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Faada Freddy de Daara J Family : « On a mal informé nos peuples en cultivant le rêve d’ailleurs »

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Faada Freddy de Daara J Family : « On a mal informé nos peuples en cultivant le rêve d’ailleurs »

Enigmatique comme les références de son nom de scène composé de Faada (prononciation jamaïcaine de father (père en anglais) qui se confond avec Fatha, son vrai nom) et de Freddy en hommage à l’artiste Freddie McGregor, son idole de jeunesse. Enigmatique, quand il dit qu’il est « celui qu’il croyait être l’autre » pour expliquer sa foi spirituelle et religieuse. Enigmatique, son look de Dandy fait références positivement un old fashion soif de liberté et de justice. Avant de fêter ce soir, au Grand Théâtre, avec son acolyte Ndongo D, les vingt ans de Daara J, Faada Freddy a quelques énigmes à lever. L’artiste s’ouvre intimement au « Soleil ». 

Quel genre d’enfant était Abdou Fatha ? 
 J’étais un enfant timide et réservé. Je m’exprimais mieux quand je chantais ou dansais. Avec l’art, je m’ouvrais. J’ai commencé à 4 ans à faire de la Tv avec l’émission «Mame day banexou» de Serigne Ndiaye Gonsales. A l’école primaire Gibraltar, j’étais dans la chorale puis parmi un leader vocal. 
Dans ma famille, mon père était instituteur, par respect, je ne lui avais jamais avoué mon penchant pour le chant. Il l’a découvert par le concours de la voix d’or des Lycées, remporté avec mon acolyte Ndongo. Et c’est mon père Amara Seck qui était chargé de remettre le prix. 
Je m’étais caché par respect même si on ne peut pas occulter le fait que mon père avait d’autres ambitions que la musique pour moi. Respect car il était vertueux, très Tidiane. Je me disais qu’au fond de moi, il saurait un jour que c’est par pudeur que je lui ai caché que je faisais de la musique. Avec des frères banquier, au Trésor public, professeur, il a fallu que j’aille jusqu’en deuxième année de comptabilité pour demander la bénédiction de mes parents. Il était clair dans l’esprit de mon père que je pouvais percer dans les études mais que j’avais juste choisi la musique. Avant notre première tournée internationale, j’étais venu lui demander la bénédiction de faire de la musique. Avec son regard grave, il m’a dit « Talale sa loxo ma nianal leu ». A partir de cet instant, je savais que je pouvais aller chanter n’importe où. Ma mère était ma complice, je pense que je lui ai volé sa voix. Elle chantonnait du Aretha Franklin, des chansons hindoues. En 1996, lors de notre première traversée de l’Atlantique, j’ai eu un sentiment d’étourdissement. Les lumières éclaboussaient de partout, je ne me souviens plus de ce que j’avais chanté. A l’époque, il n’y en avait pas autant à nos concerts au Sénégal. C’est un événement majeur car dans ma tête, il y a un déclic. Je me suis dit, « c’est possible ». 
 
Faada Freddy, c’est aujourd’hui un look qualifié de Dandy qui fait que Le Figaro vous classe parmi les personnalités les plus élégantes. Y-a-t-il une explication à votre look ? 
 A ce niveau, je me réfère aux années 1930, 40, 50. Elles m’ont marqué pour deux choses. L’affirmation des noirs aux Etats-Unis et leur lutte pour la liberté. Ce sont des années de combat même au Sénégal. Les années 1930 m’ont le plus influencé dans ma manière de me vêtir avec le Jazz de New Orleans. C’est une époque que je choisirais de vivre si on m’avait demandé. C’est un look un peu aristocratique avec des chapeaux melon. Quand un noir voulait s’affirmer, il s’habillait ainsi pour montrer qu’il était tout aussi respectable. Pour avoir arboré ce style, certains étaient réprimandés. Aujourd’hui, je leurs rend hommage en m’habillant ainsi. C’est une certaine liberté que je m’octroie dans la musique, je veux en faire sans dogme, sans formatage, où on ne m’impose pas ce que je dois faire. C’est pour cela que je vais dans des styles éloignés du courant principal. Comme faire un album sans instrument (référence au Gospel Journey, son dernier album solo, ndlr) ou de l’improvisation sur scène. J’ai su que j’avais une liberté grâce à la musique, et je compte la préserver. 
 
Quels sont vos plats préférés ?
Je suis de tendance Bio même si j’adore le dibi. C’est ma faiblesse. Je mange en général du poisson. Et je crois que rien n’est comparable à un « Thiébou Djeun » avec la totale (« soule » et « beuguethie »), un » mafé » de temps en temps. Quand c’est possible, je fais mes propres jus de fruit. Je suis une abeille ambulante car je consomme beaucoup de miel, moins pour la voix que pour la santé. Le miel a des vertus mystiques et des bienfaits naturels. En revanche, pour ma voix, surtout quand elle est fatiguée, je prends une association de miel et de gingembre. 
 
Et vos nourritures intellectuelles, de l’esprit ?
Mes livres préférés sont « Le disciple de l’âme de Cheikh Ibrahima Niass, « Le Prophète » de Gibran, l’Alchimiste de Coelho, « Nation nègre et cultures » de Cheikh Anta Diop, « Le ventre de l’Atlantique » de Fatou Diome. Mais aussi le Coran, la Bible, la Torah ; il est important de connaître la dimension spirituelle des uns et des autres.
 
Quelle est la part que prend la religion dans votre construction personnelle ? 
La religion est quelque chose de personnelle et de privé. Pour moi, la spiritualité est très importante. On peut porter un nom musulman, chrétien ou juif sans avoir une litanie, une sorte d’initiation qui va vers l’accomplissement et la connaissance de soi. La méditation soufie est importante, je fais ce qu’on appelle la Tarbiha pour connaître le moi divin et connaître la face divine. C’est grâce à Baye Niass et Cheikh Mamoune Insa. La spiritualité m’a permis de savoir que je suis celui que je crois être, l’autre qui est une partie de moi et mon propre reflet. J’ai découvert l’unicité à travers un monde où les couleurs se confondent, les êtres se confondent pour n’être qu’un. La foi est une force, une culture qui nous permet d’atteindre l’amour universel. 
 
Quel est votre regard sur l’image de l’Islam en Occident ? 
 L’Islam fait peur en Occident. Et ce n’est pas la seule religion. Les gens ont peur qu’on leur parle de Dieu. Aujourd’hui, les croyants sont souvent traités de fanatiques. L’Islam est une religion d’amour et de douceur. Son utilisation à des fins politiques voire personnelles peut faire peur. C’est ce que j’appelle de la manipulation spirituelle. L’Occident a certainement peur de la force de l’Islam avec les nombreuses conversions. Les gens entre en masse dans cette religion.

Quelles sont vos sensibilités politiques ?
Mes sensibilités politiques s’accordent au temps. Je ne démens aucun politicien et je me laisse le respect de croire en leurs promesses. Je parle de l’actuel gouvernement du Sénégal qui a présenté un certain programme. J’ai envie d’y croire. Le président est élu par le peuple et par respect à ce choix, je m’octroie la volonté de croire au changement. Mais je m’accorde toujours au temps en sachant que le temps est plus sage qu’un président. Il ne ment jamais. Le temps nous montrera de quoi ce gouvernement est capable et de quoi chaque Sénégalais est capable et jusqu’où peut aller notre engagement. J’ai envie de croire que le Sénégal, c’est le futur et que des infrastructures seront réalisées pour en faire un tremplin économique, social pour l’Afrique et le monde entier.
 
Justement et concrètement, comment jugez-vous les trois premières années de la présidence Sall ? 
Il y a un effort politique qui amène les dirigeants à rétablir un équilibre social. Le président est allé voir les différentes confessions religieuses du pays, il s’est déplacé dans les villes. Sur le plan de économique, notamment l’agriculture, je m’impatiente à voir des infrastructures, une autosuffisance alimentaire, une éducation mieux gérée au Sénégal. Beaucoup de gens traînent dans la rue, beaucoup trop de délinquance, trop de mendiants valides qui demandent de l’aumône au nom de tel ou tel marabout. Je ne pense pas que Serigne Fallou ou Cheikh Ibrahima Niasse envoie ces gens-là. L’Etat doit, autant que les artistes, s’engager dans la sensibilisation de ce que sont les valeurs sénégalaises. Nous avons traversé une crise de vertus depuis une dizaine d’années. Des valeurs comme le « Diom », « Ngor », nous les perdons pour l’argent. L’Etat doit être le gardien de l’éthique sénégalaise. 
 
Sur le plan international, quelles sont vos indignations ?
Ce qui m’indigne, c’est le mépris de l’autre, parce que certains pensent que sa spiritualité est basse, sa couleur n’est pas noble, son peuple est pauvre. Ce sont les préjugés contre l’humanité de certains. Je pense que cela ne résout pas le problème pour un équilibre mondial. 
 
Quelle lecture personnelle faites-vous de la situation des immigrés débarquant morts ou vifs sur les côtes européennes ?
On a mal informé nos peuples en cultivant le rêve d’ailleurs et pas celui de chez nous. Si seulement ceux qui partent savaient que cela n’en vaut pas la peine de mourir ailleurs. On essaie de déstabiliser l’Afrique parce qu’on sait qu’elle a toutes les richesses humaine, naturelle et minière. On a cultivé le rêve européen en oubliant celui de notre continent. Je pense qu’il y a une réelle politique de sensibilisation : la reconsidération de ce que nous sommes pour nous rendre à l’évidence que nous pourrons y arriver avec ou sans l’Europe. Tout le monde sait qu’il y a mal donne avec le gâteau de Bismarck sur la redistribution des terres africaines. Le Cfa ne nous appartient pas. Il faut revoir les bases économiques et avoir une réelle liberté économique. Je pense que ce serait un bon départ pour une vraie souveraineté nationale. 
 
Le visa d’entrée au Sénégal était un symbole de souveraineté nationale, il a été supprimé. Qu’est-ce que cela vous inspire ? 
C’est rigolo (rire goguenard). Nous faisons un visa et nous l’enlevons après quelques mois. Il paraît que c’est pour des raisons de tourisme. Quand est-ce qu’on aura des partenariats économiques équilibrés si les Sénégalais demandent toujours le visa alors que les autres n’en ont pas besoin pour venir au Sénégal. Il y a un déséquilibre qu’il faut rétablir. Je pense que ce n’était pas une mauvaise idée. Sinon pourquoi ne pas enlever le visa des deux côtés (Sénégal et France). Que ce soit un accord de partenariat diplomatique entre les deux pays. 
 
Quelles sont les œuvres artistiques qui vous inspirent ?
J’aime la peinture de Germaine Anta Gaye que j’avais comme professeur. J’aime aussi les tableaux de Caroline Guèye, Khalidou Kassé ou Paulane. J’ai une attention particulière pour la mode de Selly Raby Kane, Cheikha de Sigil. S’y ajoute le travail artistique d’Adama Paris. Pour le cinéma, j’aime ce que fait Moussa Sène Absa avec lequel j’ai eu à travailler. Marguerite (Abouet) est en train de faire un film qui s’appelle « C’est la vie » ; avec Ndongo D nous avons fait la musique. J’aime bien les artistes qui cultivent enracinement et ouverture sur le monde.

Sur le plan artistique, comment pourriez-vous présenter l’album Gospel Journey ? 
J’en suis content et satisfait des ventes. Sur I Tunes, nous sommes 7ème (entretien réalisé le 22 avril) et bientôt, je l’espère, nous serons premier. Les achats se font. L’album est en train de faire son bout de chemin. Il n’y a aucun instrument, l’opus est intégralement fait de percussions corporelles avec juste des voix. 
 
A quoi vos admirateurs peuvent s’attendre pour ce soir au Grand Théâtre de Dakar ? 
 Ça va être du feu, ça va exploser. Il y aura de très grosses surprises. Le groupe est prêt. Le Sénégal et le monde verront quelque chose de totalement nouveau.

Propos recueillis par Moussa Diop, correspondant en Franc



6 Commentaires

  1. Auteur

    Spagheti

    En Mai, 2015 (11:23 AM)
    bravo faada dommage que cette fete me trouve en europe ,moi qui ne rate aucun de vos sortit quand je suis au bled
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  2. Auteur

    Anonyme

    En Mai, 2015 (12:24 PM)
    ces putes nous amerdes nous ne voulons pas de votre salle vagin  mbeulei 
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    Auteur

    Ba

    En Mai, 2015 (13:06 PM)
    quand à vous fada, ainsi que vos semblables rappeurs et consort, vous ne savez rien, ne servez à rien, ne faites avancer rien, et n'avez aucun avis valable à partager. Ah si, vous servez quand même à amuser les toubabs avec vos looks de guignols. aller, disparaît.
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    Auteur

    Anonyme

    En Mai, 2015 (16:56 PM)
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    Auteur

    Anonyme

    En Mai, 2015 (17:36 PM)
     :fbdevil:  :roadrunner:  :looney:  :emoshoot:   <img src="https://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">   :joyy:  :jaaxle: 
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    Auteur

    Anonyme Bidon

    En Mai, 2015 (22:08 PM)
    des phrases creuses qui donnent l'impression d'etre cultivé....et un look tres Sénégalais ! :emoshoot:  :emoshoot: 
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