est non. Parce que nous avons toujours fonctionné comme ça. 

«Il faudrait qu’on aille vers la modernisation de notre système d’évaluation et d’administration, que ce soit au Concours général ou à l’Office du Bac.» 

Comment comprenez-vous qu’on essaie de changer un sujet mais finalement on aboutit à un libellé qui ne permet pas d’avoir un résultat juste ?

Tout ça, c’est dans la précipitation. Vous savez, un sujet quand vous l’élaborez, même un sujet que vous prenez d’un ouvrage, vous devez, en tant que examinateur, le tester pour savoir si les connaissances que vous avez administrées aux élèves leur permet de traiter ce sujet-là. Mais si dans la précipitation vous remplacez un sujet par un autre, sans pour autant le tester pour voir si c’est valide ou pas, il est clair que vous allez tomber sur des travers comme ça. Ce que j’ai eu comme expérience, aussi bien à l’Inspection générale de l’éducation de la formation qu’à l’office du Bac, c’est qu’il y a une banque de sujets. Cette banque contient des sujets qui peuvent tous sortir dans une session. Mais, on a choisi un dans le lot de sujets, les autres sont des sujets de replacement ou de secours. En cas d’urgence, on va puiser dans la banque qui a fait l’objet de traitement et de vérification de la part de l’inspection générale de l’éducation de la formation. Un sujet qui n’a pas été testé, évidement, peut faire l’objet de discussion de ce genre-là.

Comment éviter tous ces problèmes relevés ces dernières années aux examens et concours ?

Je crois qu’il est temps qu’il y ait des séances de discussions ou d’échanges entre les différents acteurs impliqués dans la chaîne du Concours général. Aussi bien les établissements, que le ministère de l’Éducation et l’Office du bac pour qu’il y ait des séances de partage sur la méthode de travail de l’inspection générale de l’éducation et de la formation, sur le rôle de l’Office du Bac dans cette affaire. Mais également, au niveau déconcentré, les services du ministère qui sont dans les Inspections d’académie (Ia) qui sont chargés de ces examens. Je pense que si cela est fait, on n’a pas besoin d’interpeler le ministère de l’Education nationale ou l’inspection générale de l’éducation et de la formation pour qu’il s’explique sur ce qui est arrivé. Maintenant, il faudrait aujourd’hui qu’on aille vers la modernisation de notre système d’évaluation et d’administration, que ce soit au Concours général ou à l’Office du Bac. Tant qu’on n’arrive pas à cette modernisation de l’évaluation, évidemment c’est genre de problème vont nous rattraper. On est quand même en 2019, des problèmes qui pouvaient se poser avant 2000 ne doivent pas prospérer jusqu'à aujourd’hui.



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