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Parole de femmes reçoit Adama Paris

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Parole de femmes reçoit Adama Paris

Parole de femmes reçoit la créatrice de mode et fondatrice de la Dakar Fashion Week, Adama Amanda Ndiaye. D’origine sénégalaise et passionnée de mode, Adama a créé la marque Adama Paris qui permet notamment de promouvoir de jeunes créateurs africains. La jeune créatrice nous parle de ses influences et revient sur ce que représente la mode africaine à ses yeux ainsi que l’évolution au niveau international.

Mode africaine, couleur, texture, matière

Adama Amanda Ndiaye : "Il y a une évolution certaine au niveau des créations présentées. Il y a de plus en plus de créateurs africains. Cela apporte une créativité exacerbée, des couleurs, des textures, des matières. On estampille de plus en plus la Dakar Fashion Week comme un événement africain".

Boire la mode jusqu’à la lie

AAN : "La mode c’est comme le vin, il y a des années où il y a des bons crus. Ces dernières années, le cru africain est assez élevé".

Le tissu, marque de fabrique

Adama Amanda Ndiaye, le 12 juin 2012, à Dakar, à la fin de la 10e édition de la Dakar Fashion Week

"Comment définir les contours d’une mode européenne, ou asiatique ? C’est pareil pour la mode africaine. Cependant ses contours sont peut-être plus faciles à définir, car la mode africaine est plus influencée par des couleurs et des textures. La marque de fabrique, c’est le tissu. Quand Burberry ou Gwen Stefani utilisent un tissu africain, on dit que c’est une mode ethnique. Il n’y a pas de tissu spécifique à la France ou à l’Allemagne. Mais il ne faut pas non plus définir la mode africaine uniquement par le tissu".

Réceptions mondaines et coquetterie

BBC Afrique : Adama Paris est fascinée par la mode depuis qu’elle a 9 ans. Mais il a fallu du temps pour convaincre ses parents, qui "pensaient que ce n’était pas un métier". "Aujourd’hui ce sont mes premiers fans". Sa mère, très coquette et mondaine, et femme de diplomate, organisait des réceptions. C’est elle qui l’emmène à son premier défilé, de "Monsieur Saint Laurent".

Sa mère est toujours très belle à ses dires, et l’a toujours été. Petite, Adama voulait lui sortir ses habits quand elle s’habillait, elle lui choisissait ses chaussures. C’est dire qu’entre Adama et l’apparence, c’est une histoire qui dure. Pourtant, elle revendique un style simple. "Il y a une réelle coquetterie dans la simplicité".

La simplicité des femmes belles…

AAN : "Les sociétés aiment bien stigmatiser. Moi c’est dans la simplicité que je trouve les femmes les plus belles. C’est pas parce que je suis dans la mode que j’aime les femmes fardées. La beauté émane de la femme. C’est pas son aspect extérieur qui fait qu’elle est belle. C’est ce truc qu’elle a intérieurement qui irradie son visage ou son corps, un sourire, un clin d’œil. Au Sénégal, chaque fois je m’émerveille à chaque fois que je vois des dames passer, avec leur boubou, et même les femmes de ménage, avec leur pagne et un t-shirt, je les trouve tellement belles… et bien évidemment, c’est pas parce qu’on ne ressemble pas à Beyoncé qu’on est pas belle. Les femmes que je trouve les plus belles sont les femmes qui ne ressemblent à personne finalement".

Diktat européen, société africaine

Une création Adama Paris, lors du Black Fashion Week show, le 5 octobre 2012 à Paris

BBC Afrique : La mode, les magazines, les modèles exercent une forte pression sur les jeunes filles, pour se conformer à tel ou tel idéal de beauté. Si Adama est elle-même fort coquette, elle n’est pas dupe. "Les magazines, les robes, c’est comme ça qu’ils se vendent : on veut dicter aux femmes ce qu’elles doivent mettre, les tendances". Elle souligne en revanche que ce diktat s’exerce moins en Afrique. "Même si avec la globalisation, les filles ont tendance à s’identifier à Claudia Schiffer, en Afrique il n’y a pas de grand magazine féminin à ce niveau-là. La différence en Afrique aussi, c’est cette chose assez formidable qu’on appelle la société africaine, qui fait que les mamans, les tatas et toutes ces femmes sont comme elles sont, fortes et belles, du coup les Africaines ont d’autres modèles que les magazines. Je crois qu’il y a moins de pression sur les femmes africaines".

Des mannequins qui font du 40

BBC Afrique : La Dakar Fashion Week se caractérise aussi par ses mannequins, qui sont quasiment tous africains, et dont les formes et les traits peuvent apparaître moins normés que leurs homologues de Fashion Weeks européennes et américaines.

"J’ai pas envie de reproduire la mode occidentale, j’ai envie de faire voir les femmes comme elles sont ici. Evidemment, on n’aura personne qui fait du 42, car les habits qu’on fait défiler ne sont pas dans cette taille. De plus, la lumière et le podium font paraître les femmes plus fortes. Et on a la chance surtout au Sénégal d’avoir des mannequins exceptionnellement belles, minces avec des formes, c’est assez rare dans les autres pays. Donc on a des filles qui font du 38 avec des formes, on a du 40 aussi, et il m’est même arrivé de prendre une fille qui faisait du 42 tellement elle était belle. J’essaie de montrer aux filles qu’elles sont belles peu importe leur taille".

Grosse ou maigre, quel est le pire ?

AAN : "Je suis une ancienne maigre, et vivant en Afrique, j’ai toujours souffert du fait d’être mince. Et on le souligne rarement, mais en Afrique, être mince à la limite de maigre, c’est un réel problème, comme d’être ronde en Europe".

Afrique, épicentre de la mode

AAN : "Ce n’est pas un rêve, c’est un cheminement. C’est mon chemin de croix, c’est mon ambition. Mon ambition c’est de mettre l’Afrique dans le map de la mode. Notre mode, notre approche sont différentes, car la mode c’est très subjectif ; les modes ressemblent à ce que les gens sont, en général. Et comme nous on a la chance de ne pas avoir de tendances, ça fait une mode, sans être chauvine, qui est plus près du peuple".

Des Dior et Saint Laurent africains

BBC Afrique : Il y a du chemin à parcourir. En effet, les grosses maisons de couture sont rares sur le continent, et les créateurs peinent à se faire une notoriété hors de leurs frontières. Pourrait-il y avoir des Dior, des Saint Laurent africains ?

AAN : "C’est une question de moyens. L’argent, c’est le nerf de la guerre. Il ne suffit pas de parader sur un podium, ces maisons sont devenues grandes car elles se sont structurées, elles ont trouvé des financements. Je connais au moins une dizaine de créateurs africains qui font véritablement de la haute couture, mais cela nécessite énormément de moyens, ce qu’on a pas du tout".

Personne n’est nu

Adama Paris (D) près d’un mannequin portant ses creations le 11 juin 2015 lors de la Dakar Fashion week

BBC Afrique : D’après Adama, il faudrait avant tout que "les gouvernements reconnaissent l’enjeu du secteur et apportent du soutien, si ce n’est financier, au moins moral".

AAN : "Ayant travaillé dans une banque, je sais qu’un bon dossier ça aide. Une créatrice de Diourbel ou de Thiès, avec ses croquis, ne pourra jamais avoir 100 000 euros dans une banque. Il fait aider l’accès au crédit, pouvoir financer des collections. En Afrique, c’est ça le drame, on n’arrive pas encore à visualiser que la mode est un secteur porteur. Tout le monde s’habille. Personne ne sort tout nu. Au lieu de faire venir des conteneurs d’habits chinois, on peut être concurrentiels avec les petits tailleurs, pour que ce ne soit pas cher".

La mode, une affaire d’hommes, de femmes, des deux

Les femmes créatrices sont très nombreuses sur le continent, contrairement à l’Europe. « Il ne s’agit pas de force, mais de créativité. Je suis féministe, mais l’important c’est la créativité. Si les femmes ne se battent pas assez fort pour être présentes eh bien… l’important c’est le mérite. »

Adama Paris, dans 10 ans ?

Adama Paris lors de la Mercedes-Benz Fashion Week de Berlin le 15 janvier 2013

"Je serai à Dakar, dans ma maison en face de la mer, j’espère que je saurai toujours surfer… en train de travailler tous les jours, en regardant ma corniche, qu’ils ne vont pas dénaturer j’espère… Je suis toujours très contente d’habiter à Dakar, et je n’aurais jamais cru ça quand j’étais jeune… j’habitais un peu partout, et quand je revenais à Dakar, je me disais : c’est pas possible que les voitures roulent comme ça, etc… Dakar, c’est une ville tellement agréable. Quand je rentrais, avant, j’ouvrais la fenêtre en disant « Il fait beau aujourd’hui », ma mère me regardait "il fait beau toujours ici".

L’argent et les idées

AAN : "Je me vois habiter ici, je vois ma télé de mode évoluer, des structures qu’on aurait créées, et voir toutes ces jeunes faire des choses qu’elles aiment… J’aimerais leur dire que quand j’ai commencé, j’avais zéro franc. Je n’avais qu’une idée, une grosse passion. On peut surmonter tout si on est passionnée et qu’on y croit. C’est pas des paroles en l’air. Mais l’important, c’est de ne pas perdre de vue son objectif, ne pas en cours de route se perdre. C’est le meilleur conseil que je puisse donner. C’est pas l’argent qui amène l’idée, c’est l’idée qui amène l’argent".

Et vous apprendrez que la beauté c'est avant tout la simplicité, et que la mode africaine a un bel avenir devant elle... Parole de femme !




1 Commentaires

  1. Auteur

    Massfashion

    En Août, 2015 (04:46 AM)
    Le gouvernement sénégalais et les sociétés de la place ne sont plus dupe. Tu bosses pour ta poche et ton entourage Dakar fashion week est NUL....les memes tete de rien du tout...des mannequins bidon et très sale de la place, xessalisees, droguees, qui trinquent de gauches a droite ...maintenant toute les filles veulent être mannequins. Tes creations sont nulle que personne ne porte a part toi. Bref, tu fais ta propre promotion mais pas celle des créateurs que tu invites....Tu es promoteur d'événementiel mais pas créatrice de mode. basta! :dedet:  :dedet:  :dedet:  :cry:  :cry:  :tala-sylla: 

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