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Politique

ALIOUNE SOW, MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DE L’EMPLOI : «Il n’y aura pas d’après Wade au Sénégal»

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ALIOUNE SOW, MINISTRE DE LA JEUNESSE ET DE L’EMPLOI : «Il n’y aura pas d’après Wade au Sénégal»

Le Ministre de la Jeunesse est convaincu qu’il n’y aura pas d’après Wade au Sénégal. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le patron de l’Union des jeunesses travaillistes libérales (Ujtl) livre son appréciation du scrutin présidentiel, juge l’opposition et évoque, entre autres, le dossier des émigrés clandestins.

 

MATIN : Comment comprendre le plébiscite du président Wade ?

M. ALIOUNE SOW : Le peuple de manière générale, mais en particulier la jeunesse sénégalaise, s'est mobilisé comme un seul homme pour plébisciter le candidat Wade. Au Sénégal, il y a près de 65 % de la population qui ont moins de 35 ans. Ces jeunes se sont massivement inscrits sur les listes électorales et se sont mobilisés pour le candidat Wade. Il faut également dire que personne n'a le droit de revendiquer une quelconque paternité de cette victoire, en dehors du président Abdoulaye Wade. Le parcours, la vision, les actions, les réalisations, et la proximité de cet homme qui a allure de complicité avec la jeunesse et la population de manière générale, ne pouvaient que produire de tels résultats.
Donc, ce score ne me surprend pas du tout. D'ailleurs, on me reprochait très souvent d'avoir un optimiste béat. Mais mon optimisme était fondé sur la réalité du terrain. Pendant que des gens jouaient aux pseudo-experts, aux analystes, aux politologues maladroits et prétentieux, à partir des salons de Dakar et des salles de rédaction, nous étions sur le terrain, battant campagne partout, travaillant et menant des actions au nom du président Wade et du Premier ministre Macky Sall. Je le pense, cette victoire, nous la devons à l'aura du président Wade, à sa présence dans le cœur des Sénégalais, mais également à l'organisation efficace, sans bruit, et méthodique, de son directoire de campagne dirigé par le Premier ministre Macky Sall.

La victoire étant acquise, s'il y a une part à revendiquer auprès du chef de l'État pour le compte des jeunes, quelle est-elle ?

Les jeunes et Wade entretiennent des relations sans condition. Ce sont des liens d'avenir pour le Sénégal et pour l'Afrique. Et par conséquent, il ne s'agit nullement de relation basée sur du "donnant-donnant". Avant même que Wade ne soit président, il a posé des actes majeurs en direction de la jeunesse sénégalaise et africaine. Élu à la tête de cet État, il a amené la jeunesse au pouvoir avec lui, en la responsabilisant et en lui créant des conditions d'épanouissement. Un homme comme ça, la jeunesse ne lui réclame rien parce qu'il est leur premier avocat. Moi qui le rencontre et qui discute avec lui de questions de jeunesse, je sais pertinemment que la jeunesse sénégalaise peut tout obtenir de Wade, sans même demander quoi que ce soit, parce qu'il connaît ses problèmes, ses ambitions.
Il l'a dit, le problème de la jeunesse africaine, c'est le manque d'opportunité ou de cadre réel pour exprimer son talent et la disponibilité. Et lui, il y travaille tous les jours. Mon rôle est d’œuvrer pour l'émergence d'une jeunesse sénégalaise apte, patriotique et compétente. Et je le garantis aux jeunes, tant que nous tiendrons bon, nous recevrons le meilleur des mains de Wade. Contrairement à certains responsables, ou à une certaine tradition qui fait du jeune, cet enfant qui n'a pas voix au chapitre, lui, il a fait son pari sur la jeunesse. Il nous disait souvent, "si je m'éloigne, on vous écrase". Et nous autres l'avons si bien compris qu'il est notre seule source d'inspiration et notre repère dans tous les combats.

Et curieusement, sur les listes Pds pour les législatives prorogées, une part congrue a été réservée aux jeunes. Vous-mêmes, par solidarité, avez sacrifié votre place. N'est-ce pas une contradiction ?

Nous n'allons, encore une fois, rien réclamer. Parce que nous faisons entièrement confiance au président Wade. Ce qui s'était passé est l’œuvre de racontars, d'hommes qui n'ont ni compétence académique, ni connaissance du pays. Ils sont très éloignés des réalités sénégalaises et du peuple. Ils n'avaient aucune raison de devoir et même de pouvoir porter conseil à un homme de la dimension de Abdoulaye Wade. Ainsi, ils ont prétendu avoir réalisé des études de je ne sais quoi, qui rapportent des sornettes du genre, "il y a une désaffection des jeunes par rapport à Wade". Ils ont ainsi conclu que la jeunesse a tourné le dos à notre candidat.
Mais Dieu merci qu'au sortir de cette élection, ces gens ont connu un démenti cinglant. Pourtant, je les avais défiés. Tout ce beau monde-là, qui rôde autour du palais et des cercles du pouvoir et qui raconte avec des documents parfois dont ils ne connaissent même pas les contenus... Ces gens qui, je ne sais de quelle façon magique, ont pu obtenir quelque position autour du chef. À partir du démenti cinglant que la jeunesse leur a administré en contribuant à l'élection, à bout de bras, du président Wade, ces gens devraient tout bonnement s'effacer. Personne ne peut provoquer le divorce entre Wade et les jeunes. Déjà en 1978, notre leader a amené avec lui un jeune étudiant à l’Assemblée nationale. Ce qu'il a refait en 1998, allant jusqu'à se faire seconder sur la liste nationale, par un jeune, en l’occurrence Diagne Fada qui, lui-même, a conduit cette liste.
N'a-t-il pas aussi nommé de façon régulière et discontinue un jeune comme ministre dans ses gouvernements? N'a-t-il pas fait entrer une quinzaine de jeunes parlementaires à l’hémicycle? En tout état de cause, sur cette affaire d'investiture sur les listes de députation, je travaillerai de sorte que nous autres jeunes, ne nous mettons pas dans la position de ceux qui conditionnent Wade. Et ce que nous ferons, c'est de confier notre sort au frère secrétaire général. De lui, nous accepterons tout. Par contre, nous refuserons une mesure qui émanera de quelque comploteur que ce soit. Mais, nous suivrons Wade, même les yeux fermés, car nous sommes convaincus qu'il peut voir ce qui nous échappe. Ainsi, nous savons aussi que s'il ne donne pas quelque chose à un jeune, c'est qu'il lui a gardé autre chose de meilleure.
Vous savez, cet homme a fini de montrer la voie. Celle de son ambition d'avoir d'avantage de jeunes et au Parlement et au gouvernement, et dans l’espace présidentiel et dans toutes les sphères de prise de décision de ce pays-là.

Vous côtoyez le président Wade. Comment comprenez-vous sa réaction à l'endroit de certains de ses adversaires, juste après sa victoire ?

Je le soutiens. Pour comprendre la réaction du président, il faut savoir que, ce qui s'est passé avant et pendant la campagne électorale, a été simplement dégueulasse. Inacceptable. Ce qui ne m'a pas surpris venant d'une opposition aux abois qui n'a rien vu venir, qui croyait finissant le régime de Wade, alors que c'est elle qui s'est enfouie davantage dans l’opprobre et dans les fosses septiques. Après avoir totalisé autant de forfaitures au détriment du peuple sénégalais, ces gens ne peuvent mériter que ce qu'ils ont mérité. C'est important que maître Wade, qui a démontré s'être résolument investi dans la voie de la bonne gouvernance, de la transparence, de la préservation des intérêts de nos populations, s’élève pour annoncer les couleurs. Il l'a pourtant toujours dit : il peut tout offrir.
On peut l'abuser. Mais, pour ce qui appartient au peuple sénégalais, il n'est prêt à céder à aucune pression, à aucune menace, parce qu'il est le défenseur principal des intérêts du Sénégal et des Sénégalais. C'est dire donc que, sur cette affaire précise, c'est à cette opposition de rassembler les preuves du contraire. Si, bien entendu, elle en dispose. Le Sénégal est pris à témoin. On ne peut pas laisser passer pour pertes et profits, des pratiques dont notre pays a été la victime.
Ceci, même si nos adversaires portent aussi dans leur conscience, la sévère sanction du peuple qui leur a jeté à celui-ci 2 % de son suffrage, à l'autre 4 %, au mieux placé d'entre eux 14 %... C'est la sanction du peuple et, celle de la justice doit également suivre, parce que "la loi est dure, mais c'est la loi". Pourquoi devrons-nous verser dans l’euphorie de la victoire pour mettre l'éponge sur des forfaitures de cette taille? La joie ne doit nullement faire perdre la sérénité ou l'équilibre d'homme d'État.

La succession de Wade est ouverte. Les observateurs de la scène politique le pensent. Est-ce que vous...

(Le ministre coupe court )... Je vous le dis tout de suite, il n'y aura pas d'après Wade au Sénégal. L’œuvre de cet homme, son nom, sa personne, résisteront à toutes les générations. C'est une oeuvre historique. Je suis de ceux qui pensent qu'il est malsain d'épiloguer sur ces questions (Ndlr : âge de Wade, etc.). C'est s'adonner à des pratiques non conformes à notre culture et à nos traditions que d’évoquer la succession d'un être vivant et jouissant de toutes ses facultés. Abdoulaye Wade conduit merveilleusement les affaires de ce pays. Rappelez-vous qu'il a battu campagne de façon extraordinaire. Debout du petit matin à 2 heures du matin, tous les jours, sillonnant le pays entier et en communion parfaite avec les populations.
Moi, je m'occupe exclusivement du présent, tout convaincu que l'avenir lui-même sera aussi wadiste. C'est ma ligne de conviction et elle m'interdit de m'inscrire dans une quelconque logique de clan ou de bataille de positionnement. Pour mémoire, Wade s'est battu pendant plus de 26 ans, pour être président. Il a essuyé toutes sortes de privations, de brimades et de procès injustes. Mais, le brave, armé de sa seule volonté de sortir un jour son peuple de sa situation, a tenu.
Par conséquent, que ceux qui s'esquissent un avenir du genre, osent faire comme lui, au lieu de s'aménager des raccourcis scandaleux et honteux, en comptant des âges. Pour Wade, je n'ai pas d'état d'âme. Je suis comme une montre réglée à l'heure wadiste. Ce que Henri IV disait à ses soldats, c'est ce que je me dis. En toute circonstance, en toute situation, je suivrai la direction du panache blanc de Wade. Un ministre britannique de l’environnement, à propos de la succession de Blair, qui n’est plus aussi jeune, a répondu : "Passer son temps à penser à son prochain boulot peut te faire perdre ton boulot actuel". Ce qui est important pour tous, c'est de se concentrer sur l’œuvre de construction nationale que Wade a engagée. Ensuite, de nous évertuer à servir cet homme pour cette Nation, avec loyauté, fidélité... Je refuse d'entrer dans ce débat dit de la succession. Pour moi, l'admettre seulement, c'est compromettre, par avance, les résultats que le peuple sénégalais attend de nous.

Vous êtes toujours allé au charbon pour défendre votre leader. Mais, depuis un certain temps, c'est "silence radio" de votre part. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Il ne s'agit ni de consigne reçue, ni de stratégie peaufinée. C'est juste un comportement conséquent parce que, pendant que d'autres râlaient dans les radios ou dans des salons, j'étais sur le terrain. Des gens sont allés essayer de convaincre Wade qu'il y a une désaffection de la jeunesse envers le président. Je suis le premier concerné par cette visée obscure. Pourtant, je me suis occupé de la politique publique de jeunesse du Sénégal, pendant cinq (5) ans sur les sept (7) de l'alternance. Six (6) mois avant les élections, j'ai bouclé une tournée de 44 jours, et de 13.000 kilomètres. Une revue des troupes qui m'a conduit dans des centaines de localités, sans transporter des personnes, sans des millions à distribuer.
Et partout, des jeunes sont venus massivement et spontanément à notre rencontre pour marquer leur adhésion au wadisme. Certains ont évoqué l'émigration clandestine pour désigner la fameuse théorie de désaffection des jeunes. Mais là, je suis désolé, c'est quand même quatre mille (4.000) individus qui sont concernés, sur plus de six millions cinq cent mille (6.500.000) jeunes sénégalais qui ont moins de 35 ans. Il ne faut pas oublier, parmi ceux qui sont partis, le nombre de ceux qui ont abandonné un emploi. C'est dire que, pour la plupart, ces individus n'ont pas fui la précarité. Ils ont seulement couru vers l'illusion d'une fortune rapide.
Mais, ceux qui n'ont pas pu décrypter convenablement ce phénomène l'ont appris à leurs dépends, puisque c'est cette même jeunesse qui a plébiscité Wade. Elle n'a pas oublié qu'avec cet homme, c'est elle-même qui est au pouvoir. Vous imaginez que le Premier ministre Macky Sall est, lui-même, le quatrième benjamin de son gouvernement. C'est important.

Par rapport à l’émigration clandestine, n'avez-vous pas le sentiment que les accords ont été mal négociés avec l'Espagne ?

Puisque ceux qui sont à la base de ce protocole sont assignés à ne pas en bénéficier pendant trois ans. Dans chaque situation, il y a toujours un facteur déclencheur. Ainsi, ces jeunes qui ont pris les pirogues ont été les facteurs déclencheurs des accords avec l'Espagne. Mais, il ne faut pas oublier une chose. En 2006, c'est plus de 30 mille jeunes qui ont pris le large pour l'Espagne. Parmi eux, il n'y a que 4000 sénégalais. Tout cela avant la campagne électorale. Mais le Sénégal est le seul pays qui a obtenu des accords au profit de milliers de jeunes. Sous ce rapport, Wade mérite reconnaissance.
L'autre aspect est qu'au-delà des possibilités d'investissement émanant de l'Espagne, au profit de la jeunesse sénégalaise, de la lutte contre le chômage, de la promotion de l'emploi, ces accords qui sont obtenus visent entre autres, l'éradication du phénomène de l'émigration clandestine en faveur de l'émigration légale. Ainsi, toute initiative allant dans le sens d'encourager l'émigration clandestine, est contraire aux accords. Nous ne devrons pas donner l'impression aux jeunes qu'il faut d'abord aller en Espagne ou mourir dans les océans, soit être repêché, soit arrivé, être jugé, renvoyé au pays, pour enfin avoir un visa. C'est dire aux jeunes : « Jetez-vous à la mer ensuite vous avez votre visa ». C'est ce que l'on veut éviter. L'Espagne a comme le Sénégal sa législation sur l'émigration. Et de la même façon que l'émigration clandestine est au cœur du débat national ici, c'est pareil là-bas. J'ai été déçu d'entendre Ousmane Tanor Dieng dire à propos que l'État du Sénégal a reçu de l'Espagne 13 milliards, pour les distribuer aux clandestins.
Mais enfin, ces jeunes qui ont touché les berges de l'Espagne savent très bien qu'ils sont fichés, que leurs noms circulent dans tous les pays de l'Union européenne. Ils savent aussi qu'en venant, ils avaient un certificat d'expulsion. Ils savent aussi que la loi espagnole en matière d'émigration leur inflige une interdiction de séjour de trois ans. Ils savent également qu'à leur retour au bercail, ils devront être rejugés et même condamnés. Mieux, le président a dit toute son attention pour que des programmes, des projets, et un accompagnement soient mis à leur profit afin de les aider à trouver un espace économique dans leur pays. Avec ces accords, c'est l'Espagne qui nous fait une offre d’emploi avec des profils, des types de contrats et des rémunérations selon les localités où les jeunes pourront travailler. Nous ne sélectionnons pas. Ce que nous faisons, c'est prendre le nombre double par rapport aux offres qui nous ont été faites.
Ensuite, l’entreprise Espagnole intéressée se rend au Sénégal pour recevoir les jeunes concernés en entretien. C'est une fois rentrée en Espagne qu'elle procède à la sélection définitive. Le Sénégal ne donne qu’une chance sur deux à tout jeune présélectionné. C'est vrai que ces jeunes rapatriés peuvent bénéficier des choix. Et puisqu'ils sont frappés par l'interdit espagnol, ils peuvent porter leur choix sur un de leur parent qui a le même profil qu'eux et qui peut jouer le même rôle social qu'eux. Seulement, gare à ceux d'entre eux qui seront tentés de commercer les visas mis à leur disposition. Notre vigilance ne pourrait être déjouée et nous serons fermes.
Notre gouvernement est en pourparlers avec celui de l'Espagne, pour obtenir un traitement de faveur qui autorise la levée de cette mesure (Ndlr : interdiction de trois ans) à base de l'humanitaire, au profit des jeunes sénégalais. Et c'est en bonne voie. Mais, soyons sérieux et tenons aux jeunes le langage de la vérité qui consiste à leur dire d'abandonner l'émigration clandestine pour celle légale. Et à défaut de cela, le jeune doit être invité à travailler durement pour transformer son environnement économique. C'est ce discours qu'il faut tenir aux jeunes.

Quelle est votre politique de jeunesse pour les cinq ans à venir ?

Je veux préciser auparavant que la politique de jeunesse est d'abord celle du président de la République qui l'a définie et qui est mise en oeuvre sous la conduite du Premier ministre. En plus du renforcement des moyens permettant aux jeunes d'avoir accès aux crédits, pour la promotion de l'initiative privée, et de l'entreprenariat en milieu jeune, que le président a décliné dans son programme de campagne, cette fois plus qu'avant, nous allons renforcer l’accès aux crédits, réduire les procédures, décentraliser les moyens de financement pour que les populations puissent accéder facilement à ces moyens.
À ce sujet, nous avons déjà engagé des réformes, des textes régissant le fonctionnement des structures de financement et de formation disponibles au niveau du département de la jeunesse. Nous travaillons à une meilleure mise en cohérence de l'ensemble des outils de promotion d'emploi et de jeunesse qui existent dans les départements auprès des bailleurs et un peu partout. C'est pour que la gestion de la jeunesse et de l'emploi soit plus cohérente et pour maximaliser l'impact et le rendre plus visible. Bien entendu, tout cela en renforçant les mesures incitatives, auprès du secteur privé, pour pouvoir également créer des emplois. Je ne crois pas qu'il y a des emplois en dehors de l'entreprise. Les États-Unis sont passés par là avec leur "Small business act".
Autre chose, les crises en matière d'emploi sont surtout causées par un excès d'épargne sur l'investissement. Ainsi, pour rétablir l'emploi, il faut rétablir les profits. Et pour rétablir les profits, il faut rétablir l'investissement. D'où la nécessité d'une relance de l'investissement, relance qui le plus souvent est le fait de l'État. Et sur ce plan-là, l'État sous Wade, c'est connu, fait des efforts. J'ai dit lors de notre dernier meeting de campagne qu'il est grave de parler de manque d'opportunités d'emplois alors que le pays est en chantier. On sait que là où il y a des chantiers, il y a de l'emploi. La conséquence est donc que les investissements publics entraînent la croissance des investissements privés. Et avec cet effet induit, nous aurons davantage d'emplois.
À tout cela, il faut ajouter l'engagement en faveur de la baisse des taux d'intérêts pour faciliter l'investissement. Nous allons continuer le recrutement dans la fonction publique. Déjà à d'autres niveaux, nous avons signé aussi des accords importants avec des groupes intéressants. Nous allons bientôt organiser les concertations nationales sur l'emploi lors de la semaine nationale de l'emploi.

Modou Diagne Fada est revenu à la maison du père. Lui avez-vous souhaité la bienvenue ?

Vous savez, beaucoup de gens se trompent, Fada n'est pas mon adversaire, il n'est pas mon ennemi. Il est un frère de parti avec qui j'ai entretenu des relations particulièrement fraternelles, de complicité, d'amitié, pour ne pas dire d'affection. Il m'a marqué et je l'ai marqué. C'est malheureux qu'on arrive à connaître une parenthèse où nos relations étaient un peu détériorées. Il faut oser le dire, mais moi, je ne suis pas un rancunier. Lorsqu'il a pris une direction qui est contraire aux intérêts internes du parti et de Wade, j'étais radical.
Avant cela, j'ai pris la casquette d'avocat de Fada pour des raisons évidentes fondées sur la fraternité de parti et sur une solidarité générationnelle. Et Fada dans le Pds ne peut avoir que la fraternité politique et l'amitié de Alioune Sow. Mais quand même, il ne faut pas oublier que ce qui nous uni est dix mille fois plus fort que ce qui nous désuni. Nous sommes de la même génération de moins de quatre ans, nous sommes tous des produits de Wade. Il a bénéficié autant que moi sinon plus de l'affection, du soutien, des prises de positions tranchées en sa faveur de la part de Abdoulaye Wade. Je suis le jeune frère à qui il a passé le témoin. Nous devons tous ensemble oeuvrer pour le rayonnement du Wadisme. Pas de calcul, vous savez ce n’est pas bien de se précipiter pour l'avenir. Franchement, si aujourd'hui quelqu’un a des ambitions, à commencer par moi-même, c'est parce que Wade lui a donné les opportunités d'être connu, d'avoir quelques relations. Il ne faut jamais dans la vie oublier la source de son pouvoir.

L’Afrique ne peut pas laisser son destin aux mains des puissances étrangères. On parle pourtant beaucoup de l'intégration africaine, mais ne faut-il pas privilégier l’approche jeune ?

Je suis entièrement d'accord. Tout les sommets africains entre décideurs partent d'une approche qui n'implique pas totalement les jeunes, ils n'ont jamais donné la parole aux jeunes et à ce propos, Me Wade a eu le mérite d'être le premier à avoir amené les jeunes africains, lors d'un sommet de chef d'État et de gouvernement, à inscrire dans l'ordre du jour la prise de parole des jeunes. Il a même financé lui-même une conférence africaine des jeunes leaders. C'est lui également qui a donné le ton pour la promotion de la jeunesse.
C’est pourquoi, il est devenu aujourd'hui un modèle pour la jeunesse africaine et mondiale car il a intégré tout le monde sans distinction de race ni d'origine dans ces actions et plaidoiries en direction des jeunes. On ne peut réussir les politiques d'intégration sans mettre les jeunes au cœur des processus de prise de décisions. Car il n'y a pas de pays africain où l’on ne trouve pas un taux de jeunes de plus de 30 à 35 % de la population totale. D'où la nécessité de les prendre en compte. Les conflits, les enfants soldats, les crises entre autres, ce sont toujours les jeunes. Si on ne pense pas donner réellement la parole à ces derniers pour entendre ce qu'ils pensent, naturellement, ils vont s'offrir à une alternative par rapport à la recherche de cadre d'expression de leur préoccupation. Mais, je pense que de plus en plus depuis quelques années les pays africains ont une autre perception de la jeunesse. À cet effet, l'avant dernier sommet France-Afrique a consacré son thème à la jeunesse. De même, il y a des tentatives d'organiser un conseil africain de la jeunesse. Aussi, s'inspirant de l'exemple sénégalais, des jeunes ont été nommés un peu partout en Afrique, membres du gouvernement ou à des postes de responsabilité.



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