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Sunday 31 August, 2025
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Autorité parentale : la réponse du ministre de la Justice à la députée Marième Mbacké

Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB

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La question de la révision de l’autorité parentale suscite un vif débat au Sénégal. Portée par les revendications des féministes et des mères divorcées, cette problématique a gagné en visibilité grâce à l’initiative de la députée Marième Mbacké, membre du groupe parlementaire Pastef/Les Patriotes. Dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, elle a mis en exergue les obstacles auxquels sont confrontées les mères divorcées dans l’exercice de leurs droits parentaux.
« Dans la législation sénégalaise, l’autorité parentale, exclusivement attribuée au père, pose de réelles difficultés aux mères divorcées ayant la garde de leurs enfants. Ces dernières devraient être en mesure de signer les documents de voyage de leurs enfants mineurs », a-t-elle plaidé. La députée a également pointé du doigt les abus découlant de cette disposition, certains pères instrumentalisant leur autorité pour faire pression sur leurs ex-épouses, au détriment du bien-être des enfants.
Interpellé, le ministre de la Justice a répondu en s’appuyant sur les dispositions actuelles du Code de la famille. Selon l’article 277, l’autorité parentale – appelée « puissance paternelle » – est exercée conjointement par les deux parents pendant le mariage, mais revient principalement au père. En cas de divorce, l’article 278 précise que cette autorité est dévolue au parent ayant obtenu la garde de l’enfant. Ainsi, une mère divorcée ayant la garde peut, selon le ministère, voyager avec son enfant sans requérir l’autorisation du père, à condition de respecter le droit de visite de ce dernier.
Dans sa réponse, le ministère a fermement soutenu que le cadre législatif actuel répond déjà aux préoccupations soulevées par la députée, estimant qu’une réforme du Code de la famille n’est pas nécessaire à ce stade. Il a toutefois reconnu la persistance d’abus et plaidé pour une sensibilisation accrue des acteurs concernés afin de garantir l’intérêt supérieur de l’enfant, une position qui pourrait ne pas satisfaire pleinement les attentes de Marième Mbacké et des défenseurs d’une refonte plus ambitieuse.
Auteur: Sokhna Faty Isseu SAMB

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