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Politique

ALY KHOUDIA DIAW, PRESIDENT DE LA DELEGATION SPECIALE DE SANGALKAM : « Aliou Sow ne me connaît pas, si on me tue, il va nommer quelqu’un d’autre»

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ALY KHOUDIA DIAW, PRESIDENT DE LA DELEGATION SPECIALE DE SANGALKAM : « Aliou Sow ne me connaît pas, si on me tue, il va nommer quelqu’un d’autre»
De Sangalkam, Aly Khoudia Diaw, président de la Délégation spéciale de cette nouvelle commune, s’est confié hier au quotidien L’Observateur. Il révèle qu’il a effectivement pris fonction depuis le 9 juin dernier. 


Il se dit que vous avez été installé, mais que vous n’avez pas encore pris fonction effectivement. Qu’en est-il au juste ?

Nous avons pris fonction depuis le 9 juin dernier. Officiellement, nous avons été installés le vendredi  27 mai qui a précédé le décès de Malick Bâ. Quand je dis que nous avons pris fonction le 9 juin, cela veut dire que c’est à cette date que nous avons effectivement commencé à travailler. Je suis tous les jours à Sangalkam, sauf lorsque j’ai une réunion. Presque toutes nos réunions se tiennent à Rufisque. Je suis payé pour ça.

Qu’avez-vous  accompli comme travail depuis cette date ?
On a ouvert l’état-civil, qui a recommencé à délivrer des extraits de naissance, établir des certificats de mariage et tous les actes entrant dans nos attributions. Nous avons également voté le budget de la commune depuis le 9 juin. Nous avons fait trois délibérations. La première porte sur le recrutement du personnel. La deuxième sur le vote du budget et la troisième sur la signature de diverses conventions. On est en train de dérouler le programme. J’ai demandé qu’on paie les deux mois d’arriérés de salaire. Cela a été fait depuis avant-hier (mardi, Ndlr). On a fait tous les virements. Même les anciens travailleurs ont reçu leur argent. J’ai dit qu’on ne va pas les renvoyer.  Leur contrat court jusqu’au 31 décembre, on les maintient jusqu’à cette date. Les travailleurs seront ensuite ventilés en fonction de leur localité d’origine. Ce sont les mesures que j’ai prises. Heureusement, ça se passe bien jusqu’à présent. Quant à l’immeuble des étudiants de Sangalkam à Dakar, j’en ai payé la location. La caution versée par Oumar Guèye  (ancien Président de la Communauté rurale, Ndlr) avait expiré depuis le 30  juin.  Si vous voyez que nous avons pris du retard pour faire tout cela, c’est parce que Sangalkam n’est plus une communauté rurale, mais une commune. On va tout changer. De plus, l’ex-communauté rurale avait des dettes qu’il fallait solder. Nous avons préféré payer les dettes qui s’élevaient à 37 millions 668 mille 472 FCfa, avant d’attribuer le reste aux 33 villages que compte la commune. Nous avons un budget de 184 millions 461mille 849 FCfa qui était géré par Oumar Guèye et que nous continuons depuis le mois de mai dernier. Pour apaiser la tension sociale, nous avons reçu les chefs de village de Ndiakhirate et Noflaye. J’ai également reçu les dignitaires de Sangalkam, l’association des jeunes pour le développement de Sangalkam et l’association nationale des étudiants de Sangalkam. Je veux aller vers l’apaisement et avoir une démarche inclusive.

Quand vous dites que vous avez recruté du personnel, est-ce à dire que vous n’avez trouvé aucun agent sur place ?
Nous avons trouvé un personnel qui était avec Oumar Guèye. Par solidarité, ils sont partis avec lui. Lorsque j’ai été mis à la tête de la Délégation spéciale, j’ai dit qu’on allait travailler avec ceux qui le souhaitaient. Malheureusement, beaucoup d’entre eux sont partis avec Oumar Guèye.  Il y a certes une partie du personnel qui est restée. Pour les recrutements, j’ai été clair : toutes les personnes choisies viennent de Sangalkam, Ndiakhirate et Noflaye qui sont les trois villages de la commune. Les postes sont pourvus équitablement.  Si Sangalkam a deux recrues, Noflaye et Ndiakhirate en auront autant.

On vous accuse d’être un pion d’Aliou Sow nommé à Sangalkam pour veiller sur les intérêts des gouvernants…
Je suis venu ici pour travailler. C’est l’administration qui m’a amené ici. Ce n’est pas  Abdoulaye Wade (président de la République), encore moins Aliou Sow (ministre de la Décentralisation et des Collectivités locales). Je ne suis pas du Parti démocratique sénégalais (Pds), je ne suis pas du Parti socialiste (Ps), je ne suis pas de l’Alliance des forces de progrès (Afp)… Je n’appartiens à aucun parti politique. Aliou Sow ne me connaît même pas. Abdoulaye Wade ne me connaît pas non plus. Aliou Sow, on ne se fréquente pas. On ne se connaît pas. Il ne me connaît qu’à travers mes états de service. Si on me tuait demain, ils allaient nommer quelqu’un d’autre.

Quelle garantie pouvez-vous donner aux populations  de Sangalkam ?
J’ai déjà suspendu toutes les opérations sur le domaine foncier de Sangalkam, sauf les projets que mon prédécesseur avait entamés et qui sont légaux. Je ne peux rien non plus contre les projets de l’Etat qui ne dépendent pas de moi. Tant que je serai à la tête de la Délégation spéciale, il n’y aura pas d’opérations foncières. C’est clair, net et précis. J’ai déjà fait un communiqué qui  est en phase de finalisation et où on peut lire : «Le président de la Délégation spéciale informe les populations que toutes les opérations foncières dans le territoire de la commune de Sangalkam sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. La commune de Sangalkam dégage toute responsabilité par rapport aux agissements de tiers et invite les populations à la prudence.» On ne peut plus prendre des terres comme ça et les réaffecter à des gens du pouvoir. Je suis responsable de tout cela maintenant. C’est moi qui délibère. Et je ne vais pas délibérer sur des individualités. Je ne vais délibérer que sur l’implantation d’écoles, de dispensaires, de cases de santé, d’hôpitaux, de dispensaires, de maternités… Seuls ces équipements sociaux de base peuvent nous pousser à prendre des actes de délibération sur des terres. Personne ne peut me contraindre à faire autre chose.

Pensez-vous avoir  le profil pour diriger la commune de Sangalkam ?
J’aimerais d’abord préciser une chose. Les gens me présentent comme sociologue. Je le suis. Mais je suis aussi fonctionnaire. Dans la procédure pour être président de Délégation spéciale, on dit qu’il faut être neutre et apolitique de préférence. Il faut être fonctionnaire ou fonctionnaire à la retraite. Il faut être spécialiste de la question et avoir de l’expérience dans le domaine.  Je suis sociologue, mais ma spécialité, c’est la décentralisation. J’ai fait mon Dea sur la décentralisation. En 2007, j’ai refait un Dess en décentralisation. C’est le même diplôme que celui dont se prévaut Oumar Guèye. Et j’en suis à ma deuxième Délégation spéciale. Il y a 10 ans, j’étais dans une Délégation spéciale à Grand-Dakar. Donc, je suis dans mon domaine. Je suis assisté de Malick Sow, le gestionnaire du Trésor de Rufisque. Il habite Bambilor et connaît très bien la localité. Il gère tous les fonds des collectivités locales du département de Rufisque. Mon vice-président, c’est Youssou Diagne, un enseignant à la retraite. Quelqu’un qui a servi toute sa vie à Ndiakhirate et Sangalkam. Donc, nous sommes deux fonctionnaires et un fonctionnaire à la retraite qui savons ce que nous faisons.

Certains observateurs pensent qu’avec la manière dont Oumar Guèye a été démis, vous ne devriez pas accepter de diriger Sangalkam pour des raisons d’éthique…

Je suis un fonctionnaire qui a reçu un ordre de service. Un fonctionnaire quand il reçoit un ordre de service, il ne peut pas refuser. L’administration peut aujourd’hui m’affecter à Kédougou et je serai obligé d’y aller. Tout le monde dit que je ne devais pas accepter de venir à Sangalkam. Si je refusais de le faire, ce serait de l’insubordination. Si je ne crois pas à la hiérarchie, je n’ai rien à faire dans l’administration. Ce qui s’est passé à Sangalkam est regrettable (mort de Malick Bâ au cours des manifestations contre l’installation de la Délégation spéciale, Ndlr). Les populations ont le droit de manifester leur mécontentement, mais qu’elles sachent que je ne suis pas un ennemi de Sangalkam. Oumar Guèye, je ne lui connais aucun mal. Il est fâché, c’est normal. Mais je sais que dans son cœur, il n’y a aucune méchanceté. Le domaine politique, je le lui laisse. S’il parle, ce n’est pas à moi de lui répondre, mais à Aliou Sow. Ce que j’ai constaté à Sangalkam, c’est que cette population dont on dit qu’elle était violente, est très sereine, calme, tranquille et  pieuse. Les gens aiment la paix. Il y a certes des jeunes fougueux, mais je mets le tout sur le compte de la jeunesse.

Daouda MINE



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