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Héros traqué ou espion dangereux, Julian Assange face à la justice britannique

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Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, va tenter à partir de lundi de convaincre la justice britannique de refuser de l'extrader vers les États-Unis. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, va tenter à partir de lundi de convaincre la justice britannique de refuser de l'extrader vers les États-Unis.
Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, va tenter à partir de lundi de convaincre la justice britannique de refuser de l'extrader vers les États-Unis. La justice américaine lui reproche d'avoir publié en masse des informations classifiées. Outre-Atlantique, l'image du défenseur de la liberté d'informer s'est nettement ternie ces dernières années.

Julian Assange a prévenu lors d'une audience préliminaire : il refuse de se "soumettre à une extradition pour un travail de journalisme qui a récolté de nombreuses récompenses et protégé beaucoup de gens". À 48 ans, l'Australien à la chevelure argentée doit faire face, à partir de lundi 24 février, à la justice britannique, qui examine la demande d'extradition des États-Unis.

La justice américaine lui reproche d'avoir diffusé en 2010 sur sa plateforme Wikileaks plus de 700 000 documents sur les activités militaires et diplomatiques de Washington. Il risque jusqu'à 175 ans de prison aux États-Unis.

Ses conditions de détention qualifiées de "torture psychologique"

Les appels se sont multipliés ces derniers mois pour dénoncer le traitement subi par Julian Assange, incarcéré à la prison de Belmarsh, dans le sud-est de Londres. Ses conditions de détention ont été dénoncées par le rapporteur de l'ONU sur la torture Nils Melzer comme une "situation inhumaine", qui mettrait sa vie "en danger". Un collectif de médecins a assimilé le traitement qui lui est réservé à de la "torture psychologique".

C'est dans cet établissement pénitentiaire de haute sécurité qu'il est incarcéré depuis qu'il a été extrait de l'ambassade d'Équateur à Londres, où il s'était réfugié, déguisé en coursier, le 19 juin 2012, alors sous le coup de poursuites pour viol en Suède, depuis abandonnées.

Au fil des années, son image de "cyberwarrior" s'est brouillée, en particulier depuis la diffusion par sa plateforme, en 2016, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l'équipe d'Hillary Clinton, qui ont contribué à fragiliser celle qui était à l'époque candidate à la présidentielle américaine.

Ces révélations avaient alors suscité des éloges appuyés du candidat Donald Trump. "J'adore WikiLeaks", affirmait-il lors d'un meeting. D'après la CIA, ces documents ont été obtenus par Wikileaks auprès d'agents russes, ce que nie la plateforme. Cet épisode a alimenté les soupçons de collusion avec la Russie d'un Assange dont les révélations se font souvent au détriment des États-Unis, et qui a collaboré avec la chaîne de télévision RT, proche du Kremlin.

"L'homme le plus dangereux au monde"

Lorsque Julian Assange lance WikiLeaks dans le but de "libérer la presse" et de "démasquer les secrets et abus d'État", il devient, selon un de ses biographes, "l'homme le plus dangereux du monde". L'Australien a commencé dans la vie en étant ballotté de droite à gauche par sa mère, Christine Ann Assange, une artiste de théâtre qui s'était séparée de son père avant même sa naissance. Il compare son enfance à celle de Tom Sawyer, entre construction de radeau et explorations diverses de son environnement. Jusqu'à l'âge de 15 ans, il vit dans plus de 30 villes australiennes et fréquente de nombreuses écoles avant de se poser à Melbourne, où il étudie les mathématiques, la physique et l'informatique.

Doué, travailleur, il est happé par la communauté des hackers et commence à pirater les sites internet de la Nasa ou du Pentagone en utilisant le pseudonyme de "Mendax". C'est à cette époque qu'il a un fils, Daniel, dont il se disputera la garde avec la mère.

Il se fait connaître du grand public en 2010 avec la publication de centaines de milliers de documents américains. Un coup d'éclat qui vaut à cet homme grand et mince, au teint diaphane, d'être présenté comme un champion de la liberté d'informer.

Vives critiques des médias et d'Edward Snowden

Mais en même temps que sa notoriété grandit, les critiques s'accumulent. En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d'État américain non expurgés. Ils estiment que les documents sont susceptibles de "mettre certaines sources en danger". La critique sera également formulée par le lanceur d'alerte Edward Snowden.

Chargé de rédiger l'autobiographie de Julian Assange, Andrew O'Hagan a fini par jeter l'éponge avec ce verdict définitif : "L'homme qui se targue de dévoiler les secrets de ce monde ne supporte pas de dévoiler les siens". Mais un noyau dur lui est resté fidèle, à l'instar de l'actrice américaine Pamela Anderson ou encore la créatrice de mode Vivienne Westwood.

liiiiiiiaffaire_de_malade

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