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Manifestation anti-Netanyahu à Jérusalem, à trois jours des législatives

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Une manifestation près de la résidence du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 20 mars 2021
Des milliers d'Israéliens ont manifesté leur opposition au Premier ministre Benjamin Netanyahu, samedi soir, à Jérusalem. Ce dernier, inculpé pour corruption dans trois affaires, joue sa survie politique alors que se profile les élections législatives.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté leur opposition à Benjamin Netanyahu, samedi 20 mars, à Jérusalem, à proximité de la résidence du Premier ministre. Une mobilisation qui se tient à trois jours d'un scrutin (les législatives) attendu en Israël pour qu'un gouvernement de coalition soit formé.

Depuis fin juin, des manifestants se réunissent chaque samedi soir, après la pause hebdomadaire du shabbat, à Jérusalem et dans l'ensemble d'Israël pour des rassemblements contre le chef du gouvernement, inculpé pour corruption dans trois affaires et critiqué pour les aides jugées insuffisantes aux travailleurs ayant perdu leur emploi avec la pandémie de Covid-19.

Mais ce 39e samedi de protestation, devant la résidence officielle de Benjamin Netanyahu, rue Balfour, a une signification particulière à quelques jours de l'ouverture des bureaux de vote, mardi matin, pour les quatrièmes élections législatives israéliennes en mois de deux ans.

"C'est la première fois que nous venons aux manifestations et nous espérons qu'elles auront un impact sur ceux qui ne savent pas encore pour qui voter", a affirmé Hagit, jeune mère de famille présente à Jérusalem.

Le son des petites vuvuzelas se mêlait à la basse vibrante d'un groupe de hip-hop et les drapeaux israéliens se mélangeaient aux affiches "dégage !" ou "allez voter".

"Allez voter, ne restez pas silencieux"

Simon, crâne légèrement dégarni et cheveux poivre et sel, a fait la route depuis la métropole Tel Aviv pour ce dernier grand rassemblement avant les législatives.

"Je viens ici tous les samedis. (...) Ce (samedi) soir, les gens ne vont pas passer de droite à gauche mais cet évènement est important parce qu'il dit : allez voter, ne restez pas silencieux", ajoute-t-il au côté d'Orly, une amie habituée comme lui aux manifestations contre le Premier ministre.

"Cela fait cinq ans que je proteste contre lui. Et là, ce sont les élections et c'est une question de vie ou de mort pour nous", lance-t-elle à travers son masque sanitaire sur lequel est écrit en rouge "crime minister", pour désigner Benjamin Netanyahu.

Les trois derniers scrutins avaient placé Benjamin Netanyahu et son rival, l'ex-chef de l'armée et centriste Benny Gantz, au coude-à-coude. Après les troisièmes législatives, Ce dernier avait décidé de s'allier à son ennemi politique pour former un gouvernement "d'union et d'urgence" face à la crise sanitaire, qui n'a survécu que quelques mois.

Difficulté de former un gouvernement de coalition

Depuis, l'étoile politique de Benny Gantz a pâli, et Benjamin Netanyahu, 71 ans dont les douze derniers au pouvoir, affronte principalement le centriste Yaïr Lapid, le frondeur Gideon Saar, qui a quitté le Likoud du Premier ministre pour former son propre parti, et le ténor de la droite radicale, Naftali Bennett.

Or les derniers sondages, publiés vendredi par la presse israélienne, créditent le Likoud d'une trentaine de sièges, sur les 120 de la Knesset (Parlement). La formation de Yaïr Lapid en obtiendrait près d'une vingtaine et celles de Naftali Bennett et Gideon Saar une dizaine chacune.

Si Benjamin Netantayu caracole toujours en tête des sondages, jouant à fond la carte du succès de la campagne de vaccination anti-Covid-19 – près de 50 % des neuf millions d'Israéliens ont reçu les deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech –, il pourrait toutefois manquer d'appuis pour former un gouvernement.

Avec ses alliés de la droite religieuse, le Likoud de Benjamin Netanyahu obtiendrait une cinquantaine de sièges selon les derniers baromètres, un score en-deçà du seuil requis (61 députés) pour former un gouvernement. Face à lui, Yaïr Lapid et les partis anti-Netanyahu n'atteignent pas non plus le seuil de la majorité.

Invitation à un débat télévisé

Dans cette campagne électorale menée en partie sous confinement, avant un allègement des mesures sanitaires ces dernières semaines, les partis n'ont pas tenu de grands meetings. Et si les candidats ont multiplié les interviews à la radio et les déclarations sur les réseaux sociaux, aucun débat télévisé n'a eu lieu.

Pour tenter de clore le duel, Yaïr Lapid a lancé, samedi soir, une invitation à débattre au Premier ministre: "Le public israélien mérite un débat, mérite des réponses (...), les studios sont prêts, les modérateurs sont prêts et nos deux podiums attendent".

Après des heures à s'époumoner, des manifestants ont nettoyé la place de France, cœur de la contestation, ramassant les tracts jonchant le bitume avant de glisser, dans quelques jours, leur bulletin dans l'urne.


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