
epuis plusieurs années, le Sénégal est confronté à une pénurie cyclique de gaz. Les raisons objectives relèvent non seulement d’une dette de 6 milliards de F Cfa que la Société africaine de raffinage (Sar) reste à devoir à la société Itoc Sa. Mais aussi d’un manque à gagner (7,2 milliards de F Cfa) que l’Etat doit subventionner.
Face à une dette de six milliards de francs Cfa, Abdoulaye Diaw dit Baba, magnat du pétrole, a du mal à assurer la fourniture correcte des 140 000 tonnes de gaz à l’Etat du Sénégal pour le compte de la Société africaine de raffinage (Sar). Une situation née de l’arrêt des subventions accordées par l’Etat pendant quatre ans (de 2007 à 2011), le tout pour un montant global de 7,2 milliards de F Cfa. C’était sous le magistère de Me Abdoulaye Wade. Devant cette situation, la Sar se trouve dans l’impossibilité d’assurer ses paiements à la société Itoc. Ce qui constitue un handicap pour la société de Baba Diaw vis-à-vis de l’un de ses principaux fournisseurs, à savoir Géogaz. Il s’y ajoute que certains distributeurs comme Total, Lobbou Mame Diarra Bousso, Puma… qui ont une licence d’importation de gaz ne fournissent du gaz que si le prix du baril est en baisse, pour avoir une bonne marge bénéficiaire. Si l’on sait qu’ils gagnent 200 dollars (100 000 F Cfa) par tonne. Là où la Sar et Itoc gagnent 8 dollars (4 000 F Cfa) par tonne. Alors que Itoc qui a signé un contrat avec l’Etat du Sénégal est obligé d’importer du gaz quel que soit le cours du baril. Il doit chaque année fournir 140 000 tonnes. Voilà les principales raisons de la pénurie de gaz au Sénégal.
«Nous sommes prêts à retirer les licences de certains distributeurs»
Et pour remettre de l’ordre dans le secteur et éviter les pénuries fréquentes de gaz, le ministre en charge de l’Energie menace de retirer les licences des distributeurs de gaz. «On ne peut plus continuer dans cette logique. On ne peut pas faire des pieds et des mains pour avoir une licence d’importation de gaz et une fois le document en poche, on se met devant les écrans pour suivre le cours du baril. Si vous pouvez avoir une grande marge bénéficiaire, vous importez, si tel n’est pas le cas, vous attendez un navire de Itoc pour vous partager le produit avant de le distribuer dans le marché local. C’est fini ! Nous sommes prêts à retirer les licences de certains distributeurs», confient des sources proches du ministère de l’Energie.
L’Etat décaisse deux milliards de F Cfa pour dépanner la Sar
Itoc, qui a reçu un acompte de 2 milliards de francs Cfa, a convoyé un butanier de 4 000 tonnes depuis, hier. Le navire intitulé «Westminster» en provenance du Portugal est en train de livrer le gaz dans les vannes de la Sar. Le navire qui ne peut assurer qu’une fourniture de 10 jours sera suivi par un autre de 2 000 tonnes. Cette cargaison nommée «Gazmegacy» va également assurer une fourniture de 5 jours. Et, si l’Etat ne débourse pas, dans deux semaines, deux autres milliards de francs, le pays risque de plonger à nouveau dans une pénurie. Depuis le début de la pénurie, Itoc est obligée de ravitailler en fonction des décaissements de l’Etat. A preuve, aux premiers jours de la pénurie, début deuxième quinzaine de février, Itoc avait convoyé un butanier de 850 tonnes que les distributeurs ci-devant se sont partagés avant de le vendre. Il a été suivi par le navire «Lubernac» de 4 000 tonnes.
Mamadou SECK
3 Commentaires
Observateur
En Mars, 2013 (22:41 PM)Rappel
En Mars, 2013 (00:34 AM)Macky ne fait pas gaf ; la boule tourne
Cloudcomputing
En Mars, 2013 (07:03 AM)Quel est le cout reel du gaz pour les importateurs (cet article est vague quand aux marges beneficiaires de ITOC et des autre importateurs). Pourquoi ne pas developper notre cooperation avec des pays africains producteurs de gaz pour pouvoir l'acheter a un prix inferieur aux cours du marche international. Ce ministre doit travailler avec son homologue du commerce voire meme de l'economie pour plus de transparance et de visibilite dans ce secteur.
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