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Au Brésil, enquête ouverte sur des accusations "d'ingérence" contre Jair Bolsonaro

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Le président brésilien Jair Bolsonaro, photographié au Palais Planalto, à Brasilia, le 27 avril 2020. Le président brésilien Jair Bolsonaro, photographié au Palais Planalto, à Brasilia, le 27 avril 2020.
Le Tribunal suprême fédéral du Brésil a autorisé, lundi 27 avril, l'ouverture d'une enquête sur les accusations formulées par l'ancien ministre de la Justice, Sergio Moro, selon lesquelles le président Bolsonaro a tenté de s'ingérer dans des affaires judiciaires à des fins politiques.
Un juge du Tribunal suprême fédéral du Brésil a ordonné, lundi 28 avril, l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les accusations "d'ingérence" dans des affaires judiciaires visant le président Jair Bolsonaro, formulées par son ancien ministre de la Justice, Sergio Moro.

Dans sa décision obtenue par l'AFP, le juge Celso de Mello donne soixante jours à la police fédérale pour interroger Sergio Moro, champion de la lutte anticorruption qui avait démissionné vendredi.

Une telle enquête pourrait ouvrir la voie soit à une procédure de destitution contre le chef de l’État, soit à des poursuites pour dénonciation de délit imaginaire contre son ancien ministre.

Selon le juge de Mello, les infractions reprochées au président semblent avoir "un lien étroit avec l'exercice des fonctions présidentielles", ce qui exclut qu'il fasse valoir une immunité.
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Sergio Moro, ministre populaire auprès d'une opinion publique écœurée par la corruption du pouvoir politique, avait claqué la porte avec fracas le 24 avril, après le limogeage de l'un de ses hommes de confiance, le chef de la police fédérale, Mauricio Valeixo.

Jair Bolsonaro a affirmé que son ex-ministre ne se préoccupait "que de son égo, pas du Brésil", et assuré que Sergio Moro était d'accord pour laisser partir le chef de la police, mais seulement en novembre, après être assuré de sa propre nomination par le président à la Cour suprême. Ce que Sergio Moro a immédiatement démenti sur Twitter.

Prévarication et obstruction à la justice


La décision du Tribunal suprême fédéral énumère sept infractions que pourrait avoir commises Jair Bolsonaro, parmi lesquelles la prévarication et l'obstruction à la justice.

Après sa démission, Sergio Moro avait montré à la télévision un échange sur la messagerie WhatsApp où le président semblait exercer sur lui des pressions pour changer de chef de la police fédérale.

Des médias brésiliens ont rapporté que l'ancien juge avait conservé des captures d'écran de messages qui pourraient incriminer Jair Bolsonaro.

Si le parquet devait trouver des éléments accusant le président, il incomberait à la Chambre des députés d'autoriser le Tribunal suprême fédéral à ouvrir une enquête formelle. Et si cette enquête formelle devait confirmer les soupçons, le Congrès devrait se prononcer sur l'ouverture d'une procédure de destitution.

Jair Bolsonaro traverse une passe difficile, avec la pandémie de coronavirus qui a fait ralentir l'économie et instauré des tensions avec les autorités d'États fédérés soucieux de protéger leur population, tandis que lui minimise le danger.

Le président d'extrême droite continue à diviser fortement les Brésiliens. D'après un sondage Datafolha publié par le quotidien Folha de Sao Paulo, 45 % d'entre eux pensent que le Congrès devrait ouvrir une procédure de destitution, et 48 % qu'il ne devrait pas.


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