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Sécurité

Absence d’appui logistique : La Minusma perd le Nord au Mali

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Absence d’appui logistique : La Minusma perd le Nord au Mali
Excédés par la multiplication des attaques terroristes dans le Nord du Mali, les casques bleus se plaignent aussi du manque de moyens et réclament le renforcement des moyens du mandat de la Minusma et la coopération avec l’Armée française.  
Les casques bleus comptent les morts dans le Nord du Mali. Face à un adversaire invisible, les soldats des Nations-Unies restent évidemment exposés aux éclats d’obus lancés par les jihadistes. 

Avant-hier, un sergent sénégalais a été tué et deux autres jambaars ont été blessés dans cette ville où la situation sécuritaire est volatile. La semaine dernière, 9 soldats nigériens ont péri dans une attaque lancée contre leur convoi dans la région de Gao. Avant eux, les soldats tchadiens, plus exposés à ces attaques à cause de la proximité de leurs positions avec le sanctuaire des jihadistes, ont perdu beaucoup d’officiers dans cette guerre. Ils menaçaient même de quitter le bourbier malien à cause de ces sanglantes attaques. 

Aujourd’hui, il y a plus de 31 casques bleus qui sont tombés dans le Nord du Mali. Cette persistance de la menace terroriste repose évidemment la question des moyens militaires de la Force multidimensionnelle intégrée de soutien au Mali (Minus­ma). Plusieurs responsables de la Minusma se plaignent de la faiblesse de l’arsenal logistique des casques bleus qui semblent pratiquement désarmés face aux terroristes qui opèrent à l’intérieur même de Kidal. 

Ils s’inquiètent surtout du silence de la France malgré les relances persistantes pour qu’elle renforce les moyens des soldats africains. 

En vérité, les forces onusiennes effectuent une mission expérimentale au Mali. Elles sont sorties du contexte de maintien de la paix où elles étaient excentrées des combats. Là, les casques bleus constituent un ennemi déclaré des jihadistes qui les considèrent comme une force d’occupation du Nord Mali. En Conseil des ministres hier, Macky Sall, qui a «constaté avec regret le regain de tension dans cette partie du Mali», a demandé le renforcement du mandat de la Minusma.

Macky Sall demande le renforcement du mandat de la Minusma

Face à cette recrudescence des attaques terroristes, les autorités de Bamako, qui sentent sans doute un certain laxisme de la communauté internationale, ont élevé la voix pour demander à l’Onu d’envisager le déploiement d’une force d’intervention rapide dans le nord du pays. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, s’est adressé aux 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies par vidéoconférence mercredi depuis Bamako sur un ton ferme. «Au regard du retour en force des jihadistes dans le Nord du Mali et de la multiplication des agressions contre la Minusma, le Conseil de sécurité se doit de prendre urgemment les mesures nécessaires afin que la Minusma soit dotée de moyens appropriés pour exécuter pleinement son mandat», tonne-t-il. «Peut-être le Conseil devrait-il envisager la mise en place d’une Force d’intervention rapide capable de lutter efficacement contre les éléments terroristes», s’est-il interrogé. «Le Conseil, a-t-il expliqué, devrait pouvoir envisager, dans les meilleurs délais possibles, la révision du mandat de la Minusma et le renforcement de ses capacités et de ses moyens pour lui permettre de faire face au regain de violence sur le terrain», insiste le patron de la diplomatie malienne. 

Bamako hausse le ton

Après la mort des soldats tchadiens, Hervé Ladsous, le chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu, a annoncé mardi que la Minusma allait désormais «durcir» son dispositif sécuritaire dans le pays. «Cette situation nous impose évidemment de prendre toute une série de mesures qui sont déjà décidées, qui sont en train d’être appliquées pour durcir nos bases, durcir nos protections», prévient-il. En écho, il annonce que l’Onu est en train «de déployer davantage d’engins contre les mines, contre les explosifs, de faire venir davantage de véhicules blindés». «J’ai déjà également commencé à prendre les dispositions pour déployer au-dessus du ciel malien des drones de surveillance aérienne de longue portée», tente de rassurer Hervé Lad­sous qui souhaite un renforcement de la coopération avec les militaires français de l’opération Barkhane.


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