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Politique

Alliances et investitures au sein des partis : Tensions, chantages et incertitudes...

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Alliances et investitures au sein des partis : Tensions, chantages et incertitudes...

La classe politique sénégalaise traverse une étape cruciale. A deux mois des élections couplées (présidentielles et législatives), les partis politiques s’activent. Les alliances se nouent et se dénouent. Dans un espace électoral comprenant près de 3 millions électeurs, selon les hypothèses les plus optimistes et quelque 80 partis, sans compter les candidatures indépendantes, il est naturellement difficile voire impossible de gagner seul les élections. D’où la nécessité de recourir vaille que vaille aux alliances. Or, alliance rime avec chantage au Sénégal ! Ce qui explique les multiples blocages qui retardent le processus et rendent aléatoires les prises de décision. Aucune logique ne guide généralement ces alliances, sauf celle du nombre ou celle de donner l’impression d’en avoir. Du côté de la majorité comme de l’opposition, il y a des alliances de pure forme sans le moindre fondement programmatique.

Pourtant, les grands partis qui sont souvent demandeurs, sont aussi les grands perdants dans ce jeu qui influence les investitures. Les alliés réclament des sièges qui sont déjà insuffisants compte tenu du grand nombre de militants qui exigent d’être investis. Les investitures, c’est aussi le moment des divorces et des menaces. La récente démission de Mme Aminata Tall de son poste de ministre d’Etat est déjà rangée par certains commentateurs dans cette rubrique. Il est évident que les enjeux au sein du parti au pouvoir sont autrement plus importants que dans les autres partis.

La Cpa est scindée en groupes rivaux malgré les pétitions de principe et les déclarations de bonnes intentions. Coalition Alternative 2007(CA 2007) que dirige Moustapha Niasse et Dansokho réunit déjà une dizaine de partis. Mais en attendant les investitures, les donnes pourraient changer dans les deux sens, positivement ou négativement. L’autre groupe, aligné derrière Abdoulaye Bathily et Ousmane Tanor Dieng comprend également autant de petits partis et courtise, selon la presse, le probable candidat Idrissa Seck dont les négociations avec Talla Sylla de Jëf Jël sont rompues sans la moindre entente ou alliance. Depuis deux jours, l’on annonce une possible alliance entre Tanor et Serigne Modou Kara du Pvd, mais rien de sérieux ne serait encore ficelé. L’autre dissident du Ps, Robert Sagna, candidat à la présidentielle tente d’attirer Ablaye Makhtar Diop des Sur et continue à faire des ravages dans les rangs du Ps, notamment dans les régions périphériques que sont Ziguinchor, Tamba et Matam. Du côté du Pds, le candidat Wade et son parti jouissent déjà d’un appui confortable avec le bloc de la Cap 21, les derniers venus de l’appel au dialogue politique initié par Wade à l’occasion de la fête de la korité, sans compter l’apport inestimable de Cheikh Béthio Thioune et des centaines de mouvements de soutien à travers le Sénégal et la diaspora.

Néanmoins, le Pds n’est pas épargné par les difficultés inhérentes aux alliances et autres investitures. C’est le moment et le lieu d’affrontement des ambitions et le terrain est fertile aux chantages. Les états-majors des partis sont à pied d’œuvre, mais les bases restent à l’écoute et s’apprêtent à râler en fonction des intérêts respectifs des uns et des autres. C’est ainsi que le conclave de Macky Sall, Ablaye Faye et Ousmane Masseck Ndiaye au Méridien Président est suivi de très près par la base. Il pourra être suivi de remous, mais le chef (Wade) veille au grain et ramènera les militants rebelles en cas de besoin. Malgré tout, le Pds devra procéder à certains réglages pour mieux faire face aux adversaires. Il y a des zones de turbulence, des foyers de tension et des vides à combler. Pikine, Kolda, Diourbel, Kaolack, Thiès...méritent d’être traités en profondeur. Au-delà des vérités superficielles, il y a d’autres réalités moins réjouissantes que cache souvent le brouhaha des militants zélés. Louga est un cas atypique qui requiert un traitement de choc. Ce qui s’y est passé mercredi dernier est un signe annonciateur de ce que pourraient être les élections si l’on n’y prend garde. La maladie de Maniang Faye et la fronde de Moustapha Ndiaye n’expliquent pas tout. Le malaise est profond et la léthargie endémique. Cette région n’est pas l’apanage du Ps et Aminata Mbengue Ndiaye a la chance de se trouver devant des adversaires peu ambitieux et divisés. Il faudrait travailler pour l’émergence d’un leadership mobilisateur et plus agressif. Pour le reste, il suffira d’éviter de commettre des erreurs de ciblage pour se maintenir en position de force. Quant aux alliances, rien n’est encore définitif. Les Sénégalais sont habitués aux volte-face de dernière heure.



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