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Sante

Gestion de la Covid-19 : «Pourquoi c’est écœurant de voir des jeunes ne pas porter de masque»

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Gestion de la Covid-19 : «Pourquoi c’est écœurant de voir des jeunes ne pas porter de masque»
Le constant est général. La maladie du coronavirus est en train de progresser dans le pays, depuis 5 mois. L’expert en santé publique, le professeur Cheikh Mbacké Lô, en a tiré un bilan «mitigé».

«Sur le plan de la prise en charge, nous n’avons pas beaucoup de difficultés. Et jusqu’à présent, je rends hommage à nos médecins, au personnel médical. Ils ont su contenir les difficultés et les hôpitaux, actuellement, ne sont pas débordés. De plus, des stratégies sont mises en place pour pouvoir suppléer à cela. Sur le traitement précoce avec l’hydro-chloroquine, le bilan est positif. Le grand problème, c’est justement au niveau de l’adhésion de la population, parce que si cette maladie contagieuse progresse, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas l’adhésion de cette population», a d’emblée reconnu le Pr. Lô. 

«Si les populations n'adhèrent pas à la cause, je pense que nous allons vers des lendemains incertains»

 A l’en croire, c’est à ce niveau qu’il faut intensifier le travail de la sensibilisation, en direction des jeunes surtout. «En général, ces derniers sont des porteurs asymptomatiques et ce sont ces jeunes qui vont retourner dans les maisons pour contaminer toute la famille, y compris les personnes âgées et celles qui ont des comorbidités. Cela explique le nombre de morts», dit-il.

L’expert en santé publique d’avancer : «La plupart des décès que nous enregistrons, ce sont des gens qui ont d’autres maladies ou bien ce sont des personnes du 3e âge. Donc, il faut que ces jeunes soient sensibilisés. Si les populations n’adhérent pas, je pense que nous allons vers des lendemains incertains.»

Dans un autre registre, le professeur Cheikh Mbacké Lô a soutenu qu’il faut aussi, au niveau de l’Etat, qu’on puisse appliquer des mesures coercitives. «La loi est là. Le port du masque doit être obligatoire dans les lieux publics. L’Etat peut commencer, au moins dans les marchés, pour faire respecter ces mesures barrières. On ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen. C’est impossible, d’autant plus que nous sommes dans un pays où les ressources sont limitées. Cependant, nous pouvons, dans les lieux publics, notamment les banques où l’on note un relâchement, le faire. Ce sera pédagogique et les populations vont sentir la nécessité de suivre les recommandations des autorités sanitaires», plaide-t-il.

«L’Etat doit appliquer des mesures coercitives, surtout pour le port du masque obligatoire»

Poursuivant son argumentaire, il laisse entendre : «C’est écœurant de voir des gens ne pas porter des masques, parce qu’ils sont jeunes et qui vont, à leur tour, contaminer des personnes du 3e âge ou qui ont des comorbidités et conduire malheureusement à leurs pertes. De l’autre côté, il faut donner la parole à ces gens qui ont combattu la maladie dans les hôpitaux et les montrer aux populations. De même, une implication communautaire est encouragée. Il faut que nos guides religieux puissent s’exprimer sur cette question, parce qu’au moins il y aura une grande partie de la population qui va rallier la cause. Et si nous combinons les deux, je pense qu’ils auront des résultats très rapidement.»

Porte-parole du ministère de la Santé et de l’Action sociale et non moins directeur de la Prévention, le docteur El Hadj Mamadou Ndiaye a validé les propos du professeur. «Je suis d’accord avec lui sur le cri du cœur qu’il a lancé. C’est essentiellement là où nous devons mettre l’accent. La limite de nos stratégies, aujourd’hui, c’est au niveau de la sensibilisation et au niveau de l’implication de la communauté à prendre part activement à la lutte contre cette épidémie. Il faut que la population accepte les mesures qui ont été édictées. On ne peut pas gagner cette bataille sans le respect de ces mesures».

«Les cas communautaires : ce qu’ils signifient»

Le Dr Ndiaye d’avertir : «Il ne faut pas qu’on se voile la face. La transmission communautaire est là et les chiffres communiqués, c’est selon une collecte donnée. Il y a toujours une transmission communautaire et cela signifie que c’est la partie visible de l’iceberg et qu’il y a des cas qui peuvent toujours passer inaperçus.»

Donc, conclut-il, il faudra que chacun, là où il se trouve, essaye de faire le maximum pour éviter que cette maladie se propage. C'est-à-dire, ajoute le directeur de la Prévention, se protéger, mais également protéger l’autre qui est en face de soi.


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