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Vendredi 01 Juin, 2018 +33
Politique

Pastef : Un responsable en france démissionne et ouvre le feu sur Bassirou Diomaye Faye

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Pastef : Un responsable en france démissionne et ouvre le feu sur Bassirou Diomaye Faye
"A Ousmane Sonko, Député à l’Assemblée nationale, Président de Pastef Les Patriotes Dakar, Sénégal

Cher Camarade, Cher Ousmane,

Par la présente, je t’informe de ma décision « à contre cœur » de démissionner du parti Pastef, pour plusieurs raisons que j’évoquerai infra. Je me suis engagé en politique et dans le parti, car convaincu que les injustices et les inégalités sociales au Sénégal, n’étaient pas dues à une fatalité mais le produit de choix politiques qui ont toujours favorisé quelques-uns au détriment de tous les autres sénégalais.

J’ai adhéré spontanément au mois de Décembre 2019 à Pastef, parce que croyant fermement aux principes démocratiques ; de tolérance ; d’ouverture ; de contradiction ; d’émulation des idées ; de challenge idéologique ; de probité et surtout de fraternité, que le Pastef; son leader; et ses militants laissaient entrevoir. Après quatorze (14) mois de militantisme, je rends ma carte d’adhérent car je ne me reconnais plus dans le parti qui m’a donné envie de me battre pour le retour du progrès social, de l’éthique, d’une justice sociale et d’un Sénégal de Tous.

Je tiens à rappeler chaleureusement à ton égard et aux camarades qui resteront désarçonnés face à ma décision sans doute, particulièrement ceux de Pastef France et du Moncap France, que je n’oublierai pas les bons moments passés au sein de ce parti. J’ai rencontré des patriotes dignes et travailler à leurs côtés, m’a beaucoup enrichi humainement et intellectuellement. Je ne peux manquer d’en citer un, avec qui j’ai travaillé étroitement en distanciel pendant ces quatorze (14) derniers mois pour manager et piloter la commission ESFP jusqu’à la restitution finale de notre

Rapport 2020, sans en découvrir le visage physiquement : Seydina SANE. Du haut de nos grandes contradictions souvent, camarade, tu resteras un bon exemple de démocrate. Nos divergences d’opinions, aplaties aussitôt grâce à une communication sincère, me laisseront une empreinte indélébile incontestablement.

Cher Ousmane, aujourd’hui par devoir et par vérité, je m’éloigne de la barque Pastef !

Les raisons qui vont devoir suivre ne jettent l’anathème et n’honnissent quiconque. Tel n’en est pas l’esprit. Je tenterai autant que faire se peut, de m’inscrire dans une posture de neutralité axiologique, pour emprunter l’exercice haut combien cher au sociologue allemand Max Weber. L’esprit critique et surtout la vérité me guideront, car comme le soutenait si bien Antiamba un vieux dogon malien : « la vérité est UNE, et ne doit pas varier dans ses formes de manifestations ».

Par devoir de Responsabilité, je démissionne !

Pilotant les travaux sur le projet de réflexion sur une proposition d’idéologie depuis avril 2020, l’équipe projet et moi-même, nous fûmes décontenancés injustement par un camarade emphatique en l’occurrence le Responsable du Moncap Sénégal & de la Diaspora : le camarade Bassirou Diomaye FAYE. Nos travaux furent obérés volontairement par ledit camarade. N’ayant pas réussi à conduire les travaux jusqu’à leurs termes (Mars 2021), selon un référentiel scientifique et une planification bien ficelés par l’équipe, je démissionne et cède la place. Même s’il obstrua nos travaux depuis le mois d’Octobre 2020, j’estime qu’aussi fine soit-elle, que ma part de responsabilité est engagée dans cet échec. Fervent défenseur de la bonne gouvernance, je ne peux taire ce principe de responsabilité, qui brûle en moi. Une seconde raison est venue s’y greffer : le fonctionnement médiéval et le management vertical très souvent ayant cours dans le Moncap France. Je reviendrai sur les détails infra.

Tout de même, mon subconscient me conseilla de rester et me battre. Mais me battre pour le Sénégal ne suffisait-il pas déjà ? S’il faut engager un autre front pour une démocratie interne dans le Pastef, n’est-ce pas un front de trop ?

Je décide de suivre mon autre moi !

Par vérité, je rends compte de l’esprit militantisme de cette organisation, qui quelquefois est portée par des prédicateurs qui ne sont aveuglés en réalité que par des luttes de clochers. Ils préfèrent s’entourer d’une masse crédule, refusant la critique et la contestation. Ils pervertissent l’esprit du Pastef et se font passer pour des chantres de la démocratie, alors qu’il n’en est rien. A l’égard de mes camarades de parti mais surtout à l’égard de tous les sénégalais chez qui vibre le projet Pastef, prenez-y garde, soyez critiques, analysez et refusez l’esprit béni oui ouiste et surtout la servitude volontaire.

Ce n’est qu’après que vous ferez un choix raisonné et raisonnable !

Hélas cher Ousmane, après quatorze (14) mois de militantisme et ayant occupé une responsabilité et non des moindres dans le Mouvement national des cadres patriotes de France (Moncap France) en tant que Responsable Adjoint de la CESFP, qui me permit d’interagir directement avec certains membres du comité de pilotage de Pastef, notamment le Responsable du Moncap Sénégal & de la Diaspora; le Directeur de l’école du parti (Moustapha SARRÉ) et du bureau du Moncap France, je pus me rendre compte à quel point nous ne sommes pas souvent crédibles.

En dépit d’un manque d’admiration que j’ai pour l’homme, Nicolas SARKOZY n’avait-il pas raison de rappeler que : « quand on défend des valeurs, la seule façon de rester crédible est de les vivre » ?

La façon de travailler de ces responsables, ignore les valeurs de démocratie; d’ouverture; de respect de la contradiction; de tolérance et de fraternité qu’ils proclament urbi et orbi. Nos échanges sur le PROJET DE REFLEXION SUR UNE PROPOSITION D’IDEOLOGIE au parti, mes questions adressées plusieurs fois à l’Administrateur du parti (Birame Soulèye DIOP) sans réponse, nos relances au Directeur de l’école du parti sur le projet en vain, nos interactions difficiles avec le Responsable du Moncap Sénégal, nos relations de travail dans le Moncap France, me permirent de constater à bien des égards, ce décalage, ce mirage avec les valeurs de Travail, d’Ethique et de Fraternité qui sont portées au pinacle par cette frange du Pastef.

De ce qu’il m’a été donné de constater plusieurs fois, il appert qu’ils méconnaissent le sens profond de la Fraternité. Cette dernière ne doit pas être un vain mot. Parce qu’en un moment donné, quand nous pourrions être dans le danger ou dans le risque de nous opposer à nos différences, il se pourrait que ce qui puisse nous sauver, ce soit une Fraternité humaine qui nous ramène à la communauté des questions, des questionnements et des destinées.

Non cher Ousmane ! Je ne veux pas être complice d’une telle machination !

J’ai toujours cru et continue toujours de croire que les partis politiques demeurent le seul réceptacle, qui puissent nous permettre de changer les destinées de notre pays, qui se noie dans les méandres de la pauvreté et du sous-développement. Cependant, leur fonctionnement doit rimer avec Ethique et de façon désintéressée. Même s’il existe aujourd’hui une certaine méfiance ou défiance à l’égard du politique, et des acteurs politiques comme le soutient Pierre ROSANVALLON, j’ai l’intime conviction que les partis politiques restent le maillon incontournable pour révolutionner le réel. Mais pour ce faire, les principes de l’engagement politique doivent matcher avec les règles de la Démocratie

Je résume infra les raisons principales de ma démission :  

• Dans le parti, le Responsable du Moncap Sénégal et de la Diaspora croit dur comme fer, que nous sommes dans un apparatchik ou ses décisions deviennent des oukases à exécuter sans sourciller. Il bloqua jusque-là un projet (PROJET DE REFLEXION SUR UNE PROPOSITION D’IDEOLOGIE) qui avait pour ambition de questionner notre rapport à l’idéologie pragmatique du parti, après qu’il m’ait adressé une recommandation inique au demeurant, dont je m’abstins de suivre en omettant pas de lui préciser mes raisons. Saint-Augustin le disait si bien : « face à une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir ». Oubliait-il que même le Prophète Mouhamed (PSL) encourageait à Mo’az Boun Jabal par dessus tout aux êtres à recourir à l’Ijtihad ? Oubliait-il que la nécessité d’une coopération équitable chez les militants, reposait sur une condition sine qua non, la liberté des individus ? Visiblement oui ! Je m’éloignerai du Taqlid à bien des égards. Suite à mon indocilité donc, il refusa de te transmettre une lettre d’invitation de travail que l’équipe projet t’adressait au mois d’Octobre 2020. Cette invitation faisait suite aux remarques et suggestions que tu posais sur le projet descriptif initial, qu’il te transmettait promptement pourtant au mois d’Août 2020. Quel manque de maturité politique ! Quelle démarche irresponsable !

Nos correspondances adressées au Directeur de l’école du parti, en vue d’avancer dans les travaux du projet avec les équipes de Dakar, restèrent sans réponse.

Après avoir encouragé et veillé à son suivi au mois de Juin 2020, le bureau du Moncap France se désolidarisait pourtant dudit projet aux motifs fallacieux et irrationnels au mois d’Octobre 2020. En sus, le Moncap France de part la composition de ses cadres, tente de tenir la barque et contribue malgré tout au rayonnement intellectuel du parti. Mais les méthodes de management directif et vertical s’inscrivent aux antipodes de mes croyances. Je ne manquais pas l’occasion de tirer sur la sonnette d’alarme. Mais rien n’y fait !

Dans un autre registre, l’Administrateur du parti se mit en sourdine quand je l’apostrophais sans cesse par e-mail les 30 juillet et 17 septembre 2020, sur des questions stratégiques qui concernent le fonctionnement du parti, telles que la production de rapport d’activités annuelles [Cf. RI Article 9].

Cher Ousmane, tu n’es pas exempt de griefs. Si l’Administration du parti est incapable de produire des programmes annuels déclinés clairement, si elle est incapable de produire de simples rapports d’activités annuelles afin d’évaluer les objectifs en terme de massification; de communication; de financement et de stratégie, c’est parce que la supervision est très bancale. Si de simples projets ou initiatives qui visent au rayonnement du parti bloquèrent ça et là, si la simple démocratie interne ne peut prévaloir, c’est parce qu’en réalité le management est peu rigoureux à l’interne. Toutes les responsabilités t’incombent en premier chef véritablement. La politique, ne se résume pas uniquement à dénoncer les détournements de deniers publics. La bonne gouvernance dans le Pastef, doit aussi porter sur la promotion de l’Ethique dans les méthodes de management et de pilotage. Tu dois te poser en garde-fous et t’assurer de sa stricte application sur toutes les strates de l’appareil pastéfien scrupuleusement.

C’est ainsi qu’en réfléchissant sur les raisons de mon engagement (la promotion d’une justice sociale; le respect des droits humains; la démocratie; tout bien considéré les valeurs de la République), j’estime que ce n’est plus au sein du parti Pastef qu’est ma place. Parce que je crois que la course vers le pouvoir doit s’appuyer sur des valeurs, car lorsque l’on s’engage en politique, il n’y a qu’à nos valeurs et nos idéaux auxquels nous devons être fidèles enfin de compte. « Notre paix intérieure, notre unité intérieure, ne peuvent être garanties que si nous restons fidèles à nos idées » dixit Rokhaya DIALLO. Après tous ces mois d’investissement fort, j’en viens à la conclusion que si je souhaite toujours être engagé en politique, la configuration de Pastef telle qu’elle se dessine dans le hic et nunc, m’est complètement étrangère. Ma vision de la politique repose fondamentalement sur un trident : le dialogue, la juste reconnaissance des militants, la recherche de consensus fort. De ce que j’ai pu observer, analysé et soumis au doute méthodique, il en ressort qu’on ne cherche pas, ou que trop peu le meilleur pour le collectif. On cherche le meilleur pour un camp, en opposition systématique avec un autre. Qui plus est, l’organisation est quelquefois engloutie et plombée par des enjeux interpersonnels qui prennent nécessairement le pas sur un aspect nodal : la rationalité du système pastéfien. Le processus de structuration de la Coordination de Pastef France, en est un cas d’école. Ma philosophie est que tout le monde prenne sa responsabilité dans les décisions, que celles-ci ne soient pas réduites à des prises de guerre mais à un accord prenant chacun en compte. Ce n’est pas toujours évident mais nous nous devons d’essayer. En sommes, je te dirais qu’il faudrait veiller à ne pas muter Pastef, en une machine à masse crédule ou les parties prenantes sont assimilées à des agents passifs, qui ne sont là, que pour exécuter les oukases d’un apparatchik.

Cher Ousmane, mes chers camarades de parti, tout en vous souhaitant une bonne chance, je pars pour être libre, je pars pour être en accord avec mon âme; avec mes convictions; avec mes valeurs; avec ma raison pour éviter le reniement et la « schizophrénie ».

Mon amour pour le Sénégal est au dessus de toute cette mêlée.

En espérant pouvoir compter sur ton sens élevé du discernement, je te prie de croire à l’assurance de ma haute considération.

Mes amitiés patriotiques  

Bocar FOFANA Diplômé de Science Politique | Université de Bordeaux

Diplômé en Management RH | Inseec Business School de Lyon Manager Ressources Humaines

Chroniqueur web | Chaine YouTube : SUNUGAL CA KANAM

Responsable Adjoint de la Commission Enseignement Supérieur & Formation Professionnelle | Moncap France

Membre de la Commission Bonne Gouvernance Patriotisme & Citoyenneté | Moncap France

Numéro de carte Mouvement des cadres : 0065CFR

Numéro de carte Pastef France : 10808383"


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