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Justice

Procès Imam Ndao : "Aqmi m'a appris à manier des lance-roquettes, des kalachnikovs, des grenades…"

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Procès Imam Ndao : "Aqmi m'a appris à manier des lance-roquettes, des kalachnikovs, des grenades…"

Né en 1987, marié et père d'une fille, Abdou Hakim Mbacké Bao a donné, ce mercredi, des sueurs froides au public de la salle 4 du palais de justice de Dakar où se poursuivait le procès imam Ndao et Cie. Répondant aux questions du juge et du procureur, celui qui fréquentait la mosquée Ibadu de l'unité 17 des Parcelles Assainies, a retracé le parcours qui lui a causé ses démêlés avec la justice.

Il est poursuivi pour acte de terrorisme par menace, association de malfaiteurs, financement du terrorisme et blanchiment de capitaux. S'il reconnait avoir fréquenté des groupes terroristes, comme Aqmi, participé à des camps d'entraînement et appris le maniement des armes et initié des jihadistes, Mbacké Bao jure n'avoir jamais commis un acte terroriste ni envisagé d'en commettre.

Au Nord Mali, il y était "pour de l'argent et non pour l'islam". Arrêté au Burkina Faso, il a longtemps galéré dans ce pays avant de rencontrer Saliou Ndiaye alias Anas, un de ses co-accusés. "C'est lui qui m'a fait savoir qu'une fois avec lui au nord du Mali, il a des amis qui pouvaient nous aider et nous offrir beaucoup d'argent. J'y suis alors allé, mais ce n'était pas pour aller combattre, martèle l'accusé. Je comptais passer juste un mois sur place, me faire de l'argent et rentrer."

"J'ai surveillé des prisonniers hollandais, suédois et sud-africain"
Les choses ne se passèrent pas comme espéré. Les jihadistes ne lui font pas confiance. "Ils se sont rendu compte que je n'étais pas engagé à fond. Ils avaient cru que j'étais un espion", rembobine Boa. Qui sera soumis à une formation de jihadiste, histoire de jauger sa loyauté : techniques de combat, maniement des armes à feu…

Il détaille : "On m'a appris à manier des lances roquettes, des kalachnikovs, des grenades. Je suis seulement initié, je n'ai jamais essayé de mettre en pratique ce qui m'a été enseigné. Je sais que l'utilisation d'un mélange de certains produits peut permettre la destruction de véhicules militaires légers ou lourds et même un bâtiment. Les obus sont pour les véhicules militaires. On m'a appris cela au cours de mon initiation, mais je n'ai jamais envisagé d'appliquer cela au Sénégal."

Il finit par gagner la confiance d'un sous-chef d'Aqmi. Il change de statut. "J'étais chargé d'initier les derniers arrivés, confie-t-il. J'ai donc pu former près de 30 personnes. Mon chef m'avait demandé un jour, s'il m'était possible de trouver des armes au Sénégal. Je crois qu'il ne voulait pas limiter le jihad au Mali seulement, mais l'étendre aussi au Sénégal. Il m'avait recommandé même de ne pas avoir un logement fixe et de louer trois chambres dans des immeubles différents. Je crois que c'est pour ma sécurité qu'il m'avait recommandé cela."

Bao de poursuivre : "J'ai pu relever quatre groupes. J'ai voulu partir une première fois, le chef m'a offert 3 billets de 500 euros (environ 400 mille francs Cfa). En un moment, pour le compte de Aqmi, j'ai surveillé des prisonniers (un Hollandais, un Suédois et un Sud-Africain). Le seul Sénégalais de ce groupe Aqmi que je connaissais s'appelait Abdou Rakhmane (Mendy). Je l'ai côtoyé pendant un an. Mais je ne le connais pas assez. J'ignorais même son nom de famille."



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