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FACTURES DE LA SENELEC : L’affluence malgré les appels au boycott

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FACTURES DE LA SENELEC : L’affluence malgré les appels au boycott

Une affluence notable a été remarquée hier dans plusieurs agences commerciales Dakaroises de la Senelec, principalement dans les communes de la Médina, Fann Point E, Amitié et des « Liberté ». Des foules se pressaient dans des salles étuvées de ce début d’hivernage pour honorer leurs quittances alors que la date limite de paiement a été dépassée depuis plusieurs jours et que divers mouvements, consuméristes ou religieux, avaient appelé au boycott.

L’annonce d’une hausse de 08% sur les tarifs de l’électricité avait créé un tollé il y a quelques jours, dans un contexte où les délestages, comme on appelle communément au Sénégal les coupures d’électricité, ont repris de plus belle. Mais, malgré une tendance à la hussarde « contre les factures » entretenue par une conjoncture politique pour le moins tendue, l’appel au non-paiement ne semble pas avoir été largement suivi par les populations, ses animateurs ayant pris langue avec les plus hautes autorités gouvernementales et de la Senelec. On a aussi constaté que les services de la Senelec n’ont pas procédé aux coupures des usagers en retard, malgré l’ambiance à la défiance entretenue par les associations de consommateurs pour dénoncer une situation paradoxale qui voit les prix grimper, les délestages reprendre ; alors que les usagers « payent leurs factures ». Par exemple, pour certaines dont la date butoir était comprise entre le 11 et le 14, beaucoup se bousculaient devant les caisses de l’entreprise nationale. La semaine dernière, il a également été constaté que la nouvelle hausse n’a pas été prise en compte dans les factures arrivées à échéance ce 6 juillet, mais elle devrait intervenir sur le mois de septembre. De même, les usagers ont pris leur mal en patience pour accomplir ce qui apparaît maintenant comme « un devoir citoyen ». « Il faut payer d’abord et négocier après », résume un usager, employé du service public. Hier, vers 11 heures, devant l’agence sise devant le Cinéma « Liberté », un homme d’âge avancé remet dans ses poches quelques pièces de Cfa, récifs de ce qu’il vient d’obtenir comme monnaie avant de s’avancer vers un kiosque à journaux tout proche.

ACCORD SUR LA TRANCHE SOCIALE

Il vient de profiter de cette fameuse caisse appelée « troisième âge » et qui permet aux personnes de plus de 60 ans de ne « pas faire le rang ». Eux, les anciens, ont ce privilège. Pour les autres, il faut faire le rang. On retire un ticket d’une « compteuse » et il faut venir vers 07 heures 30 pour faire partie des premiers servis. On a plutôt le sentiment, malgré la chaleur de juillet, que les clients ont envie de se « débarrasser » de leurs factures. Leur présence dans les maisons est comme une sorte de rappel, pour les pères de famille. L’ambiance est à peu près identique dans la grande agence de Castors.2 C’est une liste impressionnante d’usagers qui attend. Ici aussi, la liste est longue. La consigne : revenir vers 14 heures après la pause ou demain. « Agence Liberté ». Dès l’entrée, une sorte de guérite abrite deux policiers du Gmi. Ils servent volontiers de relais au service « relations publiques » de l’entreprise qui est débordée. C’est le moins que l’on peut dire. Dès 11 heures, il faut attendre une seconde fournée qui va démarrer après la pause des employés car la liste d’attente est trop longue. C’est l’occasion d’entendre toutes les récriminations. Dans tout ce large carré des Sicap, il n y a que quatre agences de paiement pour une population assez importante : la Medina, Bourguiba et Castors. « Pensez aux gens de la banlieue », rétorque un agent de la vénérable institution de la Rue Vincens qui revient d’une mission de « dépannage ». Ce n’est pas l’avis de beaucoup d’usagers ronchonnant et qui jurent que dans les autres agences de la Senelec « le mot d’ordre est suivi. » Un mot d’ordre ? C’est que là où la classe moyenne vit, on a l’impression que les événements de l’année dernière ont fait mouche. D’autant que les coupures de courant accentuent un sentiment d’impunité. L’année dernière, des Imams de Guédiawaye avaient demandé aux populations de ne plus payer leurs factures. Cette fois-ci, le Premier ministre a reçu les Imams en compagnie du ministre de l’Energie. Les deux parties ont convenu, de « revoir » la tranche sociale des factures de la Senelec. En termes clairs, que les plus faibles revenus paient moins selon leur consommation. Dans tous les cas, une situation inédite voit maintenant la police anti-émeute « encadrer » les agences de la société. Il y a mieux. Dans certains quartiers, certains « vieux », mais entre « deux âges », collectent les factures de leur voisinage pour se présenter dans les caisses destinées au « troisième âge » afin de payer leurs factures contre rémunération. Naturellement. Ce n’est pas l’énergie du désespoir mais il faut savoir profiter du courant pour naviguer.



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