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Politique

ALIOUNE TINE (A LA TETE DE 1 300 OBSERVATEURS) : POURQUOI WADE A GAGNE

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ALIOUNE TINE (A LA TETE DE 1 300 OBSERVATEURS) : POURQUOI WADE A GAGNE

Alioune TINE (Secrétaire général de la Raddho) : ‘L'opposition n'était pas prête pour aller aux élections’

Après avoir déployé près de mille trois cents observateurs dans le pays le jour du scrutin, le secrétaire général de la Raddho nous a livré ses impressions et ses analyses sur le raz-de-marée de Me Wade. Même s'il affirme qu'il y a eu des irrégularités dans le scrutin, Alioune Tine reconnaît qu'au vu de l'ampleur de la victoire, cela ne peut nullement entacher le choix que les Sénégalais ont massivement porté sur Abdoulaye Wade.

Wal Fadjri : Le Sénégal sort d'une élection présidentielle que vous avez suivie de bout en bout en tant qu'observateur. Quelle appréciation en faites-vous ?

Alioune Tine : Le scrutin s'est bien déroulé globalement. Ce qu'on peut noter d'abord de massif, c'est la mobilisation des citoyens sénégalais qui sont allés voter massivement. Ils ont carrément pris d'assaut les centres et les bureaux de vote très tôt le matin. Ils ont voté dans la discipline, dans l'ordre. Et malgré les cafouillages, malgré le retard, ils sont restés patients. Effectivement, nous qui avons regardé plusieurs bureaux de vote, nous avons été surpris par cette forte détermination. C'est le premier élement qui saute aux yeux. Dès qu'on est arrivé le matin, nous avons évalué la situation et nous étions persudés qu'il fallait prolonger le vote. Parce que de deux millions sept cent mille, on est passé à près de cinq millions d'inscrits. Et de 62, 37 % de participation en 2000, on est passé à près de 78 %. Seulement, les onze mille bureaux de vote qui étaient prévus, n'étaient manifestement pas suffisants pour permettre un bon déroulement de l'élection. Au niveau de l'organisation du scrutin, il y a donc des choses à revoir dans la perspective des législatives qui viennent pour que les problèmes structurels récurrents d'absence de membres de bureau de vote, de manque de bulletins de vote, de retard dans l'attribution des cartes d'électeurs soient du passé. Et que les gens puissent voter rapidement et que les délais impartis soient respectés. Ainsi, si on dit que le vote se termine à 18 h, il faut que les bureaux soient fermés à cette heure. Que les gens ne soient pas également obligés d'arrêter le vote parce qu'il n'y a pas d'électricité ou que les lampes tempête n'ont pas de pétrole ou même que l'on soit obligé de s'éclairer à l'aide de bougies ou de téléphones portables, comme on l'a vu au Point E. Voilà un ensemble de choses qu'il faut régler définitivement, car ça jette une suspicion inutile sur le scrutin de façon générale.

Wal Fadjri : Les résultats sortis des urnes font l'objet de beaucoup de commentaires, mais surtout de quelques contestations de la part de certains partis politiques. Les dysfonctionnements relevés sont-ils de de nature à remettre en cause la sincérité du scrutin ?

Alioune Tine : Il y a eu beaucoup de problèmes dans ce scrutin. Mais l'honnêteté commande de reconnaître que les irrégularités et dysfonctionnements constatés ne sont pas de nature à modifier ou à entâcher les résultats du scrutin. Franchement, quand nous avons vu le matin du 25 février cette masse d'électeurs avec sa détermnination, sa patience, parfois sous le soleil, nous avons compris qu'ils avaient un message à délivrer. Il faut faire preuve de fair play. Maintenant, comment tout cela est arrivé ? Il faut essayer de l'analyser.

Wal Fadjri : Et quelle analyse en faites-vous ?

Alioune Tine : D'abord, si on veut voir comment c'est arrivé, il faut avoir une vision globale, c'est-à-dire depuis le moment où on a adopté la loi sur la Cena et où on a nommé ses membres. Quand on regarde cette période, à l'exception de l'adoption de la loi sur la Cena qui a suscité l'unanimité à l'Assemblée nationale, tout ce qui a suivi a été fait dans la suspicion, la polémique, la tension et la défiance. Et souvent, beaucoup de mesures prises dans cette période préélectorale étaient des mesures unilatérales prises par le pouvoir en place, en l'occurence le président de la République. Que ce soit le couplage, le découplage qui est une conséquence de la plainte de l'opposition, que ce soit la suppression du quart bloquant, le fichier électoral. Il est évident que les gens n'ont pas suffisamment discuté pour arriver à un consensus. Tout cela rend difficiles la gestion du scrutin et l'acceptation des résulats. Aujourd'hui, il y va d'abord de la responsabilité de l'Etat de rectifier le tir pour qu'on aille vers des élections législatives transparentes et que dès qu'on proclame les résultats que tout le monde s'accorde là-desssus et les accepte. Il y va égalament de la responsabilité de l'opposition d'avoir plus de cohérence, plus de conséquence. Ainsi, si ces gens de l'opposition ont la conviction que le processus ne marche pas, qu'ils manifestent plus de résistance, plus d'opposition. On l'a vu en 2000. Le 3 février de cette année-là, une grande manifestation avait poussé à l'audit du fichier électoral. Il faut également regarder du côté des médias. Durant les sept ans, l'opposition a été très peu présente à la télévision nationale. Or cette télévision-là est regardée un peu partout dans le monde. Cela a eu un impact sur le vote à l'étranger en faveur de Wade et au détriment de l'opposition. Il faut quand même mettre en garde contre un affaiblissement de l'opposition dans une démocratie qui marche. Il faut un équilibre des forces dans une démocratie. Quand on prend la télévision avant et après la campagne, on se rend compte que la véritable campagne électorale du parti au pouvoir, c'était dans son journal télévisé : Les inaugurations, les coups d'envoi pour les travaux, les signatures de projets, la signature de la recapitalisation des Ics, etc.

Wal Fadjri : Cette publicité de la télévision au profit de Wade ne peut, à elle seule, expliquer le raz-de-marée qu'il a obtenu un peu partout...

Alioune Tine : Je pense qu'il y a eu tout cela auparavant. Ensuite, quand vous avez votre ministre en tant qu'organisateur des élections, vous jouissez de ce qu'on peut appeler un délit d'initié. Vous avez la possibilité de la planification, vous contrôler le calendrier et il est évident que vous pouvez, comme on dit, mobliser vos militants à temps. Il en est de même quand vous avez des élus partout. Le fait de contrôler les communes, les communautés rurales, est un fait très important. Ce n'est pas par hasard qu'on a donné à tous les présidents de communautés rurales des véhicules. Ils sont tous des relais. Il y a eu une prépartion munitieuse, souteraine qui n'a pas dit son nom et qui peut expliquer les résultats que l'on sait. Il y a également ces réseaux formés par les marabouts qui étaient reçus quotidiennement au palais. C'est également des relais. Mais pour l'étranger, il y a également l'accessibilité du président Wade. Partout où il est allé et où il y a des Sénégalais, il est prêt à les recevoir, à discuter avec eux ! Prenons maintenant l'image dans la campagne électorale. Prenez candidat par candidat. Si vous voyez l'image de Wade avec les chansons, vous découvrez que c'est le premier candidat à avoir troqué les belles chemises, les bretelles qu'on voyait en 2000 avec le grand boubou sompteux et le bonnet, les bras élevés sur la voiture. Une image qui le mettait dans une posture de patriarche. C'est une image impressionnante. Si vous prenez la cassette, même les tout petits enfants qui étaient autour de vous reprenaient les paroles de la chanson de campagne de Wade. Quel impact cela a eu ? Il faut l'analyser. Et les autres ont tellement compris la chose qu'ils ont été obligés de créer des chansons en cours de campagne. Au niveau de affiches, vous remarquez cette phrase : ‘Weddi guiss bokou tchi’. C'est important. Wade a visualisé son bilan : vous ne pouvez pas sortir de Dakar sans tomber sur la Case des tout-petits ou autres chantiers. Ensuite, il fut un moment où tout était bloqué. Et voilà qu'au moment de la campagne, on ouvre tout et les gens commencent à circuler facilement, à découvrir ce qui se fait. Si vous sortez par l'autoroute et que vous remarquez tous ces chantiers et ces engins, il est évident qu'en perspective, vous notez une modernisation de Dakar avec des ponts et tout. C'est du palpable, du concret. C'est ça le ‘weddi guiss bokou tchi’.

Wal Fadjri : Et l'opposition dans tout cela ?

Alioune Tine : L'opposition a été surprise par la tenue des élections. Ils n'étaient pas préparés à aller vers ces élections. Certains pensaient à un report. L'opposition n'est entrée dans le coup qu'au démarrage officiel de la campagne électorale, alors qu'avant cette période, les leaders auraient dû faire au moins une ou deux fois le tour du pays, un an avant pour préparer le terrain. Mais en vérité il y a eu beaucoup de confusions dans le processus électoral. Je me rappelle que jusqu'au 2 février, il y avait des doutes sur la tenue des élections. Quand vous regardez le dépôt des listes, il y avait des camps qui n'ont même pas pu mettre le nom de leur coalition parce qu'ils sont arrivés en retard. On a vu des coalitions qui se défont à deux semaines de la campagne électorale. Evidemment, tout cela ne peut rester sans conséquences sur la crédibilité de la camapgne de l'opposition. Et la multiplicité des candidatures a également joué. Les gens étaient perdus et ne savaient pas pour qui voter. Par ailleurs, le problème de leadership au sein de l'opposition a joué en sa défaveur. Les gens se sont tournés du côté du pouvoir parce qu'il n'y avait pas de leader charismatique nettement marqué face à Me Wade. Mais il y a eu également la dispersion. En 2000, Wade a gagné parce qu'il y avait une coalition très claire et un leader bien placé. Et depuis lors, Wade a tout fait pour que l'opposition n'ait pas de leader. Il a travaillé pour qu'il n'y ait pas d'autres leaders que lui. C'est comme un baobab au milieu de la forêt.

Wal Fadjri : Des leaders de l'opposition parlent d'incohérence entre les résultats et l'opinion qui était répandue avant le scrutin. Partagez-vous leur septicisme ?

Alioune Tine : Comme beaucoup d'intellectuels, j'ai été surpris par ces résultats parce que, comme l'a dit mon ami Ismaïla Madior Fall, c'est la prime donnée à la mal gouvernance. Il est évident que le fait palpable du septennat de Wade, c'est la mal gouvernance. Et le débat sur la mal gouvernance a pratiquement occupé le devant de la scène ces cinq dernière années : les scandales, les fonds politiques, les chantiers de Thiès, l'Anoci et tout. Et la presse de façon globale a été à l'avant-garde de la lutte contre la mal gouvernance. D'ailleurs, c'est pourquoi le président Wade a dit que son principal opposant c'est la presse. Mais auprès de quel public ce discours a-t-il eu un impact réel ? Il y a un constraste entre le profond malaise social, les coupures d'électricité, les pénuries de gaz, de carburant, etc., et les résultats sortis des urnes. Tout le monde se demande comment avec tout cela et sans le soutien d'Idrissa Seck, Wade est arrivé à gagner. Mais il faut reconnaître qu'il a eu les moyens de l'Etat et c'est important. Pour la sixième fois, il est candidat à la présidentielle. Pour cette élection, il a eu donc beaucoup plus d'expérience que tous les autres candidats. Et pour la sixième fois qu'il est candidat, il est candidat président avec l'appareil d'Etat et tous les moyens que donne l'Etat, y compris les moyens de destabiliser l'opposition. Et il ne s'en est pas privé. Et sans états d'âme.

Wal Fadjri : D'aucuns disent que l'un de ses objectifs était d'envoyer Moustapha Niasse à la retraite politique.

Alioune Tine : Il a destabilisé tous ses adversaires sérieux pendant la campagne. Et ça, c'était la méthode de lutte de Senghor. C'est pourquoi je dis que Wade est le plus senghorien de tous les présidents qu'on a eus. De par ses méthodes de gouvernance, de par sa relation au présidentialisme, de par sa façon de faire : vous êtes allié au Pds, soit vous vous dissolvez dans ce parti, soit vous êtes un ennemi et il vous combat systématiquement. Et c'est ça qu'on a vu. L'Ups, c'était aussi ça. Jusqu'en 1966-1967, Senghor a pratiquement éliminé tous les autres partis pour rester seul, tout puissant et avoir le parti unique.

Wal Fadjri : Comment appréciez-vous la compétition de vos amis de la société civile qui étaient en course ?

Alioune Tine : Avec eux, c'est encore pire parce que beaucoup d'entre eux ne s'étaient pas préparés. Beaucoup étaient inconnus des Sénégalais. Et cela explique les scores des uns et des autres. Il y en a qui ont fait une très bonne campagne. Je pense à Cheikh Bamba Dièye avec les thèmes qu'il a développés. Il y a aussi Me Mame Adama Guèye qui était parmi les candidats de la société civile le plus connu des Sénégalais. C'est pour dire que si vous n'êtes pas connu, vous venez comme un cheveu dans la soupe. Mamadou Lamine Diallo a fait également de très bonnes propositions, mais il n'est pas connu. C'est un très grand cadre issu de polytechnique comme les Jacques Attali, Valéry Giscard d'Estaing. Malheureusement, il n'est pas bien connu et sa campagne de communication n'était pas des meilleures. Louis Jacques Senghor, c'est vraiment la campagne du pauvre. Il ne s'est pas beaucoup déplacé. Si vous prenez un Modou Dia, on ne le connaît pas bien. Quant à Alioune Petit Mbaye, on l'a vu la veille de l'élection avec Macky Sall qui lui offre 20 millions de francs lors d'un combat demandant aux gens d'entrer au stade. Le lendemain, il se présente à l'élection et se met quand même à casser du sucre sur le dos du pouvoir, cee n'était pas cohérent. Et si vous prenez son slogan ‘Gorgui wathial Petit yeeg’, c'est un marrant. Un petit ne peut pas être président. Il faut qu'il change de petit.

Wal Fadjri : Peut-on quand même s'attendre à la prochaine présidentielle à la victoire d'un candidat de la société civile comme au Bénin ?

Alioune Tine : Ce sera très difficile. Ce n'est pas la même tradition. Les partis politiques existent au Sénégal depuis les années 1910. Bien avant, depuis 1848, il y avait des élections avec des partis politiques. Cette forte tradition d'une classe politique qui connaît le terrain, ce n'est pas demain qu'on peut l'enlever et l'amener aux vestiaires. Mais il est évident qu'un besoin de renouvellement s'est fait sentir, car il y a un vieillissement de la classe politique. Parce que les élections au Sénégal, c'est les moyens. Si vous prenez les cinq premiers de cette élection dans l'ordre ou le désordre, ce sont eux qui ont eu plus de moyens pour cette campagne. Et Wade qui a plus de moyens et qui a plus dépensé, tout en ayant l'appareil d'Etat avec lui, a gagné les élections. L'observation des élections au Burkina Faso, c'était pareil. Il n'y avait pas de commune mesure entre les moyens de Blaise Compaoré et de ses challengers. Aujourd'hui, au Sénégal, on est en train de vivre la même chose. C'est pourquoi il faut faire très attention. Car si avec des moyens financiers, quel que soit ce que vous pouvez faire, vous pouvez être président de la République, ça peut être dangereux. Il faut absolument plafonner les dépenses et veiller à l'utilisation des moyens de l'Etat. Aujourd'hui, c'est le Ps qui en souffre. Mais je me rappelle que Wade dénonçait à l'époque l'utilisation des moyens de l'Etat et aucune décision n'avait été prise par le Conseil constitutionnel. On a laissé la porte ouverte et c'est ça la faiblesse de nos institutions.

Wal Fadjri : Que faudrait-il changer ou améliorer en vue des prochaines législatives ?

Alioune Tine : Il faut faire en sorte qu'on puisse avoir un cadre pour réfléchir sur comment améliorer la confiance par rapport au processus électoral ainsi que l'organisation du scrutin pour qu'on n'assiste plus à des votes jusqu'au lendemain matin. C'est une honte. Il faut également changer les tissus des isoloirs qui sont très transparents, cela ne garantit pas le secret du vote. Il faut aussi faire en sorte qu'on ne publie les résultats à la radio qu'après la fermeture des bureaux de vote. Parce que cela influence le vote.

Wal Fadjri : La Raddho était presque présente dans tous le pays lors de cette élection. Cela veut dire que vous avez dégagé beaucoup de moyens. D'où avez-vous tiré ces moyens financiers?

Alioune Tine : Nous avons été soutenus par l'ambassade d'Allemagne et celle des Pays Bas pour ces élections. Nous avons également été soutenus par l'Organisation internationale de la Francophonie pour cette élection et celles qui arrivent. Oxfam America nous a également soutenu, mais c'est surtout pour les législatives qui viennent. Nous avons l'habitude de faire l'observation des élections dans beaucoup de pays de la sous-région et même en dehors jusqu'en Haïti. On savait qu'il s'agissait d'élections à enjeux au Sénégal et nous avons tout fait pour avoir les moyens et être partout présent. Nous avons déployés 1 300 observateurs et nous avons quand même observé près de 5 000 bureaux de vote.

Wal Fadjri : Vous êtes donc bien placé pour apprécier les irrégularités dont parle l'opposition.

Alioune Tine : Il évident que tous les partis qui estiment avoir été lésés ou qui soupçonnent des fraudes massives doivent faire recours auprès du Conseil constitutionnel avec leurs preuves. C'est un droit constitutionnel qu'ils doivent exercer. Et c'est la seule manière paficique de contester les résultats. Et une fois que la justice dit le droit, on tourne la page et on avance.

Wal Fadjri : Peut-on s'attendre à voir Alioune Tine candidat de la société civile à la prochaine présidentielle ?

Alioune Tine : (Rires). Ce n'est pas facile quand vous avez des partis politiques qui sont là depuis longtemps et qui ont les réseaux sur l'ensemble du territoire national. Si vous n'avez pas ça et si vous n'avez pas beaucoup de moyens - je veux dire au moins 4 milliards de francs - ce n'est pas la peine. Sinon peut-être pour participer aux débats. Et je crois qu'on peut y participer autrement qu'en étant candidat à la présidence de la République.



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