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Notre-Dame : «Si chacun envoie un dollar ou un euro…»

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Paris, le 16 avril 2019 Dans le quartier de Notre-Dame après l' incendie du 15 avril 2019

Mardi, les Parisiens et les touristes sidérés par l'incendie qui a ravagé la cathédrale, évoquaient déjà la reconstruction de l'édifice. Certains disaient leur volonté de contribuer au financement.

 
 Notre-Dame : «Si chacun envoie un dollar ou un euro…»

Depuis le pont reliant la place Saint-Michel à l’île de la Cité, un homme élégant, son chien tenu en laisse, regarde Notre-Dame. Charles est venu en voisin du VIIe arrondissement. Son émotion le rend économe en mots. Il ne répond que «oui, oui» à nos questions, et résume en un mot un sentiment largement partagé ce mardi matin : l’incendie de la cathédrale, lundi soir, l’a «catastrophé».

Plus loin, un guide discourt en espagnol devant une quinzaine de touristes, la cathédrale en arrière-plan. Comme si, la veille, rien ne s’était passé. «Heureusement, la façade a été préservée» des flammes, souffle Elisabeth, «vieille parisienne» résidant dans le quartier de Montparnasse. Lundi soir, elle s’apprêtait à écouter l’intervention télévisée du président de la République – finalement reportée –, quand elle a appris la nouvelle. «J’étais triste, vraiment très triste, explique-t-elle. Tous les Parisiens sont concernés, et pas seulement : des amis américains qui dînaient chez nous hier étaient extrêmement touchés. Ils nous ont immédiatement dit que s’il y avait une collecte, ils participeraient.»

Contribuer à la reconstruction

Organiser une collecte pour reconstruire la cathédrale : mardi matin, Parisiens, touristes français et touristes étrangers pensaient déjà à l’après. Claire et Daniel, un couple de retraités venus de Perpignan voir les dernières expositions du Grand Palais et du musée d’Orsay, évoquent eux aussi «une grande tristesse. On s’est sentis très mal». «Ce qui est arrivé, ce n’est pas juste une anecdote pour touristes, ça nous touche au plus profond. Avant-hier, je suis passée devant, j’étais étonnée que tant de monde visite la cathédrale», dit-elle. Lui : «C’est notre histoire, notre culture.»

Le couple, qui compte contribuer «de manière significative» à la souscription nationale lancée par Emmanuel Macron, a au moins le soulagement d’avoir déjà eu l’occasion de visiter les lieux. Contrairement à Axel et Adina, deux jeunes gens venus d’Uppsala (Suède) qui comptaient visiter Notre-Dame ce mardi et «s’imprégner de son atmosphère». «On est très tristes, c’est une tragédie pour les catholiques et pour tous les Européens», s’émeut-elle, qui voulait en particulier voir«les vitraux et les œuvres d’art». Mary, arrivée lundi de Californie, devra elle aussi se rabattre sur une visite de la Sainte-Chapelle du Palais de justice, lui aussi situé sur l’île de la Cité. «J’ai le cœur brisé, dit-elle. C’est un trésor mondial et, évidemment, parisien qui a été détruit. J’espère que le monde entier va contribuer à la reconstruction. Si chacun envoie un dollar ou un euro…»

À LIRE AUSSINotre direct sur l’incendie de Notre-Dame

Jeanne, en manteau rouge et petites lunettes, prend une photo depuis un pont voisin. Jusqu’à lundi, elle passait souvent devant l’édifice pour se rendre à la bibliothèque. «Là, même si la façade n’a pas été endommagée, je vois bien qu’il manque un truc», sourit-elle, mélancolique. L’étudiante pense surtout à la disparition de la charpente, faite de bois anciens : «C’est vraiment ce qui me rend le plus triste. J’habite à côté des forêts royales, dans les Yvelines, donc ça me touche particulièrement. On ne sait pas s’ils vont reconstruire avec du bois ou autre chose. Moi j’aimerais bien qu’on reprenne des vieux arbres, même s’ils n’ont que 200 ans».

«Je ne suis pas religieux mais je respecte»

Comment va-t-on reconstruire la charpente ? C’est aussi la question que se pose Mustapha, qui gère une boutique de souvenirs quai Saint-Michel. Il s’en remet aux «experts. C’est eux qui vont dire si la structure va tenir ou pas, on ne sait pas pour l’instant.» Le commerçant, qui raconte avoir vendu un magnet de la cathédrale «à un Français» le matin même, est décontenancé. Voire un peu agacé : «C’est vraiment un drame. Notre-Dame rapporte des milliards à la France et on en peut pas recruter huit pompiers qui seraient tout le temps sur place ? Le risque zéro n’existe pas !»

S’il juge que «Paris restera toujours Paris, il y aura toujours du tourisme», il craint que «le quartier, sans Notre-Dame, n’ait plus la même attractivité.» Pierre, manager d’un bistrot dont la terrasse offre une vue imprenable sur l’édifice, se dit aussi qu’après quelques jours «d’effet curiosité», l’incendie «va nuire» aux affaires. «C’était quand même le monument le plus visité d’Europe.» Mais il ne veut «pas pleurer pour le commerce alors qu’une église a brûlé. Je ne suis pas religieux mais je respecte.»

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Lundi soir, au moment où les flammes ont envahi l’édifice, «certains sont même partis sans payer, mais je ne sais pas s’ils ont fait exprès», sourit le jeune homme, avant d’aller alpaguer en chinois un couple d’étrangers. Aux abords de la cathédrale, des touristes continuent de faire des selfies depuis les ponts alentour. Le parvis de Notre-Dame reste fermé



1 Commentaires

  1. Auteur

    Guem

    En Avril, 2019 (15:34 PM)
    aprés vous me remettez l'argent moi aussi j'ai " notre grand mére à la maison "

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