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Dopage : Clémence Calvin dans la tourmente

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Dopage : Clémence Calvin dans la tourmente

Il y a ceux qui tombent de l’armoire, comme le président de la Fédération française d’athlétisme, qui a essayé de joindre au téléphone l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) et Clémence Calvin sans succès. Et il y a ceux qui ne s’étonnent pas du tout : «Aucune surprise : Clémence Calvin était dans le radar de l’antidopage français depuis longtemps», révèle à Libération un cadre français de la lutte antidopage. Il y a aussi ceux qui se taisent, pour le moment, comme l’AFLD, qui a envoyé une équipe de contrôleurs accompagnée par le chef du département des contrôles, Damien Ressiot, au Maroc afin de rendre visite à la médaillée d’argent des derniers championnats d’Europe de Berlin sur marathon, comme l’a révélé le Monde. L’athlète, qui devait être la guest star du prochain marathon de Paris (le 14 avril), entraînée par son compagnon et lui-même athlète, Samir Dahmani, a, paraît-il, refusé le contrôle dans une ville marocaine qui pourrait être Marrakech et a pris la fuite lorsque les contrôleurs ont décliné leur identité. Ces derniers, selon le récit de plusieurs sources concordantes, auraient été empêchés dans leurs tâches par le même Dahmani. Si ce détail est confirmé, ce dernier peut encourir une peine de prison.

«Aucune complaisance»

Ex-coureuse de 10 000 mètres (vice-championne d’Europe en 2014), Clémence Calvin (28 ans) s’est reconvertie sur le marathon récemment. Pour sa première course sur la distance, elle avait terminé deuxième aux championnats d’Europe, l’été dernier à Berlin. Dimanche prochain à Paris, elle devait s’attaquer au record de France. En pleine tempête, trahie ou presque par la femme qu’elle avait elle-même élue athlète de l’année 2018 après sa performance berlinoise, la Fédération française d’athlétisme (FFA), via son président, André Giraud, essaye de garder le cap : «La nouvelle réglementation, entrée en vigueur le 1er mars dernier, donne tous les pouvoirs à l’AFLD, du coup il ne nous reste qu’à attendre. J’ai essayé de joindre Clémence Calvin au téléphone mais pour l’instant sans succès. On ne va pas évacuer le problème, mais on n’a pas de communication officielle non plus», nous confie, en ce vendredi après-midi pas comme les autres, André Giraud, qui tonne : «Il n’y aura aucune complaisance si une faute est avérée.» André Giraud tient à faire la distinction entre les stages fédéraux et les stages privés : «Sur les rassemblements fédéraux il n’y a aucun problème, tout est mis en œuvre pour le suivi adéquat. En plus, nous avons l’instrument du suivi longitudinal tout au long de l’année des données biologiques des athlètes, et ceux qui ne rentrent pas dans les règles ne sont pas sélectionnables. Par contre, sur les stages privés, on ne peut pas tout contrôler, sinon on ferait exploser notre budget. Calvin avait souhaité partir en altitude au Maroc, sur la base d’une relation de confiance avec l’athlète, Jean-François Pontier [responsable du fond à la FFA, ndlr] avait donné son feu vert», relate le président de la fédé.

Les hauts plateaux du Maroc et du Kenya, que Calvin fréquente aussi, sont devenus depuis des années de vraies plateformes du dopage : «Oui, vous avez raison, admet André Giraud, mais il y a quand même une relation de confiance entre athlètes et entraîneurs. A partir du moment où la Fédération n’intervient pas financièrement, on ne peut pas s’opposer au choix des athlètes. On a une marge de manœuvre restreinte.» Le président de la FFA annonce tout de suite la couleur en cas de sanction : «S’il y a sanction de la part de l’AFLD, on ne la remettra pas en cause, par contre, on peut l’alourdir.»

Hauts plateaux du dopage

Pour les professionnels de l’antidopage, Ifrane et les hauts plateaux du Maroc et du Kenya sentent le soufre : «Ifrane, Eldoret et d’autres destinations sont très suspectes pour nous. C’est vrai que les athlètes y vont pour le bénéfice de l’altitude mais dans ces lieux qui sont souvent reculés, il y a aussi la possibilité de profiter de différentes spécialités du dopage : EPO, mais aussi transfusions, autotransfusions… Quand on voit des stages là-bas, ça nous met toujours en alerte, nous raconte notre informateur qui souhaite garder l’anonymat. J’ai moi-même signalé Clémence Calvin l’année dernière car j’avais eu sur son compte des informations très fiables. Elle fréquentait beaucoup ces lieux, difficiles à contrôler car des mafias y agissent. Parfois les contrôleurs sont même grillés par des gens qui travaillent à l’aéroport et préviennent de leur arrivée avant qu’ils soient sur place», continue notre informateur qui poursuit : «Si ce qui est raconté dans la presse est vrai, Calvin s’expose à la sanction la plus lourde, quatre ans de suspension [un refus de contrôle équivaut à un contrôle positif]. Dans l’antidopage, on est extrêmement patient, on ne cherche pas à faire les choses vite, c’est seulement comme ça que les résultats arrivent.»

Un entraîneur national du demi-fond, qui ne veut pas lui non plus associer son nom à cette affaire, résume ainsi la situation : «Dahmani déclare à la presse que sa compagne était partie au Maroc pour rester tranquille avant le marathon. Il ne me semble pourtant pas que Martigues, la petite ville où ils vivent, soit oppressante.» 


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