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Arrestation Ousmane Sonko (août 2023): Le récit glaçant de Ronald Diatta, blessé par balle et amputé

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Arrestation Ousmane Sonko (août 2023): Le récit glaçant de Ronald Diatta, blessé par balle et amputé
. Né le 01 juin 1997, il a reçu une balle à la jambe gauche. Une attaque qui lui a valu une amputation partielle du membre.  C’était après l’arrestation du leader de Pastef, actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, le 28 juillet 2023 à Dakar. Son inculpation, ayant provoqué une vague de manifestations un peu partout au Sénégal, Ronald fait partie des victimes des violences qui se sont produites après coup. C’était dans la nuit du 06 août 2023 à Madina Birassou (Kataba 2), village situé en basse Casamance dans le département de Bignona.

Aux environs de 3h du matin. Huit (8) mois après, le jeune qui marche maintenant avec des béquilles a saisi l’avocat Sénégalais du barreau de Toulouse, Me Patrick Kabou, pour enclencher une procédure judiciaire. « Une plainte  avec constitution de partie civile contre la gendarmerie nationale pour usage disproportionné, excessif et inopportun d'armes à feu ayant entraîné des blessures graves nécessitant une amputation d'une jambe de la victime » se prépare, renseigne l’avoué. De sa voix en manque d’assurance, Ronald, qui s’est brusquement retrouvé avec une mobilité réduite, est revenu sur cette nuit. Il raconte le drame de sa vie, qui a complètement mis à mal son existence. Récit glaçant !

« J’ai mis le pied sur la fenêtre. Automatiquement, on m’a tiré dessus»

« Dans la nuit du samedi 08 août, je regardais la télé. Vers 23 heures, je suis allé me coucher. Dans mon sommeil, j’entendais des cris. Je rêvais. Je me suis arraché de mon sommeil et j’ai couru. J’ai mis le pied sur la fenêtre. Automatiquement, j’ai senti mon pied transpercé. Sans rien comprendre, je suis tombé à l’intérieur de la chambre que je partage avec mon frère. J’ai essayé de me relever mais  je ne parvenais pas à me remettre sur mes jambes. Comme je saignais beaucoup, j’ai dit à mon frère,  Jérôme, de me donner le câble de son chargeur de téléphone pour que je me fasse un garrot.  Au moment où j’étais en train d’attacher ma jambe pour stopper l’hémorragie, ils sont entrés dans la chambre. Il nous ont crié ‘’à terre, à terre’’. Nous nous sommes couchés sur le ventre. Ils m’ont demandé qui m’avait blessé. Je leur ai signifié qu’il m’avait tiré dessus.
 Ils m’ont demandé si j’étais en train de fuir. Je leur ai dit non. Ils m’ont demandé mon identité. Comme on m’appelle Papis Diatta, je leur ai donné ce nom. Après, quelqu'un parmi eux a dit non ce n’est pas lui. Ce garçon est un civil. »

« Je leur ai supplié de m’aider à me relever pour que je puisse marcher avec un seul pied. Mais ils ont refusé en me brutalisant avant de me conduire dehors. »

Son sang dégoulinant, Ronald n’était qu’au début de sa souffrance. Il raconte de sa voix chancelante : « Ensuite, ils ont menotté mon grand frère Jérôme et l’ont embarqué dans leur fourgonnette. Quelqu’un d’autre a amené une ceinture pour me faire garrot afin de maîtriser l’hémorragie. Je les ai suppliés de m’aider à me relever pour que je puisse marcher avec un seul pied. Mais ils ont refusé en me brutalisant avant de me conduire dehors. Lorsqu’une ambulance est venue, ils m’ont amené à l’hôpital de Ziguinchor. J’étais dans la voiture avec le chauffeur, le médecin et un militaire. Dans un premier temps, le médecin m’a fait une perfusion. Ensuite, il m’a demandé si c’est nous qui avons brûlé la voiture. Je lui ai dit que je n’étais même pas au courant qu’une voiture avait été incendiée. Il m’a demandé si je connaissais Omar Goudiaby. Je leur ai dit non.  Arrivés à Diouloulou, où il y a deux bases, un camp militaire et une brigade de Gendarmerie, nous sommes entrés dans une des bases.  Mais je ne suis pas en mesure de dire dans quelle base ils sont entrés. Mais ce qui est sûr c'est qu’il a fait un escale dans un camp à Diouloulou. »

«  Lors de mon évacuation à l'hôpital de Ziguinchor, j’ai demandé au médecin de me faire un second garrot quand j’ai remarqué que je saignais toujours, il a refusé en me disant que ce n’était pas grave »

« Le médecin qui était avec moi dans l’ambulance est allé voir ses collègues qui sont dans le camp pour qu’ Ils me consultent. Ces derniers lui ont demandé qui j’étais, il leur a dit que j’étais un civil à qui ils avaient tiré une balle. Ils lui ont demandé quel genre de balle. Le médecin leur a donné les détails. J’ai été pris en charge avant de repartir. Cependant, avant de quitter Diouloulou pour se rendre à Ziguinchor, ma perfusion est terminée. J’ai demandé au médecin d'en faire une autre. Il m’en a fait. Seulement, quand j’ai soulevé mon pied j’ai vu que je saignais toujours. Je lui ai demandé de mettre un second garrot au niveau de mon genou parce que le premier n’était pas efficace pour arrêter l’hémorragie, il a refusé en me disant que ce n’était pas grave. »

Le médecin à Ronald : « Si tu fais le malin, tu vas mourir et on va t’enterrer une fois à Tobor… »

“Le chauffeur continue à rouler. Un instant, ils  sont descendus de l’ambulance pour libérer la voie. Lorsque le médecin est revenu, je lui ai, à nouveau, demandé d’ajuster le garrot, il s’est mis en colère et m’a reproché d’avoir desserré la ceinture. Je lui ai dit ne l’avoir pas touché, il m’a menacé en me disant: “Si tu fais le malin, tu vas mourir ici. Et si on arrive à Tobor, on va t’enterrer et ils vont faire demi tour” . C’est en ce moment que j’ai décidé de garder le silence jusqu’à Ziguinchor,  à l’hôpital du 5eme Bataillon. On a trouvé des infirmières sur les lieux. Lorsqu’elles ont ouvert la portière de l’ambulance, elles ont vu du sang partout. Elles ont demandé au médecin pourquoi je continuais à saigner. Il leur a dit que j’avais desserré le garrot. Rapidement, les infirmières m’ont conduit à l’intérieur, un autre médecin, celui qui devait m’opérer est venu et j’ai été transféré au bloc. Durant toute l’intervention, aucun membre de ma famille n’a été avisé. Après l’opération, j’ai été transféré dans une chambre au niveau du 2ème étage. J’ai été opéré le matin. J’ai dormi jusqu’au lendemain. Je me suis réveillé vers 18 heures. Et j’ai vu ça ( le pied). Il y avait dans la salle un infirmier au nom de Lamine Diedhiou. Le lendemain, il est parti.
 
La douleur de Ronald, sa plaie infectée…

“Ce qui me fait mal, c’est que le docteur D… qui m’a opéré au lieu d’amener des médicaments complets pour mes soins, apportait 2 à  3 compresses alors que j’avais une plaie énorme. Les deux autres docteurs Diop et Guèye quand ils me faisaient les soins, c’était différent. Un jour le docteur D… est parti en voyage, ses collègues ont constaté que la plaie était infectée. Ils m’ont fait une autre ordonnance. Après ils ont nettoyé la plaie. Alors que Diao n’a jamais fait cela. Il ne vérifiait même pas l’évolution de la blessure. Il n’avait même pas vérifié s’il y avait des microbes ou pas. Parfois, il procédait au pansement avec des compresses déjà utilisées. Est-ce que cela est normal ? Mais moi je ne lui ai rien dit. C’est avec l’intervention des docteurs Di.. et G… que j’ai eu du mieux. »

“A la fin de mes soins à l’hôpital, ils m’ont emmené à la section de recherches de Nema-Djinara”

Il poursuit : « J’avais d’excellents rapports avec les gardes. Ils me donnaient tout ce dont j'avais besoin. Je prenais mes repas normalement. Mais, lorsqu’ils m’ont libéré, je n’ai reçu aucun document venant des services de l’hôpital. C’était le 27 septembre, ils m’ont amené à la section de recherches de la gendarmerie de Néma-Djinaré. Les enquêteurs m'ont entendu. Je leur ai raconté ce qui s’est passé. Mais j’ai constaté que le gendarme n’avait pas confiance en moi. Il m’interrogeait par rapport aux manifestations. Mais, je n’ai pas participé à ces événements. La seule fois que j’ai manifesté c’est lorsque l’on a arrêté un ami".


10 Commentaires

  1. Auteur

    En Avril, 2024 (11:16 AM)
    En tout cas Sonko et Diomaye doivent se pencher sur la situation des jeunes qui se sont sacrifiés pour la réussite du projet Au Sénégal dans certaines entreprises françaises et Libano-syriens c'est lesclavage non seulement les travailleurs sont exploités sans contrats de travail sous payés ,interdiction de mouvement syndicaux etc.Amadou Ba a été le candidat de l'oligarchie et de la France il faut rendre service à la jeunesse en stoppant cet  esclavage des temps modernes dans les entreprises avec la complicité des inspecteurs du travail.
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    • Auteur

      Reply_author

      En Avril, 2024 (12:04 PM)
      Quel projet a reussi???
      Khana le projet ce n'était pas de développer le Sénégal? Wala c juste pour arriver au pouvoir motakh tu dis que le projet a reussi?
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  2. Auteur

    Senegalais Bi

    En Avril, 2024 (11:20 AM)
    de quel projet tu parles frere, ah la la vous dormez toujours. wa yalla bakhna
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    Auteur

    En Avril, 2024 (11:36 AM)
    "Dans la nuit du samedi 08 août, je regardais la télé. Vers 23 heures, je suis allé me coucher. Dans mon sommeil, j’entendais des cris. Je rêvais. Je me suis arraché de mon sommeil et j’ai couru. J’ai mis le pied sur la fenêtre..."
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    Auteur

    En Avril, 2024 (11:42 AM)
    la sentence divine est la meilleure. Ceux qui ont fait du mal à ces jeunes rendront forcément compte un jour, par-ci ou par- ça. Ainsi va le monde depuis sa création 
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    Auteur

    En Avril, 2024 (11:50 AM)
    Ces jeunes qui passent tout leur temps à mentir, n'ont qu'à aller étudier ou chercher du travail, franchement c'est mieux pour eux 

    L'élite du Sud Sénégal,  risque de disparaître avec ces comportements belliqueux,  entretenus de surcroît par des politiciens menteurs.

    Je suis du Sud, mais je suis inquiet sur l'avenir de la jeunesse de ma région naturelle, qui bande les muscles pour des faits non avérés politiques.
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    Auteur

    En Avril, 2024 (11:54 AM)
    C'est triste. Il faut insister sur le respect des droits et de la vie humaine. Le président BDF doit écrire une lettre à tous les membres des forces de sécurité (Police et Gendarmerie), comme il l'a fait avec les fonctionnaires de l'administration.

     

    Corriger la 3ème phrase : C’était après l’arrestation du leader de Pastef, actuel premier ministre, Ousmane Sonko, le 28 juillet 2023 à Dakar.
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    • Auteur

      Reply_author

      En Avril, 2024 (12:01 PM)
      Le premier ministre Sonko doit aussi écrire une lettre aux chefs d'entreprises verreux qui l'ont combattu.Les patrons d'entreprises ont sortis des milliards pour corrompre les hauts fonctionnaires de la justice et de l'administration pour empêcher a un inspecteur des impôts d'accéder au pouvoir 
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    Auteur

    En Avril, 2024 (12:31 PM)
    C'est le ibadou pousse poupe fornicateur qui appelait au gatsa gatsa, non?Voilà le résultat.On récolte tjrs ce l'on séme.
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    Auteur

    Observateur

    En Avril, 2024 (12:47 PM)
    Indemnisée  les morts à hauteur de 300 millions par personne. 

    Les blessés graves qui ont des séquelles a vie 160 millions. 

    Les blessés et autres selon particularité des cas  5 millions,  10, 15.  20 , à 25 millions 
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    Auteur

    Défenseur

    En Avril, 2024 (12:54 PM)
    Il mérite tous les soutiens 
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    Auteur

    En Avril, 2024 (13:08 PM)
    J'espère que vous avec porté plainte contre le médecin Diao pour non assistance à personne en danger.

    Si ce que vous avez décrit est la vérité il n'a pas respecté son serment et doit être puni par l'ordre des médecins.

    Les membres des forces  de sécurité qui ont tué bléssé, torturé (giflé, serré des menottes , donner des coups de poing, de pied et humilié n'ont pas leurs places dans les rangs de la sécurité du pays. Ils devront passer devant un tribunal pour rendre compte. Ils ne méritent pas d'être dans les rangs des services de sécurité et doivent en être extirpé.

    Les éléments des forces de sécurité dont on connait les noms, la brigade lee commissariat,la date de votre interpellation sont des éléments importants pour les retrouver et les punir. Un collectif des victimes facileterai la tache à un pool d'avocats pour engager des poursuites.
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