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Venezuela : Maduro suspend le dialogue avec l'opposition en représailles aux sanctions américaines

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Venezuela : Maduro suspend le dialogue avec l'opposition en représailles aux sanctions américaines

 

Le gouvernement vénézuélien a décidé mercredi de suspendre les discussions avec l'opposition pour protester contre de nouvelles sanctions américaines.

À l'initiative du président vénézuélien, Nicolas Maduro, le dialogue avec l'opposition en vue d'une sortie de crise a été suspendu mercredi 7 août. 

Le dirigeant socialiste répond aux sanctions économiques annoncées par la Maison Blanche. Donald Trump avait ordonné lundi un gel total des biens aux États-Unis du gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, que Washington souhaite voir quitter le pouvoir.

"Bien que la délégation de l'opposition désignée par le député Juan Guaido se trouve déjà à La Barbade pour la session de discussions prévue pour cette semaine, le président Nicolas Maduro a décidé de ne pas envoyer la délégation vénézuélienne à cette occasion, en raison de la grave et brutale agression perpétrée de manière continuelle et retorse par l'administration Trump contre le Venezuela", déclare Caracas dans un communiqué officiel.

Dans un entretien téléphonique mercredi avec la chaîne de télévision publique VTV, le président vénézuélien, soulignant que l'opposition avait applaudi les nouvelles sanctions américaines, a conclu qu'on ne pouvait pas négocier dans ces conditions.

"Nous avons noté avec une profonde indignation que le chef de la délégation de l'opposition, Juan Guaido, célèbre, promeut et appuie ces actions qui nuisent à la souveraineté de notre pays et aux droits humains les plus élémentaires de ses habitants", déclare le communiqué.

"Protéger les Vénézuéliens"

De son côté, le chef de l'opposition, Juan Guaido, qui s'était déclaré président par intérim du Venezuela en janvier et a été reconnu par plus d'une cinquantaine de pays, dont les États-Unis, s'est félicité mardi du gel décidé par Washington à l'encontre des biens du gouvernement.

Sur Twitter, il a estimé que la mesure prise par les États-Unis visait à "protéger les Vénézuéliens" et a une nouvelle fois accusé Nicolas Maduro d'usurper le pouvoir parce que son mandat actuel est issu d'une élection présidentielle que l'opposition considère comme entachée de fraude.

Mercredi, il a assuré que les sanctions allaient frapper les dirigeants chavistes et non pas les citoyens. "Elles sont dirigées contre le régime, contre Maduro", a-t-il déclaré au cours d'une petite cérémonie dans un quartier huppé de l'est de Caracas.

"Il y a une stratégie nationale et internationale, dirigée par le Venezuela, pour mettre fin à la souffrance de notre peuple", a-t-il ajouté.

"Terrorisme économique"

Au lendemain de l'annonce du gel de ses biens aux États-Unis, dernière en date d'une série de sanctions économiques américaines contre le pouvoir de Nicolas Maduro, qui incluent un embargo pétrolier, Caracas avait accusé Washington de "terrorisme économique" et de chercher à provoquer une rupture du dialogue avec l'opposition.

Mercredi, au moment où des milliers du partisans de Nicolas Maduro défilaient à Caracas pour dénoncer les sanctions américaines, le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino, demandait, lui, que la justice punisse ceux qui au Venezuela se déclarent favorables aux mesures prises par l'administration Trump.

"L'impunité, ça suffit !", a écrit le ministre sur Twitter. "Ceux qui ont commencé le 'jeu' de demander des sanctions contre la nation (...) avec des buts politiques minables doivent être punis par la loi".

Le dialogue suspendu, mais pas rompu 

Le gouvernement affirme néanmoins qu'il ne quitte pas la table des négociations : "Le Venezuela se prépare à revoir les mécanismes de ce processus afin qu'ils s'accordent avec les intérêts de notre peuple".

Après des contacts exploratoires et une première rencontre à la mi-mai à Oslo, les discussions entre les deux camps avaient repris à La Barbade le 8 juillet. Les délégations devaient se retrouver sur l'île caribéenne pour de nouveaux pourparlers jeudi et vendredi, toujours sous l'égide de la Norvège.

Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement norvégien avait indiqué que les délégués du gouvernement et de l'opposition s'étaient engagés à trouver une solution "constitutionnelle" à la crise vénézuélienne.

Sous la présidence de Nicolas Maduro, héritier du président Hugo Chavez (1999-2013), le Venezuela s'est enfoncé dans la plus grave crise économique, sociale et politique de son histoire moderne. Quelque 3,3 millions de Vénézuéliens se sont exilés depuis 2015, selon l'ONU.


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