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Trump déclenche une opération militaire en Syrie avec la France et le Royaume-Uni

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Le président Donald Trump s'adresse à la nation et annonce une opération militaire en cours en Syrie, le 13 avril 2018 à Washington afp.com/Mandel NGAN

Une riposte militaire commune pour punir le régime de Bachar al-Assad après l'attaque à l'arme chimique contre des civils à Douma.

SYRIE - Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi 13 avril une opération militaire en cours contre la Syrie, avec la France et le Royaume-Uni, pour punir le régime de Bachar al-Assad qu'il accuse d'une attaque à l'arme chimique contre des civils.

"Une opération conjointe est en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux", a dit Donald Trump, qui s'exprimait à la Maison Blanche.

Au moment même où le président s'exprimait, des détonations étaient entendues à Damas, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Donald Trump a dénoncé les attaques chimiques "monstrueuses" menées par le régime de Damas et a promis que l'intervention comprenant des "frappes de précision" durerait "aussi longtemps qu'il le faudrait".

Sont visées avec différents types de bombes des cibles multiples, notamment des infrastructures de production chimique, ont dit des responsables américains.

De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait "pas d'alternative à l'usage de la force".

Donald Trump a mis en garde l'Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d'hommes et du matériel pour aider Bachar al-Assad à reconquérir le pays, contre leurs liens avec la Syrie.

Donald Trump a exhorté Moscou "à quitter la voie sinistre" du soutien à Bachar al-Assad. Il a affirmé que la Russie avait "trahi ses promesses" de 2013 sur l'élimination des armes chimiques syriennes. Il a aussi estimé que le sort du régime de Damas était entre les mains des Syriens.

La Russie a "trahi" sa promesse

En avril 2017, Donald Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun.

Cette fois encore, c'est une attaque chimique présumée -le samedi 7 avril à Douma, près de la capitale syrienne- qui est à l'origine des frappes déclenchées dans la nuit de vendredi à samedi après une mobilisation de la communauté internationale, déjà saisie par l'horreur d'une guerre civile qui a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011.

Le bombardement intervient quelques heures seulement après que le Département d'Etat a assuré avoir "la preuve" de l'utilisation d'armes chimiques par les forces de Bachar al-Assad.

"Nous savons avec certitude qu'il s'agissait d'une arme chimique" et qu'elle a été mise en œuvre par les forces du régime, a affirmé sa porte-parole Heather Nauert.

Le président américain avait rapidement adopté une rhétorique belliqueuse après l'attaque, dénonçant dès le lendemain une "attaque chimique insensée", prévenant qu'il faudrait en "payer le prix fort" et pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran soutenant "l'animal Assad".

Quelques jours plus tard, le 11 avril, il avait tweeté: "La Russie jure d'abattre n'importe quel missile tiré sur la Syrie. Que la Russie se tienne prête, car ils arrivent, beaux, nouveaux et 'intelligents!".

La France s'est très vite associée à Washington en promettant notamment une "réponse forte et commune", tandis que Londres, qui a montré un peu plus de réticence, s'est dit déterminé avec Washington "à ne pas laisser l'usage d'armes chimiques se poursuivre" et a évoqué "des mesures" contre Damas.

Dans l'autre camp, le régime syrien nie toute utilisation d'armes chimiques et a averti à l'ONU qu'elle n'aurait "d'autre choix" que de se défendre si elle était attaquée.

Le président russe Vladimir Poutine, soutien indéfectible du régime syrien, avait mis en garde contre tout "acte irréfléchi et dangereux", qui pourrait avoir des "conséquences imprévisibles".

Mise en garde de Moscou

Le danger est bien là, selon les experts. Russes et Iraniens ont beaucoup d'hommes sur le terrain pour aider Damas à reprendre tout le pays à de multiples groupes rebelles.

Les conséquences d'une frappe accidentelle ou non sur des soldats de ces deux pays sont difficiles à évaluer.

C'est contre ce risque de déflagration régionale, voire plus large, que le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a voulu mettre en garde vendredi, évoquant le danger d'une "escalade militaire totale" en Syrie.

Selon un bilan à mi-mars de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau d'informateurs à travers la Syrie, 106.390 civils ont été tués dont près de 20.000 enfants.

Dans ce pays qui comptait quelque 23 millions d'habitants avant le conflit, environ la moitié de la population a été contrainte de fuir son foyer en raison des combats.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés, plus de 5,4 millions de Syriens avaient fui à l'étranger (décembre 2017).

La Russie, indéfectible soutien au régime de Bachar al-Assad, a fait usage à douze reprises de son veto en sept ans de conflit sur des projets de résolution au Conseil de sécurité contre la Syrie.

Près d'une centaine de bus chargés de combattants et de civils se préparaient vendredi à quitter Douma, ultime poche rebelle dans la Ghouta orientale, où sont attendus samedi des experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), ont rapporté les médias étatiques syriens.

L'armée russe, qui soutient militairement Assad, a annoncé jeudi la reprise de "la totalité de la Ghouta orientale" par le régime.



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