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Guantánamo : un détenu canadien oublié par son pays

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Guantánamo : un détenu canadien oublié par son pays
 Omar Khadr aurait dû être renvoyé au Canada depuis de nombreux mois, mais Ottawa refuse de demander aux États-Unis son rapatriement.

Le Canadien Omar Khadr avait 15 ans lorsqu'il a été arrêté par l'armée américaine enAfghanistan, en 2002. Accusé d'avoir tué un soldat américain, puis transféré au centre de détention de Guantánamo, il a été condamné à huit ans de prison après avoir plaidé coupable. Mais dix ans plus tard, il est toujours enfermé dans l'établissement américain connu pour sa pratique de la torture et ses méthodes violentes, car le Canada refuse de demander son rapatriement, seul sésame possible pour sortir du camp. Dernier prisonnier originaire d'un pays occidental, il a ému une partie de la classe politique dans son pays. Une pétition lancée par un sénateur a recueilli près de 30 000 signatures.

"Il ne fait aucun doute que l'affaire Omar Khadr ternit la réputation de notre gouvernement, de notre pays et de tous ses citoyens", explique le sénateur libéral Roméo Dallaire. Omar Khadr avait demandé son rapatriement à la fin de l'année 2011, en accord avec les autorités américaines et canadiennes qui s'étaient entendues sur les modalités. Mais depuis avril 2012, date de la réception officielle de sa demande par le Canada, Omar Khadr attend de savoir s'il pourra rentrer un jour dans son pays natal. "Il s'agit simplement de respecter la promesse faite : ou bien on signe l'entente et on lui donne suite, ou bien on va à l'encontre de l'entente et on perd toute crédibilité comme négociateur avec son plus proche allié", a ajouté le sénateur.

Depuis l'arrivée de Barack Obama, Washington essaie de se débarrasser de certains prisonniers pour alléger les critiques contre Guantánamo, que le président avait, durant sa campagne, promis de fermer. Pas sûr, donc, que les États-Unis apprécient les hésitations de leur allié.

"Rapatrier enfin cet ancien enfant-soldat"C'est au ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews, que revient la décision de demander ou non le rapatriement. Mais il semble vouloir faire traîner les procédures et a, par exemple, réclamé aux États-Unis des transcriptions d'interrogatoires. "Je crois sincèrement que si les Canadiens de toutes les régions continuent de se rallier à la cause, nous pourrons obliger le gouvernement à honorer sa promesse et à rapatrier enfin cet ancien enfant-soldat", a encore ajouté l'initiateur de la pétition, Roméo Dallaire.

 Le sénateur canadien est célèbre pour avoir été le commandant militaire des casques bleus de l'ONU au Rwanda durant le génocide en 1994. Traumatisé par son expérience durant laquelle New York l'avait privé des moyens d'intervenir, il a fondé à son retour Initiative Enfants soldats, qui s'engage pour éradiquer l'utilisation des enfants-soldats dans les conflits. Il est aussi l'auteur d'un livre autobiographique, J'ai serré la main du diable (éditions Libre Expression), qui relate sa mission au Rwanda en égratignant Bernard Kouchner.



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