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Politique

BUDGET 2011 : La Présidence dépense 350 millions/jour selon le PS

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BUDGET 2011 : La Présidence dépense 350 millions/jour selon le PS

Le projet de loi de finances pour l’année 2011, que le Gouvernement a déposé sur la table de l’Assemblée nationale, arrêté à 2 131 milliards Francs CFA, affiche sans fioritures les motivations uniquement électoralistes qui animent son inspirateur, Abdoulaye Wade. Avec des recettes internes manifestement gonflées, passant de 1 544 Milliards de Francs CFA en 2010 à 1727 Milliards de Francs CFA, le budget ainsi envisagé n’est adossé ni sur une amélioration notable de l’économie, ni sur une analyse économique rigoureuse et fiable. Elle repose principalement sur une augmentation de l’endettement de notre pays qui, du reste, se reconstitue rapidement malgré l’annulation d’une partie notable il y a moins de cinq années.

Alors que l’orthodoxie financière commande que la préparation tienne compte des résultats de l’exercice antérieur, mais aussi de l’environnement national et international, Abdoulaye Wade et son Gouvernement préfèrent, comme toujours, emprunter une démarche surréaliste, aux antipodes de toute approche prudentielle. Pour eux, en effet, il s’agit toujours de songer d’abord aux dépenses à effectuer avant de se préoccuper ensuite seulement des ressources pour les prendre en charge.

Manifestement, tout ce qui compte dans cette optique dévoyée de la gestion des finances publiques, c’est de s’aménager des possibilités de détournement des deniers du contribuable, en multipliant de façon irresponsable les occasions de dépenses publiques nonobstant toute considération en termes de faisabilité, d’opportunité et de sincérité des coûts avancés. Au vrai, nul ne s’y trompe, c’est sûrement pour justifier la boulimie dépensière d’un Président de la République plutôt préoccupé de maintenir son standing dispendieux et totalement en déphasage avec les difficultés des populations et des entreprises qui seront soumises à une pression fiscale insoutenable.

A l’analyse, l’exposé des motifs de la Loi de Finances de 2011 est décalé par rapport à la réalité criarde, celle que vivent au quotidien les populations. La politique budgétaire reste à l’évidence marquée par le pilotage à vue. La lutte contre la pauvreté marque le pas au moment où les recettes collectées ne servent qu’à entretenir le train de vie d’un Etat qui vit largement au dessus de ses moyens. L’« agenciation » continue de plus belle et crée des structures qui viennent dupliquer celles de l’administration. Les crédits de fonctionnement des 43 agences répertoriées par la Loi de Finances 2011 vont engloutir près de 240 Milliards de Francs CFA. Pas moins de 200 Milliards de Francs CFA sont au bénéfice des seules APIX et AGEROUTE, toutes deux dans le giron du « clan WADE ». Et la totalité des agences qui sont logées à la Présidence de la République vont, par ailleurs, échapper au contrôle de la réglementation sur les marchés publics du fait du décret scélérat intervenu le mois dernier pour brider le domaine d’intervention de l’ARMP.

Cette dernière avait vu son installation différée de 2006 à 2008 jusqu’après la fin des chantiers de l’ANOCI pour permettre une exécution sans entrave réglementaire des travaux. En 2010, après 53 Milliards de Francs CFA de dépassement budgétaire dans ce Ministère singulier, on s’apprête à lui neutraliser définitivement l’ARMP au statut modifié et chahuté à volonté pour des raisons évidentes de prévarication annoncée.

Les dépenses ordinaires quant à elles connaissent une évolution exponentielle. La Présidence de la République, l’antre de l’ogre budgétivore, avec un budget de 90 Milliards de Francs CFA, dépense 1,750 Milliards de Francs CFA par semaine de l’argent du contribuable soit 350 Millions de Francs CFA par jour ouvrable. Même constat au Ministère tentaculaire dirigé par le fils d’Abdoulaye WADE, où on note plus de 53 Milliards de Francs CFA de dépassements budgétaires en 2010. Au Ministère de l’Economie et des Finances, l’on ne fait guère mieux : les services votés réévalués sont à 97 Milliards de Francs CFA pour un budget prévisionnel de 77 Milliards de Francs CFA environ, soit un dépassement de 20 Milliards de Francs CFA. Le laxisme ambiant est de mise partout au niveau des centres névralgiques du pays. Le Ministère de l’Economie et des Finances a abdiqué devant la volonté du clan rapace et vorace qui gouverne le Sénégal avec ses méthodes du fait accompli. Et tous ces dérapages ont malheureusement été consolidés en services votés et constituent des inscriptions de 2011.

Pendant ce temps, curieusement voire scandaleusement, les Ministères en charge de secteurs aussi stratégiques que l’agriculture, les mines et l’industrie, l’habitat, la construction et l’hydraulique voient leur budget en baisse par rapport à 2010 alors que les résultats étaient déjà très médiocres. Les principaux projets du Gouvernement pour l’année à venir ne tiennent nullement compte des préoccupations du peuple.

Rien n’est prévu pour prendre en charge le problème crucial de l’assainissement dans la banlieue de Dakar et dans toutes les autres localités du pays en butte au fléau des inondations. La santé voit ses allocations reconduites au même niveau malgré les déclarations d’intention serinées ici et là et en dépit des insuffisances criardes dénoncées par le personnel médical et vécues par les Sénégalais. De même la Loi de Finances ne renseigne nullement sur les dotations prévues pour contribuer au règlement de la lancinante question de l’énergie qui préoccupe tant les Sénégalais.

En revanche, le Gouvernement ne met l’accent que sur des programmes spéciaux clientélistes et n’envisage la mise en œuvre d’un programme national d’équipement et de renforcement des collectivités locales que pour des préoccupations partisanes et électoralistes. L’opération cousue de fil blanc ne trompe personne. La pratique de l’actuel Ministre de la Décentralisation indique d’ores déjà les orientations futures partiales dans l’affectation des ressources et le favoritisme au profit des collectivités contrôlées par l’Etat-PDS. Les niches financières de vol de l’argent du contribuable seront largement dotées comme c’est le cas du projet de construction de l’autoroute à péage Dakar–Diamniadio au coût démesurément surévalué. L’Office de l’Emploi des Jeunes, le Fonds National d’Actions pour l’Emploi, le FNPJ et les Volontaires du service national auront leur part du gâteau budgétaire dans le but de recycler la sueur des Sénégalais à des fins clientélistes. Il en est de même pour les fonds de l’entreprenariat féminin et pour le Fonds National de Crédit pour les Femmes.

Bref tout concourt à constituer un trésor de guerre électoral et à satisfaire une clientèle partisane. De fait, à l’instigation du père qui a mis tous les leviers à disposition, le fils Wade croit avoir désormais les coudées franches pour mettre le Sénégal sous coupe réglée et amasser, partout où cela se peut, les fonds nécessaires à leur projet de hold-up électoral ourdi au service de leur dessein dynastique. Or cette politique néfaste engendrera des difficultés inévitables pour les finances publiques. Les prémices en sont déjà perceptibles. Le déficit budgétaire s’amplifie et le service de la dette publique deviendra bientôt insupportable. Elle est projetée à plus de 255 Milliards de Francs CFA pour un encours de plus 1662 Milliards de Francs CFA alors que la dette au 31 décembre 2006 était évaluée à 864 Milliards de Francs CFA, soit un quasi doublement en moins de cinq ans. Vouloir, coûte que coûte, dépenser sans couverture contribue à reconstruire la dette intérieure et entrainera nécessairement un ajustement sélectif au détriment des correspondants obligatoires du Trésor en général et des collectivités locales en particulier, surtout celles, les plus importantes, passées sous la direction de Bennoo Siggil Senegaal.

Voilà pourquoi, le Parti socialiste met en garde le Président de la République contre les dangers qu’une telle dérive va engendrer pour l’équilibre global des finances publiques du pays et pour les générations futures. Mais surtout, le Parti Socialiste invite tous les patriotes que compte le Sénégal, qu’ils soient des partis politiques des syndicats ou de la société civile à se mobiliser sans tarder pour contrecarrer dès à présent les plans d’Abdoulaye Wade et de son régime qui ne sont plus obnubilés que par leurs rêves insensés et ne sont désormais occupés qu’à dérouler leur stratégies pour y parvenir à n’importe quel prix, y compris jusqu’au péril de la Démocratie, de la République et de la Nation. C’est ainsi que, oublieux de la charge de Président de la République et des missions du Gouvernement, en principe au service de tous les Sénégalais, ils n’ont pas répugné à débattre, en plein Conseil des ministres, de la question partisane de la nomination d’un directeur de campagne électorale et du chargé du racket pour le financement de cette campagne. Cette décision proprement irrespectueuse des institutions de la République ne pourra en rien occulter la question de sa candidature qui est juridiquement irrecevable, politiquement et moralement inacceptable. Qu’Abdoulaye Wade sache définitivement, pour sa gouverne, qu’il peut nommer son Directeur de campagne et son préposé au racket pour le Conseil de sécurité, cette question restera à l’ordre du jour jusqu’au jour du prononcé de la décision du Conseil constitutionnel qui invalide sa candidature à l’élection présidentielle de février 2012.

 Fait à Dakar, le 4 novembre 2010

Le Bureau politique du Parti Socialiste



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