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Video - Les enseignants diplômés sénégalais en grève de la faim

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Video - Les enseignants diplômés sénégalais en grève de la faim

Depuis trois mois, les jeunes diplômés de la Faculté des Sciences et Technologies de l'Éducation et de la Formation [Fastef] de Dakar, qui forme les enseignants du secondaire, protestent contre la non-affectation de plusieurs centaines d’entre eux dans les collèges et les lycées sénégalais. Une conséquence de la réduction des dépenses publiques voulue par la présidence de Macky Sall. En dernier recours, ils ont entamé, lundi 30 décembre, une grève de la faim pour tenter de faire entendre leurs revendications.

 

La Fastef forme deux catégories d’étudiants : ceux qui disposent d’une bourse, attribuée au mérite, et ceux qui doivent payer intégralement leur cursus. À la rentrée scolaire d‘octobre, seuls 590 des quelque 800 diplômés de la formation payée par l’État ont été affectés, et tous ceux qui ont financé eux-mêmes leur formation, soit 550 étudiants, sont restés sur le carreau. Après une première grève de la faim en octobre, l’ensemble des diplômés de la formation payée par l’État a finalement été affecté peu avant Noël. Mais ceux qui n’ont pas bénéficié de bourse se retrouvent le bec dans l'eau. Ils ont donc investi le campus de la Fastef pour une seconde grève de la faim.

 

 

Les grévistes sur le campus de la Faculté des Sciences et Technologies de l'Éducation et de la Formation. Crédit : Amadou Kagal Ndiaye.

 

Affiche sur les lieux de la grève. Crédit : Amadou Kagal Ndiaye.

 

Cette situation est la conséquence de la "rationalisation des politiques publiques" engagée par le gouvernement de Macky Sall depuis son élection en mai 2012. "L’État a limité le nombre de postes d’enseignants mais pas le nombre d’admis au concours, misant sur le fait que les diplômés sans affectation pourraient être embauchés dans les écoles privées. Mais celles-ci préfèrent faire appel à des enseignants déjà en poste pour des vacations courtes, car ça leur coûte moins cher" explique l’analyste politique sénégalais Eric Coly.

 

"Quand on a réussi le concours d’entrée, l’emploi est censé être garanti à la sortie de la formation"

 

Mahamat [pseudonyme] est un des coordinateurs de la grève des enseignants diplômés. Il a obtenu son diplôme d’enseignant en Histoire-Géographie en juin 2013 mais n’a toujours pas été affecté dans un établissement secondaire.

 

Cette deuxième grève de la faim vise à faire entendre la voix des 447 diplômés qui ont suivi le cursus payant mais restent pour l’instant sans emploi. Nous sommes de plus en plus nombreux à suivre le mouvement : nous étions une quinzaine lundi, nous sommes près de 200 en cette fin de semaine. C’est difficile pour certains : on a déjà évacué quinze personnes. Il y d’ailleurs deux ambulances en permanence à côté de nous.

 

Mardi, nous avons rencontré le directeur de cabinet du président de la République et le vice-président de l’Assemblée nationale, qui nous ont promis de porter nos revendications devant le ministère. Nous n’avons pas eu de réponse pour le moment, mais si ça continue, nous durcirons notre action.

 

Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, tout diplômé de la Fastef était directement affecté à un poste d’enseignant. Autant dire que lorsque mes camarades et moi sommes entrés en formation il y a deux ans, on ne s’attendait pas à connaître ces difficultés, une fois notre diplôme obtenu. Le concours d’entrée est très sélectif, normalement une fois qu’on l’a réussi, l’emploi est censé être garanti à la sortie de formation. Mais le régime de Macky Sall a remis en cause toute la politique éducative mise en place durant la présidence Wade, en expliquant qu’il ne pouvait pas augmenter la masse salariale des fonctionnaires.

 

"Dans certains collèges, des classes de 6e peuvent dépasser la centaine d’élèves"

 

Puisque le gouvernement fait valoir cet argument, nous avons proposé en décembre de travailler moins cher, en prenant un statut de vacataire pour la première année : cela signifierait qu’on serait payé seulement pendant les neuf mois de cours à raison de 150 000 FCFA mensuels. Alors qu’un enseignant titulaire est payé sur toute l’année autour de 180 000 FCFA. Pour nous c’est à la fois un geste patriotique et un sacrifice, mais nous avons besoin de travailler car nous ne sommes pas payés du tout depuis maintenant plusieurs mois.

 

Nous sommes aussi victimes de choix politiques qui n’ont pas uniquement pour cause des restrictions budgétaires. Le gouvernement a décidé de mettre la priorité sur les matières scientifiques. Par conséquent, la grande majorité des enseignants non affectés sont diplômés en lettres, langues et histoire-géo.

 

Cette situation est incompréhensible. Le Sénégal fait face à un manque cruel d’enseignants. Dans certains collèges, des classes de 6e peuvent dépasser la centaine d’élèves… Comment voulez-vous qu’un seul enseignant encadre autant d’enfants ? Il faudrait diviser la classe en trois, et donc attribuer trois enseignants pour un tel effectif.

 

Mahamat D.

 

Contacté par FRANCE 24, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas répondu à nos sollicitations. En janvier 2013, alors que des étudiants diplômés de la Fastef avaient déjà entamé une grève de la faim pour les même raisons, le directeur de la formation et de la communication du ministère avait déclaré que les diplômés ne pouvaient "se prévaloir d’un droit absolu à être recrutés, pouvant justifier une grève de la faim, d’autant qu’il n’y a jamais eu aucun engagement de l’État à les recruter automatiquement, encore moins sans délai, à leur sortie".

 

Vidéo des grévistes à la Fastef. Crédit : Amadou Kagal Ndiaye


liiiiiiiaffaire_de_malade

1 Commentaires

  1. Auteur

    Tan

    En Janvier, 2014 (17:01 PM)
    je compatis avec vous mais le problème du sénégal y'a pas de travail je crois que le niveau aussi très bas des enseignants d'aujourdhui font que même pour les envoyer les autres pays devient un probleme

    A mon avis moins d'enseignants, une meilleure formation pour que le niveau se releve

    aujourd'hui bcp d'enseignants ne savent même pas s'exprimer en français les élèvent même s'expriment mieux eux

    bon courage et que le Bon Dieu vous sauve amen

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