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[Entretien] Aminatou Mouhamed Diop : « Les réseaux sociaux occupent le terrain que les médias classiques devraient occuper»

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[Entretien] Aminatou Mouhamed Diop : « Les réseaux sociaux occupent le terrain que les médias classiques devraient occuper»

 

Journaliste, Aminatou Mouhamed Diop est secrétaire permanente du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias sénégalais (Cored). Auteure de l’article « Pouvoir de l’Internet, aises du numérique, malaise des rédactions » de la revue Panorama des médias sénégalais à l’ère de l’Internet, l’ancienne coordonnatrice de la rédaction du journal Le Quotidien est revenu dans cet entretien accordé à Seneweb entre autres, sur le rapport qu’entretiennent les médias sénégalais avec les réseaux sociaux.

 

Comment analysez-vous la cohabitation entre les médias dits traditionnels et les médias sociaux ?

 

Ce qu’on constate, c’est que le public n’arrive pas à faire la différence entre médias et réseaux sociaux. Le boom de ces derniers a fait que tout le monde se croit journaliste. Donc le problème c’est moins la cohabitation entre les réseaux sociaux et les médias classiques mais c’est la notion qu’on se fait du métier de journaliste. Ce dernier est un professionnel des médias qui a appris un métier avec les b.a-ba. Celui qui occupe les médias sociaux n’est pas un journaliste mais ils ont en point commun qu’ils diffusent de l’information. Ce qui les différencie, c'est le professionnalisme. Donc c’est plus un problème avec le public qui n’arrive pas à distinguer l’information classique de celle distillée par les réseaux sociaux. Parce que l’info diffusée par les médias classiques suit un processus depuis la collecte jusqu’à la diffusion. Et entre les deux il y a le traitement. Les médias sociaux ne traitent pas l’information. Ils collectent et diffusent.

 

Le journaliste a des obligations envers lui-même en tant que professionnel parce qu’il se doit d’avoir des notions d’éthique et de déontologie par rapport à sa profession, à ses pairs, à sa rédaction et au public à qui il donne l’information. Les médias sociaux, quand ils diffusent une information fausse, le public qui reçoit cette information n’a pas de recours à moins que ce soient les juridictions classiques. Mais le journaliste classique quand il donne une fausse information, il a l’obligation morale de rectifier cette information en public et de préciser ce qui l’a induit en erreur. Ce qui n’est pas le cas avec les réseaux sociaux.

 

La cohabitation, elle est là. Je dirai plutôt qu'elle est malheureuse pour nous journalistes classiques parce que cela déprécie l’image que le public se fait du journaliste. Ce n’est pas pour rien que maintenant on assiste à un lynchage quasi quotidien des journalistes qu’on présente comme des personnes qui ne sont pas bien formées.  Des personnes qui ne racontent pas la vérité, comme des pourvoyeurs de fausses informations. C’est parce que les réseaux sociaux occupent le terrain que les médias classiques devraient occuper. Donc, si je dois qualifier je dirai que c’est une cohabitation malheureuse et elle fait émerger un certain besoin d’éducation aux médias.


“Les informations people ont pris le dessus sur l’information classique. À longueur de journée, les plateformes nous dirigent vers ce que les gens demandent le plus”

 

Comment peut-on arriver à cette éducation aux médias ?

 

C’est une responsabilité partagée. Il nous faut d’abord une éducation peut être intégrée dans le curricula secondaire voire élémentaire parce que tout le public est exposé à un flux d’information. Il faut que le citoyen lambda puisse faire la différence quand l’information vient des réseaux sociaux et quand elle vient des médias classiques. Donc, l’école a sa part de responsabilité. Les journalistes aussi ont leur part de responsabilité parce qu’à travers nos différentes plateformes, il nous faudra nous adapter à notre contexte multimédias et participer à cette éducation aux médias. D’ailleurs, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias au Sénégal (Cored) a un programme d’éducation aux médias qu’il est en train de finaliser pour jouer sa partition dans cet accomplissement de l’éducation aux médias.


À lire aussi : [Journée de la presse] Les médias classiques à l’heure de la remise en question face au diktat des réseaux sociaux

https://www.seneweb.com/news/M%C3%A9dias/les-medias-classiques-a-l-rsquo-heure-de_n_439605.html


Par ailleurs, dans nos familles, nous devons éduquer les enfants à faire la différence entre l’information classique et celle des réseaux sociaux. C’est dans la cellule familiale que se construisent certains préjugés. Il arrive que nos enfants soient plus au fait de ce qui se passe. Mais ils sont au fait de quoi en réalité ? Les informations people ont pris le dessus sur l’information classique. À longueur de journée, les plateformes nous dirigent vers ce que les gens demandent le plus. Donc ce besoin d’éducation, il faudra une éducation aux médias par les médias à travers les réseaux sociaux.  


“Nous sommes de plus en plus dans un monde pressé. Les gens n’ont plus de temps de lire, de s’attarder à écouter de longs journaux”

 

Donc il faudrait que les médias classiques investissent les réseaux sociaux ?

 

Effectivement, il doivent le faire. Parce que sur le long terme, cela peut aider le public à faire la différence. Mais il leur faudra aussi le faire de la façon la plus professionnelle possible. C’est-à-dire en respectant les chartes qui s’imposent au métier. L’information doit être vérifiée, recoupée et avoir une certaine utilité pour le public. Parce qu’on ne peut plus se passer des réseaux sociaux. Je pense que c’est une dynamique irréversible. Donc il faudra faire avec eux. Le public qui est plus ou moins averti peut faire la différence.

 

Ce n’est pas pour rien qu’il y a de nouveaux modules dans le journalisme comme le fact checking. C’est parce que les réseaux sociaux riment avec désinformation. Il faut aussi souligner que tout n’est pas mauvais sur les réseaux sociaux. II faudra que les médias se trouvent un créneau et se faire davantage de visibilité. Nous sommes de plus en plus dans un monde pressé. Les gens n’ont plus de temps de lire, de s’attarder à écouter de longs journaux.


“Il y a de nouveaux acteurs en ligne qui se réclament de la presse et qui en réalité n’appartiennent pas à la presse. D’où cette nécessité d’assainissement”

 

Si les médias investissent ces plateformes, qu’en serait-il de la régulation ?

 

Le Cored ne fait pas toujours le gendarme. Il fait plus dans la pédagogie. Ces trois, voire cinq dernières années, il y a des efforts qui sont sentis au niveau des confrères qui au début étaient réfractaires au Cored parce que n’ayant pas compris sa mission. La régulation n’a jamais été facile parce que tous les acteurs n’ont pas les mêmes motivations, ambitions ou orientations. Quand quelqu’un est guidé par le fait d’informer vraie et utile, la régulation sera simple.


Il y a lieu de revoir le curriculum de certaines écoles de formation. Il arrive qu’on se retrouve avec des journalistes formés à bonne école, qui sont sur le terrain depuis des années et qui n’ont aucune notion de ce que sont l’éthique et la déontologie.  Il y a de nouveaux acteurs en ligne qui se réclament de la presse et qui en réalité n’appartiennent pas à la presse. D’où cette nécessité d’assainissement. Il y a récemment les assises de la presse en attendant que les conclusions soient partagées au grand public et mises en œuvre.


“Le journaliste n’est pas là pour faire la communication des hommes politiques”

 

On assiste à une prolifération des médias appartenant notamment à des hommes politiques. Est-ce que cela a affecté le fonctionnement des médias traditionnels ?

 

Ce que je peux dire c’est que la création d’organes ou d’entreprises de presse est libre même s’il y a certaines procédures pour le faire. Par contre, quand les hommes politiques sont dans la communication, c’est différent de l’information. Les activités politiques peuvent ne pas entrer dans la ligne éditoriale des médias, ne pas être d’intérêt pour leurs publics. Donc, il appartient au journaliste de faire sa sélection de ce qu’il veut mettre dans son compte rendu. Le journaliste n’est pas là pour faire la communication des hommes politiques. Cela d’ailleurs fausserait le professionnalisme et l’objectivité qui sont demandés aux journalistes dans l’exercice de son métier. Et j’interpelle les autorités qui ont une part de responsabilité dans ce phénomène.


Si l’homme politique pense qu’il a besoin d’un média pour faire sa communication, libre à lui. Mais il doit rester dans les exigences du métier.


“Il y a une forte dose de subjectivité qu’on a notée ces dernières années avec un peu une bipolarisation dans le traitement de l’information”


Est-ce que selon vous les journalistes ont perdu la bataille de l’information ?

 

Je ne crois pas. Ça serait prédire la mort des médias classiques. Je ne pense pas parce que leur utilité est là. La communication est différente de l’information. Quand on est dans la communication on est subjectif. Alors que quand il s’agit de l’information, on est dans les faits et ce n’est pas pour rien qu’on dit que les faits sont sacrés. Le journaliste ne peut pas se permettre de dénaturer, ni d’interpréter les faits tels qu’ils sont. D’où l’intérêt pour nous d’avoir une presse forte. Certes il y a le boom des réseaux sociaux, certes c’est un phénomène devenu irréversible mais quoi qu’on dise, il y en a qui encore ne peuvent s’informer qu’à travers les médias classiques.


“Au lendemain du scrutin du 24 mars 2024, des organes sont allés jusqu’à dire que le deuxième tour était inévitable. Il y a eu de la manipulation de la part de certains”

 

Constatez-vous un manque d’objectivité dans le traitement de l’information de nos médias classiques ?

 

Je dirai plutôt qu’il y a une forte dose de subjectivité qu’on a notée ces dernières années avec un peu une bipolarisation dans le traitement de l’information. C’est-à-dire que le compte rendu est fait selon nos « affinités ». C’est-à-dire soit je suis un pro tel et l’information prend un sens ou soit je suis contre. Cette bipolarisation, personnellement je l’ai constatée ces trois voire quatre dernières années et ce n’est pas d’un grand service au métier ou à la presse.

 

Est-ce que cela peut justement effriter la confiance du public envers les médias selon vous ?

 

Absolument quand on voit que certains font dans le déni. Par exemple, au lendemain du scrutin du 24 mars 2024, des organes sont allés jusqu’à dire que le deuxième tour était inévitable. Il y a eu de la manipulation de la part de certains. Et ça forcément, il y aura comme résultat un manque de confiance de la part du public. On ne se rend pas compte que cette façon de faire va tuer toute la presse sur le long terme. Parce que les sources d’information sont nombreuses. Et la facilité avec laquelle on peut recouper les informations maintenant, ce n’était pas possible, il y a dix, vingt ans. De nos jours, les gens sont très réactifs de façon générale. Donc ce genre de pratique rend un mauvais service à la presse et décrédibilise les journalistes.

 

Comment rétablir cette relation de confiance entre le public et les médias ?

 

Faire dans le professionnalisme. Il n’y a aucun autre secret. Donner la bonne information et éviter le maximum possible d’avoir des démentis.  Il n’y a que ça qui paie dans ce métier. Cela te permet de te faire respecter autant par ceux qui te donnent l’information que ceux à qui tu donnes l’information. Le journaliste ne peut pas échapper à la manipulation parce que toute source est manipulatrice. Par conséquent, il doit rester professionnel.

 

Évoquons la question de la sécurité des journalistes. Selon vous est-ce que le journaliste sénégalais est en sécurité dans l’exercice de son métier ?

 

[Prend une souffle] Bon d’emblée je dirai affirmatif en ce sens que même si nous demandons encore le vote de la loi d’accès à l’information, le journaliste peut quand même faire la collecte de l’information sans souci. Il est en sécurité en ce sens qu’il y a la liberté d’expression et la liberté de la presse qui est garantie même si elle n’est pas toujours acquise parce qu’elle a été mise à rude épreuve ces dix dernières années et particulièrement ces deux ou trois dernières années dans notre pays.


L’autre aspect, c’est que le journaliste peut publier ses informations sans grande inquiétude à part les cas d’emprisonnement et de restrictions qu’on a eu ces dernières années. Mais il y a aussi un autre revers qu’on peut mettre dans le cadre de l’insécurité. C’est après publication, quand les gens se font insulter sur internet où il y a une certaine vendetta en ligne contre les journalistes.   À part ça, je pense que le journaliste est en sécurité dans ce pays.


“A l’avenir je pense qu’il faudrait beaucoup plus d’espaces d’échanges entre les journalistes et les FDS pour que chacun puisse comprendre que l’autre sur le terrain n’est pas un ennemi”

 

Nous avons vu des cas où des journalistes se sont fait brutaliser sur le terrain par des forces de défense et de sécurité. Qu’est-ce qui explique ces rapports teintés de tension ?

 

Effectivement, c’est une brutalité inacceptable, inexcusable, indéfendable. Parce qu’on a dit maintien de l’ordre. Ce n’est pas n’importe qui qu’on envoie sur le terrain pour faire le maintien de l’ordre. C’est pour ça qu’on déplore ces brutalités. Les journalistes ont fait le maximum pour aller vers les Forces de Défense et de Sécurité. Je pense que la convention des jeunes reporters a fait le maillage du territoire pour les questions de sécurité pour les journalistes sur le terrain. C’est tout à leur honneur. Le Cored a eu à un moment donné à faire un cas d’école sur la question pour sensibiliser les Forces de Défense et de Sécurité ( FDS). Puisque les journalistes sont sur le terrain pour faire leur travail, pareil pour les FDS. A l’avenir je pense qu’il faudrait beaucoup plus d’espaces d’échanges entre les journalistes et les FDS pour que chacun puisse comprendre que l’autre sur le terrain n’est pas un ennemi, qu’il est autant au service de la patrie. Parce que les forces de l’ordre ne sont pas plus patriotes que les journalistes. Elles ne doivent pas prendre les journalistes comme cible. Ces derniers ne sont pas des manifestants mais ils ont l’obligation de couvrir ce qui se passe sur le terrain et de le montrer à ceux qui ne peuvent pas être là. Donc, il faudrait vraiment que ces relations soient humanisées pour qu’à l’avenir on n’ait plus à voir ce qu’on a vu ces derniers mois.


“Il faut que les journalistes comprennent que personne ne viendra se battre à leur place pour se faire respecter par leurs employeurs”

 

Il est aussi question de la sécurité sociale. Récemment, des journalistes ont décrié leurs conditions de travail précaires dans leurs différentes entreprises de presse. Quel commentaire en faites-vous?

 

Cette question appelle une réponse syndicale. Les intérêts matériels et moraux des professionnels sont du ressort des syndicats. Le Cored est sensible à cette situation. Mais il ne peut rien faire. C’est une revendication syndicale. Et cette réponse syndicale ne peut venir que des acteurs de la presse. C’est-à-dire, ce sont les journalistes, reporters qui doivent prendre en charge leurs revendications syndicales. Il faut que les journalistes comprennent que personne ne viendra se battre à leur place pour se faire respecter par leurs employeurs. Les gens ne peuvent qu’accompagner.


Par contre, le Cored fait souvent dans la médiation entre travailleurs et employeurs. Il faut que les journalistes se syndicalisent et prennent en charge la lutte pour leur prise en charge sociale au sein des entreprises. S’ils ne le font pas, surtout les jeunes journalistes, ils vont prendre de l’âge et se retrouver dans des conditions terribles. Les patrons de presse, on le sait, ne sont pas trop friands de revendications syndicales. Mais c’est un bras-de-fer qu’il faudra faire et espérer gagner. Mais il faut d’abord engager le combat avant d’espérer quoi que ce soit.

 



3 Commentaires

  1. Auteur

    En Mai, 2024 (09:59 AM)
    ils doivent relever le défi
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    • Auteur

      Reply_author

      En Mai, 2024 (10:02 AM)
      Il faut savoir antiimciper les mutations et assurer ainsi la continuité de l'activité 
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    • Auteur

      Karim$

      En Mai, 2024 (10:03 AM)
      Il faut vous demander pourquoi ce n’est pas le cas dans les pays Occidentaux ! Si vous ne faites pas correctement votre travail, des citoyens lambda le feront à votre place. 
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    • Auteur

      Reply_author

      En Mai, 2024 (10:18 AM)
      il faut changer le visage de la Rts comme des bonnes séries sénégalaises, recruter les animatrices talentueuses comme les Bijoux Ngoné, Ya Awa, Keb's, Aissatou Diop Fall ou bien les Père Mangoné, Ahmed Aidara, Mansour Cissé pour capter le plus grand public et faire face aux réseaux sociaux c'est pour cela les gens préféraient zapper sur les autres sauf pour les match ou les combats
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    • Auteur

      Reply_authorbb

      En Mai, 2024 (12:31 PM)
      Vous êtes trop en retard. Les meilleurs journalistes du monde sont maintenant sur X.
      Les médias classiques sont mortydepuis
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  2. Auteur

    Nianthio

    En Mai, 2024 (10:56 AM)
    Dites seulement, " birds of the feather flock together ". Respect au Président. Je ne le cite pas dans ça  son erreur c d'avoir renforcer le pouvoir d'un mythomane,d'un pervers sexuel ,d'un manipulateur. 

    1. PAN a insulte nos chef religieux, sonko l'a récompense par cequil n y a aucune différence entre lui et PAN

    2. Cette vilaine a montré toute son indiscipline sur Facebook, la voilà récompensée 

    3. Pour la 1ere fois on nous parle de protection de menteurs.  Oui sonko veut protéger c collègues menteurs. C'est-à-dire on peut mentir sur des personne et ne jamais être inquiète. 

    a  sonko disait que les députés ne payaient les impôts, mensonge

    b  sonko a menti sur les 94 milliards, mensonge 

    c sonko disait qu'il n'a jamais été à sweet beauty, fennd

    d sonko disait connaître les assassins des 2 gendarmes  kathie

    e  dossier prodac,fenn

    f petrotim  , doul rek

    Il est au pouvoir  alors qu'il dépoussière les dossiers
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    Auteur

    En Mai, 2024 (11:15 AM)
    Qui ose suivre walf feneur radio filmée alors que y'a Facebook et TikTok ? 
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